‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 113 sur 140 · CULTIVATEURS MODÈLES I · texte numérisé non relu

CULTIVATEURS MODÈLES I

et cela, quoique les terres leur eussent été concédées en toute propriété et que, ne connaissant d'autre métier que l'agriculture, le transfert dans les villes doive les priver de tout gagne-pain (^).

L'entrée de la Sibérie est maintenant prohibée aux juifs ; mais il y existe encore quelques agriculteurs, descendant de colons libres qui sont allés s'établir dans ce pays au commencement du siècle, à leurs risques et à leurs frais. Un document publié par le ministre des Domaines atteste officiellement leurs grandes qualités agricoles : « Tous ces juifs, y est-il dit, sont dans une situation aisée, ils sont devenus de véritables laboureurs, ils font toLis les travaux des champs et cultivent leurs terres d'une façon très convenable. Plusieurs d'entre eux, surtout dans les communes de Baïmoketd'Iskhim, peuvent même être cités comnie des cultivateurs modèles; ce sont eux qui donnent l'impulsion aux autres cultivateurs pour l'introduction des machines perfectionnées et des instruments aratoires. Généralement, ils sont à la tète de toutes les améliorations à appliquer à la culture des terres (^). »

L'aversion et l'incapacité des juifs poLir l'agriculture sont donc de pures calomnies. Une preuve nouvelle nous en est fournie pendant que nous écrivons ces pages. EnBessarabie, on a eu besoin, pendant l'été de 1893, de travailleurs agricoles, peLit-être aussi sest-on ému de la détresse afïreuse qui règne parmi les Israélites, et, malgré

(i) Novoïé Vrémia, 13/25 décembre 1892.

(^2) Matériaux pour l'étude de la population rurale en Sibérie, Recueil XIV.

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