‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 60 sur 140 · LE BARREAU · texte numérisé non relu

LE BARREAU

du ministre de la Justice, et cette autorisation n'est presque jamais accordée. Ainsi à Odessa, en application de ces nouvelles mesurés restrictives, 32 avocats et 3 avoués juifs se sont vu refuser, au commencement de l'année 1890, le droit d'exercer auprès des tribunaux du district. D'après une décision plus récente du Conseil des ministres, l'exclusion complète des avocats juifs ne doit s'appliquer qu'aux tribunaux du ressort de la Cour d'appel de Varsovie, comprenant les dix provinces de l'ancienne Pologne, c'est à-dire l'une des régions où les juifs sont le plus nombreux. Ailleurs, il est prescrit que le nombre des avocats juifs ne doit pas dépasser 10 pour cent de celui des avocats chrétiens. De plus, aucun juif ne pourra désormais faire partie d'un Conseil de l'ordre des avocats (^).

Pas plus que le mérite personnel, la confiance de ses concitoyens ne permet à un juif de s'élever en Russie à aucune position supérieure. Les israélites ne peuvent être élus membres des assemblées provinciales (zemstvos) : bien mieux, quel que soit leur nombre dans un district, ils ne peuvent pas même participer à l'élection de ces assemblées (^). On ne peut les élire aux fonctions de maire, ni d'adjoint au maire (3), ni de président du Conseil municipal (-*), ni de conseiller de police (5). Dans les dix gouvernements de la Pologne, ils ne peuvent être nommés « Anciens » d'un hameau, à moins

(i) Kievlanine, 21 octobre/2 novembre 1892.

(2) Recueil des Lois, no 63, § 597.

(3) Institutions locales, art. 2035.

(4) Circulaire du ministre de r Intérieur, 12 oct, 1879, no 7795.

(5) Recueil des Lois, vol. IX, § 989.

Page 1