MOHAMMED-HAÇAN-KHAN
Origine des Kadjars. — Les Kadjars dans le Mazenderân. — Mohammed-Haçân nommé par Nadir-Chah gouverneur d'Asterâbâd. — A la mort de Nadir, il se déclare indépendant et est l'un des trois principaux compétiteurs à la couronne de Perse. — Il gouverne la Perse sous le nom de Ismaël-Chah. — Sa lutte contre Kerym-Khan, sa défaite et sa mort à Asterâbâd.
Sous le règne de Chah-Abbas I er (i58o à 1628), le troisième prince de la dynastie des sophis & l'un des souverains qui fit le plus de bien à son pays, la Perse fut presque constamment en guerre avec l'empire ottoman. Grâce à la tactique européenne que deux anglais, sir Anthony & sir Robert Sherley introduisirent dans l'armée persane, celle-ci battit les Turcs et les chassa de toutes leurs possessions sur le littoral de la mer Caspienne.
On vit alors un grand nombre de familles turque se ranger du côté de Chah-Abbas & accepter la loi du vainqueur.
Ces familles prirent elles-mêmes le nom de Kadjars, c'est-à-dire fugitifs.
Chah-Abbas, non moins politique que guerrier, leur donna du service dans ses armées. Mais, craignant qu'ils n'excitassent des troubles après sa mort, il les dispersa dans les nombreuses provinces de son empire.
Il en envoya la plus grande partie dans la province du Mazenderân, sur le littoral sud de la mer Caspienne. Son intention était de les opposer aux Ouzbecks, tribu voleuse et guerrière, qu'il avait déjà battue & à moitié détruite, mais qui ne laissait cependant de lui donner de sérieuses inquiétudes.
Tandis que les Kadjars envoyés dans les autres provinces se fondirent avec le reste de la population, ceux qui vinrent habiter le Mazenderân furent assez nombreux pour y former eux-mêmes une tribu.
Sans cesse en guerre avec les Ouzbecks, les Kadjars du Mazenderân surent acquérir dans ces luttes continuelles une énergie, une virilité & une telle habitude de la discipline, qu'ils ne tardèrent pas à devenir la tribu la plus puissante de l'empire persan, et qu'il fut facile de voir qu'ils sauraient bien se frayer un jour le chemin jusqu'au trône.
Les successeurs de Chah-Abbas n'eurent point la main assez ferme pour gouverner les vastes provinces que leur laissa ce prince. Le dernier des sophis vit les Afghans mettre le siège devant Ispahân. Réduit à capituler, il abandonna sa couronne à Mahmoud, son