LOI DE
appelés, on appelle ainsi annuellement plus de quatre mille juifs de trop à tirer au sort.
Les juifs russes fournissent donc à V armée, proportionnellement, beaucoup plus de soldats que le reste de la population.
Cela est indiscutable.
Comment se fait-il alors qu'on leur reproche couramment de se soustraire au service militaire?
Quoique déjà sous le tsar Nicolas le nombre des soldats juifs fût assez grand, la loi sur le service obligatoire en Russie ne date que de 1874. Certes, il a fallu vaincre d'abord des habitudes séculaires chez les juifs, longtemps écartés du métier des armes et qui se souvenaient peut-être des baptêmes forcés infligés aux conscrits israélites du temps de Nicolas. Des hésitations analogues se produisirent au début parmi tous les cultes dissidents, comme on peut le voir par les variations étranges du nombre des conscrits protestants et catholiques dans les premières années qui suivirent 1874 (*). Mais il est hors de doute que, depuis 1886 au moins, la conduite des juifs russes, au point de vue militaire, mérite les plus grands éloges : celui qui le contesterait ferait preuve d'une ignorance coupable ou d'une mauvaise foi plus coupable encore.
Cette question militaire a plusieurs aspects intéressants (^), et il est nécessaire de montrer de quelle façon
(I) Voir la brochure russe Ob ofbuvanii lévréami voinskoi povinnostiyiû, 12.
W Un trouvera une étude plus complète à ce sujet dans le volume Les Juifs de Russie, p. 323 sqq, et passim.
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