OUVRIERS AGRICOLES
les lois de 1882, on s'est décidé à en embaucher quelques milliers. Le journal russe qui nous apporte cette nouvelle, remarque que Témigration s'est immédiatement ralentie et va s'arrêter dans cette région, «tant il est vrai qu il suffit que le pauvre juif trouve à gagner son pain pour qu'il ne songe pas à quitter la Russie » ('). Il en est de même dans la province de Kiev, où la bal'onne W^rangel a engagé, en 1893, 400 ouvriers israélites, et dans la Podolie, où la princesse Tcherbatof en a pris autant sur ses terres, leur donnant en même temps des marques touchantes de sa sollicitude (^). Partout, ces ouvriers agricoles juifs se comportent vaillamment et les propriétaires fonciers sont unanimes à faire leur éloge (^) : même le Grajdanine est forcé d'en convenir.
En dehors de ces cas plus ou moins isolés, il existe dans le sud-ouest de la Russie quelques colonies agricoles juives importantes.
De 1807 à 1810, plusieurs milliers d'israélites furent transportés sur des terres inoccupées de la Couronne, dans le gouvernement de Kherson, et on en envoya encore en 1822 et 1823, Les juifs pauvres ne demandaient pas mieux que d'échanger leur entassement dans des ruelles sombres contre la vie en plein air. Par malheur, les bonnes dispositions du gouvernement d'Alexandre I" ne durèrent pas longtemps : des ordres et des contre-ordres survinrent, les promesses qu'on avait faites ne furent pas tenues, l'argent destiné aux
(i) Odesski Listok, 25 juillet/6 août 1893. [2] Kievlaniiie, 15/27 août 1893.
(3) Odesski Listok, 8/20 août 1893.