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TRANSFORMATION DES SONS

Ainsi, dans l'état actuel, le vocabulaire comporterait une majorité de disyllabes. Mais l'examen attentif permet de découvrir que beaucoup de disyllabes ne sont que des composés ou des dérivés de monosvllabes.

Sans traiter ici la question de forme — objet d'un chapitre ultérieur — nous constaterons que l'agglutination des éléments, qui entrent dans la formation des disvllabes, entraîne d'ordinaire des mutations de sons, ainsi : khiimu =r= parler, est formé par l'union de kho et de ma, avec mutation de 0 et a en u; sugiilo, tresse de cheveux, est formé par l'union de si et de dj'ulo, avec mutation de i en u et de d^- en g.

L'indigène ignore la valeur des mots employés isolément, il ne possède que la pratique du langage et, dans les tournures dont il fait usage, les éléments constituants fusionnent souvent au point de former bloc : c'est qu'en elTet les mots associés pour l'expression de la pensée ne demeurent pas toujours simplement juxtaposés, parfois ils se compénèlrent, si l'on peut dire, au point que l'analvse demeure impuissante à découvrir en eux les formes originelles.

Les mutations que décèle l'examen des disyllabes ne sont donc qu'un cas particulier de la liaison que nous allons maintenant étudier.

LA LANGUE 4l3

Liaison.

En principe, avons-nous dit, tout mot commence patune consonne et finit par une voyelle. Il est de constatation facile que dans le langage courant la voyelle finale d'un mot se trouve fréquemment unie — par la nasale ?2, en particulier — à la consonne initiale du mot sui\ant. Il ne semble pas possible, quant à présent, de formuler des règles précises au sujet de cette liaison, mais il est facile de faire des remarques importantes, dont voici l'exposé :

Formes de la liaison : liaison en n.

Liaison en n de Vaugment caractéristique du singulier. — L'augment o, caractéristique du singulier, peut se trouver simplement juxtaposé à la voyelle terminale du mot, Sî = cheveu =si-o ; mais souvent, sans doute pour éviter l'hiatus :

ai ou bien un n s'intercale entre les deux voyelles, se prononce comme faisant partie du mot et se trouve suivi de l'augment o précédé de l'attaque forte : di = en(anl =: di-n-'o]

bj ou bien, la liaison est encore plus étroite par suite de la mutation en ^'- de l'attaque forte: di = enhni= di-n-go;

Ces deux formes, dino et tf/n^'-o, donnent lieu en pratique à trois corruptions : dino, par disparition de l'attaque forte; din et ding', par abréviation.

L'abréviation din' explique la présence dans le langage de ces vovelles nasalisées, si peu stables, en général, et qui font place facilement à la voyelle normale : ban' = bondir, nvakho khe ba=::\Q chat bondit.

La voyelle nasalisée devient, cependant, par l'usage par-

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tie intégrante du mot et, alors, c'est seulement dans les composés et les dérivés qu'elle fait place à la normale : beu = rencontre, ba-fula-be= confluent (rencontre de deux cours d'eau).

La nasalisation de la voyelle finale apparaît comme un moyen quelquefois employé pour différencier des homonymes :

sir=cheveu, si?i' = sein; /a< —: allai re, kun' ~- tète.

Le fait est surtout sensible pour les dérivés verbaux en la : la indique Fagent, lan' indique l'instrument ; fréquemment le nom d'instrument s'entend la, sans nasalisation, mais, s'il y a lieu, pour lever une équivoque par exemple, l'on insiste sur la nasalisation, lan' .

Ce qui d'ailleurs montre bien que la nasalisation finale n'est pas de l'essence des mots, c'est que les mots, dont la finale en est plus ou moins couramment affectée, existent sans nasalisation : ainsi le mot correspondant à notre mot tête s'entend : kun\ kuno, kiingo, kunko, kunyu et kukhu (dans kukhu fe), si l'on retranche la partie caractéristique du singulier et celle qui est relative à la liaison, il reste la syllabe ku commune à tous ces mots et terminée par une vovelle normale.

Formes de la liaison : liaison en n (suite).

Liaison en n de mois quelconques. — Cette liaison n'est pas absolument arbitraire, elle n'est pas non plus uniforme, comme en témoignent les exemples sui\ants :

a) les mots liés demeurent intacts et la nasalisation porte également sur l'un et sur l'autre :

ni-n-kh' a d'i ma (ni kh'a d'i ma) 7z= je te l'ai donné.

b) L'un des deux ou les deux mots subissent des changements, en même temps que la nasalisation les touche :

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