‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 28 sur 140 · Expulsion des Israélites étrangers · texte numérisé non relu

Expulsion des Israélites étrangers

Riches et pauvres. — Scène à Odessa. — Annexion de la Bessarabie.

Etre à la fois juif et étranger, c'en est trop sans doute pour pouvoir invoquer auprès du gouvernement russe les principes du droit et de l'humanité. Aussi les Israélites étrangers sont-ils traités en Russie avec une rigueur particulière. Comme toujours, il y a des exceptions en faveur des plus riches : les juifs étrangers « connus, dit la loi russe, par leur haute position sociale et par l'importance de leurs transactions commerciales, sont autorisés à trafiquer avec l'intérieur de l'Empire et à y fonder des maisons de banque » (0- Mais pour ceux qui travaillent et qui peinent, à qui la législation devrait surtout se montrer clémente, l'interdiction est formelle : <( Les juifs étrangers ne sont pas autorisés à immigrer en Russie, ni à devenir sujets russes (-) ». Le texte de cette loi ne suffit pas pour en révéler toute la cruauté : il faut en connaître l'application.

Il y avait en Russie environ 150,000 juifs étrangers : roumains, turcs et austro-hongrois (galiciens). Beaucoup étaient nés en Russie et n'avaient qu'un passeport étranger. Ils étaient surtout nombreux à Odessa, à Kherson et dans d'autres villes du littoral. A partir de 1878, on commença à les éloigner, mais avec

(1) Recueil des Lois, vol. IX, § looi, note i, 1887.

(2) Ibid., § ggi. — Cf. Loi nouvelle de 1892 sur les étrangers, Novorossiski Telegraph, 5/17 novembre 1892.

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