I.A VIK MATKRIKLLE ET .MOHAl.E l
d'une des amulettes de son père, devenue la propriété de ses frères.
De même en est-il des Udui du \illage où il habite: il doit les respecter tant qu'il est dans ce villa^'e, mais non plus quand il habite ailleurs.
Toute infraction au tana doit, dans la pensée de l'indigène, déterminer les plus graves malheurs, que l'acte coupable soit volontaire ou non de sa part. 11 ne peut écarter le malheur que par un acte de réparation, lequel consiste le plus ordinairement en supplications eten sacrifice. Il est également admis qu'une infraction involontaire ou peu grave se trouve détruite par le bain, qui semble ainsi enlever la souillure morale en même temps que la souillure physique.
La femme n'est pas tenue des tana de son mari, non plus que celui-ci de ceux de sa femme, mais l'un et l'autre se mettent au courant de leurs lana respectifs et évitent toute infraction qui pourrait préjudicier à l'un par l'inadvertance ou l'ignorance de l'autre : un simple bain suffit, nous venons de le dire pour, le cas échéant, réparer le dommage.
Les enfants doivent naturellement respecter les lana de leurs parents, mais garçons et filles n'auront ultérieurement qu'à tenir compte des lana paternels. Comme il a été dit, la vie commune dans la lu les oblige seulement — ainsi que tous ceux qui y vivent d'ailleurs — à être respectueux pour les interdits d'autrui.
Remarque doit être faite, qu'en principe, pour être nocive, l'infraction doit être commise par celui à qui le tana incombe, qu'il en ait été l'auteur ou seulement le complice, et l'on comprend qu'ici, comme en toute question de conscience, c'est affaire de casuistique et, à cet égard, l'indigène ne manque pas d'habileté.
("omme il n'est pas un indigène qui, dans le nombre de ses tana, ne compte un animal, certains Européens ont conclu au totémisme et affirmé que le Soudanais porte le nom
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d'un animal auquel il se dit apparenté : rien ne nous permet d'accepter ces conclusions. S'il existe, parfois, une quasiconcordance entre le nom de l'animal taiia et le nom de famille de l'individu, c'est pur hasard. En tout cas, pour les Khassonké, nous pouvons affirmer que le totémisme n'existe pas.
Les anues maf^iques.
L'homme ne peut combattre les esprits qu'avec l'aide d'autres esprits. En outre des grands esprits protecteurs dont nous avons parlé, l'indigène s'entoure d'une foule d'esprits, en quelque sorte, subaltermes, absolument asservis à sa volonté, pour lesquels il n'a pas de culte et dont il se borne à respecter les tana. Ils constituent ces armes magiques qui, sous les formes les plus variées, sont tantôt défensives (amulettes), tantôt offensives (talismans), tantôt curatives (médecines). Nous en avons donné des exemples en parlant des végétaux utilisés dans la pharinacopée indigène, nous n'y reviendrons pas.
T1TK1-: II
Préliminaires.
La famille est Tensemble des personnes unies entre elles par un lien de parenté ou d'alliance.
Cette délinitiun juridique de la i'amille française est applicable au groupement indigène, dont le point de départ est l'union conjugale conforme à la coutume.
Chose curieuse, alors que la famille ainsi comprise est l'assise sur laquelle repose le monde indigène tout entier, il n'y a point de mot spécial pour la désigner. 11 arrive souvent, comme l'histoire de la famille des Dyallo, plus haut rapportée, en témoigne, que l'on forme un collectif au moyen de l'adjonction au nom de personne d'un suflîxe a,ya, ga, la... (Safet^ea, Dembaya...) mais le terme ainsi formé désigne, stricto sensu, les seuls descendants de l'individu considéré, lato sensu, tous les gens placés sous l'autorité de cet individu et des siens: sa traduction approchée serait « les gens d'un Tel ».
Le mot lu «maison »,« maisonnée», n'est pas plus précis car la maison ne renferme pas toute la famille, et, par contre, contient des gens qui lui sont étrangers.
Khore, dont on se sert pour les salutations, désigne cà proprement parler l'enclos familial et, par suite. les gens
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qui habiient cet enclos, c'est, au point de vue qui nous occupe ici, l'équivalent de lu.
Khabila, qui a été emprunté à l'arabe, n'est pas plus exact et, d'ailleurs, n'est employé que par certains indigènes islamisés.
Parenté.
Le lien unissant les personnes descendant l'une de l'autre ou d'un auteur commun et, aussi, l'ensemble des personnes que ce lien unit constituent ce que l'on nomme également badinya.
Les parents, badin' (i), se répartissent en trois catégories : /a, na ou ba, din' .
Le père, ses ascendantset collatéraux mâles s"intitulent/i7, par allusion à la puissance qu'ils détiennent ; mais le chef de famille est le fa par excellence. Quand il y a lieu de spécifier, l'on se sert d'expressions telles que celles-ci -.wiilufa, père, procréateur, /a-f^a et baba-n-din' , oncle, frère aîné et frère puîné du père. L'oncle maternel, bien qu'honoré aussi du litre de/a, est spécialement désigné par le mot bar/n'qui est, étymologiquement, l'équivalentde baba-n-din\
Toutes les femmes de la parenté s'intitulent na, terme respectueux que l'on peut traduire par mère niais qui, par ét\mologie, signifie: «ventre», «entrailles». Au lieu de na, l'on dit couramment ^a. Parmi les na, on quali;ie na-ba qX na-n-din \tssœ\^T^, aînées et puînées, de la mère. La sœur aînée du père, bien qu'honorée du litre de na ou ba, est plus spécialement appelée bingi.
Au sens restreint de : père et mère, le mot «parents» a pour équivalent, en khassonké, celui de jpulu-bakhalu dont la significationétymologiqueest « les artisans de la naissance »,
i) Le mot ba signilie aussi bien père que mère, on peut le traduire par « procréateur» et ^ci-tYî'n' apparaît comme analogue a èo/Z-^/n" par exemple: littéralement donc àa-din' = chacun de ceux qui ont les mêmes « procréateurs ».