sina-n-iungo {siiio tiimo: ::^ pendant la nuit
Formes de la liaison (suite). — Formes diverses.
Liaison de iaugmeni caractéristique du singulier. — L'hiatus entre la voyelle linale du mot et Vo caractéristique du singulier disparaît par suite de l'insertion de l'attaque forte et, plus généralement, d'une consonne quelconque.
si = sin' ^=si7i'o-:=singo=-sighoT=sinko= pied, patte,
jambe.
ku^^hun' =kun'o = kungo=kunko= kunyu =kuru = kuklni = tète.
Liaison entre deux mots quelconques.
a) Parfois elle résulte simplement d'un changement dans la voyelle finale du premier mot :
fana sigi muso \Jano sigi nzi^so) =Tr prostituée;
sond :
b) d'un changement dans la consonne initiale du se-
nya tio nva sio) = cil ;
c) d'un changement simultané de ces deux éléments su gulo \si dyulo)^^ tresse de cheveux.
41 Ô MONOGRAPHIE DES KHASSONK.É
11 advient que ces trois changements s'accompagnent de liaison par nasalisation :
mu-n-^e-la [iiiu ke ta) = qu"est-il arrivé; sa-n-digi [sa
tigi) = chef ; khe ni-n-ga muso 'hhe ni a muso\ -- un homme et sa
femme.
Liaison en général.
Les deux mots que nous avons considérés se trouvent dans le discours parfois liés aux mots qui les précèdent ou les suivent, dans des conditions pareilles à celles qui viennent d'être examinées, par suite, l'initiale du premier et la finale du second sont succeptibles, soit de demeurer intactes bien que subissant une liaison intercalaire, soit d'être modifiées en guise de liaison, soit d'être à la fois liées et modifiées. Ainsi, dans l'expression :
/?2 b'a-fa-l-e n-ye = je vais te le dire [m be a fo i ye)
il V a trois liaisons.
D)-phtongaison.
Il est de constatation facile que, au point de vue du sens, des vocables monosyllabiques ont un ou plusieurs vocables disyllabique ou monosyllabiques qui leur sont équivalents, mais qui s'emploient parfois différemment. Ainsi :
cheveu =si=^sigi
père =/^5 mais l'on dit fak/iakilin' = consan-
guin, parent, ) ^^ba, mais l'on dit untlu-bakhalii=:= les panière surtout \ rents (père et mère).
jour = lu mais l'on dit lokhokun' = semaine;
eau = dyi — — dyiri ki :^- eau amère,
L'iaire.
Nous ne trouvons pas ces dissyllabes /a/c/ia, bahha, lokho, driri employés isolément.
Par contre mokho = « personne » est remplacé par ma dans les composés tels que ma-h/ie, ma-miisu... et ??ia ne s'emploie pas isolément en khassonké.
Ce phénomène, que l'on retrouve dans la plupart des dialectes mandé, paraît pouvoir s'expliquer ainsi : il arrive fréquemment que la voyelle du monosyllabe subit, dans certains cas de prononciation, un allongement dont l'exagération détermine la formation d'une seconde voyelle généralement pareille à la première, dont elle n'est séparée que par un léger hiatus; ce hiatus est comblé par une articulation, variable suivant les dialectes ou les patois.
Telle est, nous scnible-t-il, la genèse de la plupart des dissyllabes dont les deux voyelles sont identiques : il importe, en effet, de remarquer l'instabilité de cette seconde syllabe, qui existe dans un dialecte et disparaît dans un autre.
D'ailleurs, l'allongement n'est pas seul à produire le dsisvllabe, la fracture de la voyelle donne un résultat pareil.
Cette fracture est rendue évidente par la comparaison suivante :
en malinké en khassonké
blanc se dit ge khoi (ou khoe. koe...)
chasser ) , ; ; •/ / / \
> — gen khoiiou knoe, goe...)
expulser)
tomber — bi boi [ou boe...)
petit di doi (ou doe, doa...)
enduire, étendre me moi.
