‹ Les Juifs russes: Extermination or émancipation?Chapitre 95 sur 125 · VILLAGES JUIFS I · texte numérisé non relu

VILLAGES JUIFS I

lations urbaines ne retournent jamais aux travaux des champs. Nulle part le citadin ne s'est refait paysan. C'est là une loi historique... Le dur labeur de la glèbe est de ceux auxquels Thomme ne se remet plus, une fois qu'il l'a quitté. Le Juif n'en aurait même pas toujours la force physique. L'énergie musculaire a été affaiblie chez lui; la vie urbaine, la claustration du ghetto, la pauvreté héréditaire l'ont débilité depuis des générations ('). »

Malgré ces auspices contraires, nous avons vu se fonder sous nos yeux, en Palestine, dans un assez grand nombre de localités des États-Unis, au Canada, dans la République Argentine, des colonies agricoles juives qui, après quelques tâtonnements inévitables, ont prospéré ou prospéreront demain.

En Lithuanie, dès 893, une partie des domaines de la Couronne avait été concédée aux israélites et, pendant plusieurs siècles consécutifs, l'agriculture fut leur occupation principale. Quelques-unes de ces exploitations rurales se continuent jusqu'à l'heure actuelle dans les gourvernements de Vilna, de Kovno, de Grodno et de Minsk, ainsi qu'en Volynie. D'autres y ont été fondées du temps de Nicolas. M. le D" Kempster a visité un certain nombre de ces villages juifs du gouvernement de Vilna et en a rapporté une impression très favorable. Quoique le sol soit extrêmement pauvre et ne donne que de maigres récoltes, les cultivateurs israélites en tirent le meilleur parti et témoignent de connaissances agricoles approfondies. Mais l'étendue des terres mises

(») Leroy-Beaulieu, U Empire des Tsars, t. III, p. 627.

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