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plumaj^e roux, quelquelois le mouton ou mieux le bouc à robe fauve.
Les boli-din' se réuiiissenî à des jours ou à des époques déterminés pour l'exercice du culte et, dans ces réunions, ils consomment les aliments offerts au boli dans une sorte de repas de corps analogue à une communion. En principe, ne peuvent être initiés au culte: les femmes, les jeunes i^cns incirconcis, les dyali : l'on en donne pour raison qu'ils sont incapables de ^'arder le secret des mvslères du culte.
L'interdit lana).
Nous a\'ons dit que pour se défendre contre les esprits, l'indigène a recours à l'interdit.
Pour faire comprendre ce qu'est cet interdit prenons un exemple. Les Dyallo de la famille royale du Khasso ont, entre autres, la perdrix en interdit : ils ne doivent ni la tuer, ni lui faire aucun mal, ni même la toucher. L'origine de cette coutume remonte, selon les uns à Ilo, selon les autres à Amadou Awa et la cause qui lui a donné naissance est racontée ainsi : s'étant un jour égaré dans la brousse, l'ancêtre de ces Dvallo se trouvait sur le point de périr de soif, lorsque, tout à coup, quelques perdrix s'envolèrent. II alla sur le lieu qu'elles venaient de quitter et y trouva une petite mare, à laquelle il se désaltéra, et fut sauvé. Con\'aincu que les perdrix lui a\^aient \oIontairoment assuré le salut en attirant son attention sur le point d'eau, il lit serment que, pour lui et ses descendants, la perdrix serait sacrée, c'est-à-dire interdite, dans les conditions que nous avons indiquées.
De même, Iloaégalement interdit aux siens de manger de la tête de chèvre, parce qu'un magicien lui révéla que quiconque mange de la tête de chèvre n'exercera jamais le commandement. Ilo a interdit également de manger de la
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chair d'une chèvre dont le pelage n'est pas entièrement blanc ; il a interdit, entin, d'acheter de vendre ou d'héberger un âne. d'en promettre ou d'en recevoir la valeur.
Or, suivant son habitude, l'indigène a appliqué autour de lui ce qu'il a appliqué à lui-même. Il a créé à ses génies, à ses esprits protecteurs, des interdits.
Voici un individu qui a un boli, il fait diverses offrandes à l'esprit qui s'incorpore à ce boli : remarque-t-il que chaque fois qu'il immole ainsi un poulet, ses desseins tournent mal, il se persuade aussitôt que l'esprit est indisposé par ce genre de victime et conclut que l'esprit s'interdit le poulet. Dès lors, non seulement il ne sacrifie plus de poulet sur ce boli, mais encore — par respect pour l'esprit — lui-môme ne touche plus au poulet.
Remarque doit être faite que ce tana diffère du tana précédent : car celui-là seul sera tenu de respecter ce tmia qui pratiquera le culte de ce boli, ce n'est donc qu'un interdit relatif.
Le tana ou interdit dont nous venons de parler est susceptible d'être appliqué à tout : non seulement le végétal et l'animal, mais n'importe quel corps de la nature, l'homme compris, ses actes et ses paroles peuvent être tana, la chose est de vérification facile.
Chaque indi\idu a ses tana personnels qu'il s'est imposés lui-même ou qu'il a adoptés pour assurer l'efficacité d'un philtre, d'une amulette, d'un talisman... ; chaque individu est aussi tenu de respecter les tana de son père et de ses ascendants paternels, en tant qu'ils constituent une règle de conduite générale que son père et ses ancêtres ont entendu s'imposer à eux-mêmes et à leurs descendants.
Quant aux tana attachés à certains usages particuliers, il n'en est tenu qu'autant qu'il bénéficie de cet usage: par exemple, il doit respecter le tatia attaché à l'amulette qu'il a héritée de son père, afin que cette amulette conserve son efficacité; mais il n'est pas tenu de respecter le tana