RER
Télésippa à cAnagora
Tissons l’hyacinthe et l'iris En des trames confuses ;
Je chanterai, sur le paktis, L’Aphrodite et ses ruses.
TÉLÉSIPPA 81
Lève tes paupières sans fard D'où coule un limpide regard :
Nous avons une bonne part
Dans les présents des Muses.
Ceins ton front chaste de lotos, Ainsi qu’une danseuse Tanagréenne au blanc péplos.
De ta voix d’amoureuse Chante le mélos, de ta voix Défaillante comme autrefois.
Divine écaille, sous nos doigts
Deviens harmonieuse.
NOSSRS
oss1s, la Kitharède de Locres, fut une ardente È disciple de Psappha, comme l’attestent les «<) beaux vers de l’épigramme Eï; Sarvc, 4 Sappho. Méléagre compare le jaillissement de sa poésie à l'iris qui exhale un doux parfum, à l'iris aux belles fleurs. I hésite en ferveur, il s’arrête en extase, devant Nossis à la voix de femme, Nossis dont Érés enduisit de cire les tablettes. Elle naquit à Locres aux belles vignes. Comme Psappha, elle demeure voilée, inconnue et lointaine. Ses vers translucides seuls nous font entrevoir cette mystérieuse existence de fleur nocturne. Ils nous apprennent qu’elle fut la fille de Theuphilis, fille de Kléocha, que, de ses mains
virginales, elle tissait la trame, et qu’elle offrit à Héra l’Auguste cette robe de lin qui fut un labeur de patience et de tendresse, comme toute œuvre d’art. Elle fut une amou-
reuse de l’amour. Rien n'est plus doux qu'Érôs, et tout ce qui
est heureux vient après, dit-elle avec une passion ingénue. Elle fut une admirable amie. Sa blanche affection pour Alkétis survit en défi de la souillure du mariage et des hideurs de l’enfantement. D'inoubliables regards féminins brillent à travers ses strophes. Samytha, la vierge aux beaux parfums, offre à l’Aphrodita le réseau qu’embaumèrent ses blonds cheveux de miel et de nektar, le réseau d’argent ingénieusement travaillé où luisent les aigues-marines.. De ses yeux de peintre, de ses yeux avides à refléter les couleurs, Kallô discerne l’OEuvre future dans la grâce imprécise, dans le charme fuyant de l'ébauche. Sa chaste ardeur vers l’Art Insaisissable consume ses jours pieux. Elle meurt, n’ayant aucun reproche dans sa vie... A travers le beau sourire de Sabaithis se dévoile une âme aussi lumineuse que son visage... Polyarchis l’eupatride se réjouit naïvement de la magnificence de sa chair, et offre à la Déesse Favorable une statue d’or faite à sa ressemblance... Thymarété, la vierge aux douces paupières, emresse la petite chienne qui garde la maison. Et la lointaine Psappha attire impérieusement l’âme errante de l’étranger vers Mytilène aux beaux chœurs. Psappha, fleur brûlante comme une étoile,
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Psappha, éclosion de grâces odorantes, écoute, dans l’'Hadès, le salut de Nossis…
Plus est ténébreuse la vie d’un Poète et surtout d’une Poétesse, et plus elle suscite d’erreurs et de légendes, car la curiosité des hommes ne veut jamais s’avouer déçue. C’est ainsi que quelques-uns ont cru voir en Mélinna la fille de Nossis. Mais Nossis chérit en cette enfant le reflet d’une mère aimée, — Alkétis peut-être, — et les parents n’ont point coutume de s’admirer aussi ouvertement, et avec cette naïveté, dans leur progéniture. Et pourtant, toute affection paternelle ou maternelle n’est en vérité que l’égoiste et sotte satisfaction de se complaire dans sa descendance.
D’autres historiens ont voulu accréditer l'existence de deux Nossis, en dépit de l’unité magistrale de l’œuvre, qui porte l'empreinte d’un génie indivisible.
La poésie n’a point de gemmes plus rares que les épigrammes : À Sappho, Sur une image d'Aphrodite, A Érés et Sur une image de Femme.
Plus heureuse que l’obscur poète syracusain, Nossis cueillit véritablement de son ardente souffrance et de sa joie mélancolique un lierre personnel.
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Poèmes d'Amour