Ici, également, l'hiatus entre les deux \o\-elles est comblé par une articulation. Voici, par exemple, pour le mot « petit », « jeune », « faible », des dissyllabes équivalents, formés par diphtongaison :
dokho, dua, doa, dora, doga, doi,dogi, dagi,dari,degiy dae, dage, dabo...
Au point de vue du sens, ces dissyllabes sont équivalents des monosyllabes dioxdo, mais, alors que ceux-ci n'ont pas d'usage spécial, ceux-là paraissent plus particulièrement employés comme noms de personnes et surtout comme prénoms de femmes.
Mutations.
Voyelles. — La voyelle i se transforme d'ordinaire en u devant l'augment ma : nyi, nyuma; di, duma;
En composition, parfois, la mutation de i en u entraîne mutation en u des voyelles d'autres éléments : sin' gère devient sun' guiii;
Par contre, si la voyelle i persiste dans un élément, elle entraîne les autres voyelles par assimilation : din' musu-ndin' devient din' misiri; fe dimango devient yî timingo.
L'on constate la mutation de i en o et de i en u dans nyon' -gi pour sin'- kutu, s'agenouiller, litt. : ployer la janibe.
La voyelle o se change en u en composition et devant un suffixe : gallo tigo devient gallu tigo; de bo Ton forme bula, de kho, khuma.
La voyelle o, caractéristique du singulier, s'entend parfois u : kuno et kunyii; buno et bunyii.
Parfois la voyelle u fait place à la voyelle i; comme nous l'avons déjà indiqué Ton entend din' misiri pour din' musu-n-din' ; nyon' giri pour sin'kulu; nigima pour nuguma...
Les voyelles e et i permutent facilement; l'on entend men' ou min' , fen' ou Jin' , sen' ou sin\ ben' ou bin' ...
a et e alternent dans les particules IJia, ma, que l'on prononce aussi khe, me; on trouve également dans d'autres mots tantôt a, tantôt e: sagi ou segi.
D'une manière générale, la mutation la plus fréquente est celle d'une voyelle en 11 : celle-ci paraît être la caractéristique de la liaison, tant en composition qu'en dérivation.
Consonnes. — Mutations entre explosives :
p et b : kuru-pc et kuklui-fe= coitlure.
/ et d : satigi et sandigi = chef; dundiin'o eldiiniiin'o
= coq; sintan' et kindoii' = imberbe, glabre. k Qt ' : si'a et kika= beaucoup.
Mutations entre continues :
h et / .• horon' alforon' rz= libre ; hulo et fulo= peul. w et p : ulu, wulu et vulu = chien ; wo et vo =^ ça, cela.
idoho, dokho, doko et dorho=^ jeune, petit; do go, do g ho; mo/w, moko, niokho et morho = personne; mogo, mogho.
m et n .■ misi et nisi=^ bœuf; mugu et nugu= farine.
Entre explosives et continues :
y, dy, ny, s : }'ègè, dyègè et nyègè ^r= poisson ;
dyi, si (dans sinandi) = eau.
y, g : }'ere et gère ^r=: jeune, ferme.
dy, g : si dyulu et sh^u/u = tresse de chc\cux.
/, r, d : su-n-din' et sw/Zn' = poulain ; di-nkhc-n-din
et rf/?i-/c/ze-ri =:z petit garçon ; mitsu-n-din'
et miseli = fillette.
r et / .• gère et gete=: dur, ferme.
5 et k : sia et kika = beaucoup; si}iian' et kindonf
= imberbe.
m et ng : iumo et tungo= temps.
Ètymologies.
Pour mettre en évidence l'intérêt pratique de la connaissance des transformations que nous venons d'exposer, nous donnerons quelques ètymologies.
