‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 47 sur 140 · RIGA ET LIBAU · texte numérisé non relu

RIGA ET LIBAU

dent pas le droit de séjour dans les provinces intérieures (^). »

Les malheureux que frappe cette nouvelle calamité se comptent par centaines de mille — 3 a 400,000, d'après les estimations les plus modérées — un grand nombre de juifs, s'étant établis peu à peu, comme nous l'avons dit, dans certaines villes hors du Territoire, surtout à Riga et àLibau. N y étaient-ils pas encouragés par l'ukase de 1865, protégés par les circulaires ministérielles de 1880 et 1882? Et que peut-on leur reprocher, si ce n'est d'avoir mis à profit, à une autre époque, la tolérance avouée du gouvernement russe lui-même? Mais qu'importe! Il faut que ces villes soient nettoyées de leur présence.

Tout sursis leur a d'abord été refusé : malgré les instances des autorités municipales et de la Chambre de commerce, 3,000 familles environ, comprenant ensemble 17,200 âmes, devaient avoir quitté Riga le i"" octobre 1893 au plus tard. Il existait autrefois à Riga un « Cercle de bienfaisance juive », qui aurait du moins pu secourir les plus nécessiteux parmi les expulsés : il a été dissous par ordre supérieur, et les fonds en caisse sont retenus entre les mains du gouverneur (^). A Libau, environ 6,000 familles juives avaient reçu l'ordre de partir avant le i^"" juillet 1893. « Une députation du Conseil municipal de Libau, ayant à sa tète le maire de la ville, est arrivée à Saint-Pétersbourg pour soumettre au ministre de

(1) Ordonnance du ministre de l'Intérieur du 14/26 janvier 1893, reproduite dans VOdesski Listok du 4/16 février.

(2) Voskhod, 13/25 juin 1893.

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