‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 63 sur 140 · MESURES RESTRICTIVES · texte numérisé non relu

MESURES RESTRICTIVES

écoles d'aides-chirurgiens, de dentistes, de sages-femmes et dans les autres établissements d'instruction spéciale. Des circulaires ont même été adressées aux directrices des écoles supérieures de jeunes filles, leur enjoignant de ne pas admettre de jeunes filles juives.

Pour apprécier l'odieux de ces mesures, il faut se rappeler que l'on a commencé par dire aux israélites : « Conquérez vos diplômes et vous pourrez sortir de votre ghetto ! » Il faut savoir aussi que dans les villes du Territoire vers lesquelles on les refoule, la proportion des juifs est souvent bien supérieure à lo p. c. de la population totale ; elle est de 50 p. c. dans 82 de ces villes, et de plus de 80 p. c. dans quatre d'entre elles. Et ils n'ont même pas la coûteuse ressource d'envoyer leurs enfants faire leurs études hors du Territoire, car les enfants juifs ne peuvent être admis dans les établissements d'instruction publics et privés des localités où leurs parents n'ont pas le droit de résidence (').

A la fin de l'année scolaire 1887- 1888, 400 jeunes gens israélites ont passé leur examen de maturité et avaient le droit de se présenter dans les universités : on en a repoussé 326. L'université de Moscou et celle de Helsingfors, renchérissant encore dans la pratique sur la rigueur du règlement, n'en ont voulu admettre aucun.

M. de Martens, professeur à l'université de Saint-Pétersbourg et l'un des théoriciens les plus distingués du droit international, déclare que le devoir de tout gouvernement est de respecter les droits et les intérêts de tous

(I) Circulaires de i8j6 et de 1884, no 9846.

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