Rien n'est plus difficile que les recherches étymologiques dans les dialectes indigènes. En khassonké, notamment, l'on ne peut guère avoir pour guide que le sens, les explications qui précèdent font suffisamment comprendre, en effet, combien la forme peut être trompeuse. Pourtant la forme fournit une aide importante à celui qui, avant la connaissance d'un certain nombre de dialectes, est en mesure de suivre les changements de forme par comparaison.
Tant qu'il s'agit de mots composés ou dérivés d'après les principes que nous exposons plus loin, l'étymologie ne présente pas — en général — de difficulté sérieuse, mais, sorti de ces principes, rien de précis ne peut servir de guide, c'est afTaire d'expérience.
Prenons des exemples.
Au mot dyi, qui signifie « eau », il nous paraît qu'il v a lieu de rattacher les mots suivants dans lesquels dyi subit, parfois, une transformation complète :
dyi = eau ;
dyime =: marabout, oiseau pécheur ;
dyoli = sang; flf)*o// nous paraît une contraction de dyi-uli= l'eau rouge;
dyègè, nvègè, yègè . rrr poisson; d)-ègè= dyè fe =
chose de l'eau ;
di bon' = aigle d'eau, aigle pécheur ; l'on
entend aussi, d'ailleurs, dyi bon' ;
nvigi = arroser, humecter; 7ir/^i=rfj-î
ke= mettre de l'eau sur;
sinandin' -= mouillé; sinandm' = dyina-7i-
din' [diyna ^= dyi-n-o) ;
siima = frais, humide ; sH;?ia = ^\'i-;?m;
siimuna ^= urine; sumuna est une corruption du malinkési<g-u?ia, lequel fait apparaître le vrai sens du mot qui est, sans doute, « eau amère » [dyi huna). Au lieu dQsumumaVon entend aussi:
nyegene et nyege, termes dont l'étymologie est pareille.
Autres exemples :
si = poil, cheveu, plume;
siigulo = tresse de cheveux; sugulo est
pour si dyulu; rasoir = surf e ==si ri fe= ce qui sert (Je) à couper [li], les cheveux (sz), remarquer Télision de la voyelle entre r et f;
safo = crinière;
saku-ra = l'aigrette, litt. : ce qui a une crinière ;
dyagi r^ crinière;
ti mahhan' .... = poil follet ;
nya limbo . . . . = cil (litt. : poil de l'œil);
khono-ti-dio . . . . = plume (litt. : poil d'oiseau);
422 MONOGRAPHIE DES KHASSONKE
ki-n-don' = sans poil, glabre, imberbe... ; la
transformation s en /e paraît due, ici, à une influence soninké. Ki-n-don' est l'équivalent de si-n-tan' .
Des rapprochements, tels que ceux ci-après, s'imposent également :
sin' = vaincre, et (iv-on'= le vaincu, le
captif;
si?i' = ployer et dyun' = arbre aux
branches fléchissantes ;
sigi = s'asseoir et dyu = base, fondement;
siti = lier et (iv-w?'u= lien;
j f nyongoton' =
. , , plover f 1 s'accroupir;
sin hutu r= /. ^ } et ', . "^ ,
lajambe( j m'ongz= s agenouiller ;
ACCIDENTS PHONETIQUES
Elis ion.
Èlision de voyelle. — La voyelle finale de certains mots s'élide devant les pronoms personnels : il en est ainsi, notamment, pour les auxiliaires be, kha, te, ma, khana et les augments /a, du présent et ta, caractéristique du passé.
a nat' e nya =i\ est arrivé avant toi {a nata e
nya) ; n sago-n-t'a to =je ne le fais pas avec plaisir {n sa-
go-n-te a to) ;
m be lakha-V e la su =je vais chez toi 'm be takhala e la
su); soma korita lih'e labin' =:s^ l'aîné n'a pas pu les mettre d'accord [soma horita kha e labin').
