MOHAMMED-HAÇAN-KHAN
vainqueur, qui le fit mettre à mort et fonda la dynastie des Afghans (1722).
Mais il en advint de cette dynastie comme de la précédente. Les successeurs ne se montrèrent point à la hauteur du fondateur. Ils succombèrent devant Nadir-Chah, l'un des princes les plus énergiques qui ait régné sur là Perse, et le premier de la dynastie des Afghans.
C'est sous le règne de ce prince qu'apparaît Mohammed-Haçân-Khan que Ton peut à bon droit regarder comme le fondateur de la dynastie des Kadjars.
Il était fils de Feth-Ali-Khan, gouverneur du Mazenderân. Feth-Ali s'étant refusé à reconnaître Nadir- Chah , celui-ci Py contraignit par la voie des armes & lui ôta le gouvernement de sa province.
Ce qui ne l'empêcha pas quelques années plus tard de nommer Mohammed-Haçân gouverneur de Asterâbâd. L'histoire persane est pleine de ces contradictions. Il est vrai que Mohammed se montra par la suite digne de ces faveurs, et qu'il resta fidèle à Nadir- Chah. Il le seconda même brillamment au siège de Mossoul, en 1743.
Ce fut seulement à la mort de Nadir-Chah, assassiné par ses généraux en 1747, que Mohammed laissa percer ses desseins ambitieux. Il refusa obéissance à Adil-Chah, neveu & successeur de Nadir, et se déclara indépendant.
l6 LES KADJARS
Il tourna ses premières vues sur le Mazenderân, berceau de sa tribu. Il s'empara de cette province, vainquit le gouverneur & le fit brûlçr vif.
L'histoire de Mohammed-Haçân est des plus curieuses. C'est une longue série de luttes continuelles. Il n'y a pas de caprice que l'inconstante fortune ne lui ait fait subir. Tour à tour vainqueur & vaincu, il tombe, se relève, pour retomber encore; mais toujours son énergie est indomptable & sa persévérance ne connaît point de bornes. Il présente le type le plus accompli de cette forte race kadjare qu'il fit asseoir à Ispahân, sur le trône des rois.
A peine maître du Mazenderân, il est attaqué par Ahmed-Chah-Abdally, roi de Gandahar, qui, visant également au trône de Perse, venait de soumettre Je Khoraçan. Mohammed le rencontre dans les défilés à l'orient d'Asterâbâd et remporte sur lui une éclatante victoire qui ajoute à son prestige et consolidé sa puissance.
Le chaos qui régnait alors dans l'empire depuis la mort de Nadir-Chah commence à se débrouiller. Trois compétiteurs sérieux restent en présence et Mohammed n'aura plus à compter qu'avec Kerym- Khan, qui gouverne, sous le nom du jeune Ismaël- Chah, la Perse méridionale, et avec Asad-Khan, maître de Tauris & de toute la partie nord-ouest jusqu'à la Géorgie.