NICOLAS. — ALEXANDRE II
les villes et il fallut que le ministre de Tlntérieur, en 1808, représentât au tsar que l'exécution de cette mesure condamnerait simplement les Israélites à mourir de faim. Une commission nommée par l'Empereur et présidée par Popoff déposa le 17 février 181 2 un rapport favorable aux juifs de Pologne et de la Russie Blanche, concluant à supprimer quelques-unes des restrictions qui pesaient sur eux au point de vue du droit de séjour. Non seulement il n'y fut pas donné suite, mais le tsar Nicolas diminua encore le Territoire, d'où il retrancha notamment les villes de Kiev, Nicolaïev et Sébastopol, et renouvela la loi de son prédécesseur sur les 50 verstes de la frontière occidentale, rayon dans lequel il était interdit aux juifs d'élire domicile. On peut ajouter que certaines tentatives violentes de conversion, dont furent l'objet les soldats israélites, jetèrent un jour fâcheux sur les dispositions intolérantes du tsar Nicolas. Mais, ces réserves faites, il y aurait injustice à méconnaître la tranquillité relative dont les juifs ont joui sous son règne, à oublier que le tsar leur permit de sortir de leurs cantonnements pour se rendre aux grandes foires, qu'il ne les encouragea pas seulement à l'agriculture, mais à la fréquentation des universités et des écoles.
Sous Alexandre II, prince aux idées libérales et généreuses, la situation des juifs s'améliora à tel point qu'on put espérer de nouveau leur émancipation définitive. Ce n'est pas que les lois dexception accumulées contre eux dans les Codes aient jamais été formellement rapportées, mais l'esprit de tolérance propre au tsar, dans un pays autocratique et fortement hiérarchisé, ne pou-