L'on constate parfois aussi l'élision de la voyelle finale du verbe devant le pronom complément indirect:
takh'in' ti = emporte ceci, litt. : va avec ceci {takha in' ti); tamb' a fe = continue, litt. : passe avec lui {tambi afe) ; a f a n-ye = dis-lui, litt. : dis-le à lui [a fo a n-ye).
Il y a quelquefois élision dans les composés :
Jurdy^a muso^= divorcée {furu d)-a muso); kukh' io sise r= poule de rocher ikukliu io sise) ; surfe = rasoir isurufe);
kukh' da = col (kuklui da).
Il y a très fréquemment élision de Vo caractéristique du singulier et le mot que cet augment terminait se trouve alors avoir une finale nasalisée en ng^, plus rarement en
ny'
dingo devient ding' .
Élision de consonne. — L'élision de Vo caractéristique du singulier entraîne celle de l'articulation glottale qui le précède parfois :
din'o devient diii' .
Nasalisation.
Nous avons vu que souvent la liaison consiste en l'intercalation d'un n entre les deux mots à réunir. Ce genre de liaison est courant pour joindre le nom à l'augment o du singulier: or, il arrive fréquemment que l'on abrège le
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singulier ainsi formé, on le 'prononce en négligeant Vo et maintenant Vu de liaison, lequel ?! communique à la voyelle finale un son nasal. Ainsi, l'on dit feu' pour /en'o, bin' pour bino...; si, au lieu de la glottale ', ïn se trouve suivi de g ou de ^-, la finale devient /en^',/enr'; bing\ biriy' .
Dans des conditions pareilles, le singulier est illogiquement exprimé après des mots qui, par nature, ne devraient pas le recevoir, par exemple au lieu de ni = in' , conjonction qui signifie « et», l'on entend iningo et il se trouve également abrégé comme il vient d'être dit: ainsi se trouve vulgarisée la finale nasalisée.
D'autres fois, la nasalisation paraît avoir pour raison d'être la différenciation d'homonymes, le fait n'est cependant pas certain car cette nasalisation même est très instable, exemple:
si =semence;sf =arriver;sï ^ passer la nuit... sm'=pied; sin'=sein; szn'^ ployer...
en admettant que la nasalisation ait eu pour but de distinguer les mots signifiant : pied, sein, ployer... de ceuxsignifiant semence, arriver, passer la nuit, on ne peut, alors, s'expliquer pourquoi cette nasalisation disparaît souvent dans le langage courant, à moins de supposer, comme c'est notre opinion, qu'elle est en quelque manière facultative et non pas essentielle. Remarque faite, cependant, qu'au cas où il y a ambiguïté l'on fait spécialement sentir cette nasalisation ce qui prouve évidemment son rôle de différenciation.
Entre deux mots, la nasale n n'a pas seulement pour effet de modifier la finale du premier, elle infiue aussi sur la consonne initiale du second mot, qui devient ainsi nasalisée. De même que l'on conserve au premier mot la finale nasalisée engendrée par la liaison, l'on emploie le second mot en le faisant précéder d'une nasalisation analogue.
LA LANGUiC 42b
Parfois, semble-t-il, cette nasalisation initiale a servi à différencier des homonymes.
Ces renseignements expliquent pourquoi certains mots apparaissent, employés isolément, encadrés de deux nasalisations : Tune initiale, l'autre finale, comme s'ils se trouvaient encore enfermés dans une phrase :
n-di-n' = n-di-ng' = petit (pour di).
Il n'est pas douteux que, dans la transcription du langage, la plupart de ces faits ne devraient pas apparaître, pas plus que ne sont reproduites, dans nos écrits, les liaisons du français oral. Mais, ici, la difficulté est grande pour l'étranger que nous sommes, malgré tout, par rapport au milieu indigène, de transcrire le langage tel qu'il devrait régulièrement être. Nous avons donc conservé les phrases et les mots tels que nous les avons recueillis; les explications qui précèdent permettront, au moins dans une certaine mesure, les redressements utiles.