‹ Les Juifs russes; extermination ou emancipation? Avec une lettre-preface de Th. MommsenChapitre 69 sur 140 · LE DRAME INTIME · texte numérisé non relu

LE DRAME INTIME

lo. Cas de violence à l'égard des juifs. Exactions de la police. Pillages.

La censure. — Le réseau des restrictions. — Traitement des colons. — Ordonnances vexatoires. — Délit du « manque de respect *. — Emprisonnements arbitraires. — Menottes. — Cruautés à l'égard des femmes enceintes. — Le chantage de la police. — Pillages à Kharaïevo, Elisabethgrad, Starodoub, Jousovka, etc. — Les responsabilités.

Après cette revue des mesures officielles de refoulement et de persécution, il faudrait raconter le drame intime des humiliations et des violences. Pour les fonctionnaires subalternes, pour la police russe, Israël est le grand souffre-douleur. Contre lui, toutes les haines peuvent s'exercer, toutes les menaces sont permises, toutes les extorsions restent impunies. C'est une victime qui n'ose même plus crier.

Aussi, parmi les faits locaux de violence, n'en est-il certainement pas un sur dix mille qui arrive jusqu'à nous. A quoi servirait-il au juif de se plaindre } 11 risque d'ajouter chez ses persécuteurs la rancune qui est tenace aux brutalités qui passent. Qu'il achète plutôt le repos, s'il est riche; et, s'il est pauvre, qu'il courbe l'échiné et qu'il se taise.

Le martyre individuel et quotidien des juifs russes échappe donc à l'histoire. Il n'est écrit ni dans les ukases, ni dans les ordonnances de police : il tient à la façon de les appliquer. Il dépend de Ihumeur d'un fonctionnaire ou de la rapacité d'un policier. Ce que

Page 1