‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 127 sur 140 · PÉTITION DES NÉGOCIANTS DE MOSCOU · texte numérisé non relu

PÉTITION DES NÉGOCIANTS DE MOSCOU

persécution ou entassés jusqu'à Técrasement, la présence des juifs dans un district est synonyme d'activité commerciale, de diminution du taux d'intérêt, de capitaux plus mobiles et de travail plus intense.

Depuis la recrudescence des persécutions, la fameuse foire de Nijni-Novgorod a beaucoup perdu de son importance. A Moscou, après l'année terrible 1891, cinquante des principaux fabricants chrétiens adressèrent au grandduc Serge une requête à laquelle nous avons déjà fait allusion, pour lui signaler le tort grave fait au commerce de cette ville par l'expulsion des israélites. « L'arrêt des affaires dans les manufactures de Moscou, écrivaient-ils notamment, est produit par le départ des juifs. Les juifs achetaient à iVloscou des objets manufacturés pour une valeur supérieure à cent millions de roubles par an et, grâce à leur activité commerciale, ces articles étaient envoyés dans les provinces méridionales et occidentales de la Russie. Ces conditions si favorables au cominerce russe sont maintenant détruites par suite de l'expulsion des juifs de Moscou et par les obstacles et les mesures vexatoires auxquelles on soumet leur séjour daas cette ville (') . » Dans la Russie entière, les délégués américains ont été vivement frappés, en 1891, de l'effet désastreux que la politique d'intolérance à l'égard des israélites exerce sur la marche des affaires ; un tel aveuglement de la part des autorités leur semblait incompréhensible n.

(i) Pétition de MM. Choukine et consorts, traduite dans le Standard, 6 octobre 1892.

(2) Weber et Kempster, p. 30.

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