‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 30 sur 140 · BESSARABIE ANNEXÉE · texte numérisé non relu

BESSARABIE ANNEXÉE

Mais nulle part, peut-être, riniquîté ne fut plus flagrante qu'en Bessarabie, dans la partie roumaine cédée à la Russie, en 1878, par le traité de Berlin. A Ismaïl, à Ungheni, dans d'autres localités encore, les juifs étaient établis de temps immémorial : la Russie, en prenant possession du pays, leur refusa la nationalité ; par suite de la cession, ils ne pouvaient pas davantage invoquer la protection roumaine, et l'Europe ne tint aucun compte de leurs supplications.

Que penser d'un gouvernement qui annexe une province et expulse ensuite comme étrangers ceux qui, de tout temps, y étaient fixés?

2. Les juifs expulsés des bourgades et des villes du Territoire.

Décisions contradictoires. — Cas singulier de Jousovka. — Ce que la police entend par un changement de domicile. — Kiev et Yalta.

Une des préoccupations les plus constantes de la législation russe contre les juifs a été de les agglomérer dans les villes. Les lois de mai 1882 débutent par un article interdisant aux juifs de s'établir dorénavant ailleurs que dans les villes et les bourgades du Territoire ('). Cet article implique que, postérieurement à mai 1882, aucun Israélite ne peut s'établir dans un village; mais qu'est-ce au Juste qu'un village? A partir de quel nombre d'habitants ou de maisons le village prend-il le titre de bourg?

(I) Voir le texte plus haut, p. 18.

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