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ST ET

DAMOPHYLA DE PAMPHYLIE

(611 Av. J.-C.)

NO AMOPHYLA appartient à la grande École de Mytilène, qui resplendit immuablement de la « € double gloire de Psappha et d’Éranna.

La Pamphylienne fut la compagne et la disciple de Celle que Nossis appelait la Fleur des Grâces. Apollonios de Tyane dit qu’une étroite tendresse la lia à l’Aède de Lesbos, et que ses plus beaux poèmes furent composés sur le modèle de l’Inimitable.

Après la mort de la Poëtesse (les Anciens nommaient Psappha La Poétesse comme ils nommaient Homère Le Poite), Damophyla enseigna à son tour les belles tradi-

tions qu’elle avait apprises des lèvres mêmes de Psappha. A son tour, elle fut la maïtresse de cette merveilleuse École qui ralluma dans toute l’Hellas l’amour des nobles harmonies.

Le Temps n’a point épargné un seul vers de Damophyla. Nous savons qu’elle avait écrit des strophes érotiques, des parthénia en l'honneur d’Artémis très chaste, et des invocations aux Déesses.

Les hymnes que les vierges chantaient à Perga furent l’œuvre majestueuse de la Pamphylienne.

Quoique ses tablettes ne soient plus qu’un peu de cendre et de poussière, quoique son labeur ait péri, le nom de Damophyla ne périra point, car elle fut aimée par une Immortelle. Ceux que reçoit la couche solennelle des Dieux et des Aèdes partagent leur éternité. Damophyla n’errera point inconnue parmi les Morts aveugles, car elle s’attarda aux côtés de la Tresseuse de Violettes, dans le verger où la brise murmure fraïchement à travers les branches des pommiers, tandis que des feuillages frissonnants coule le sommeil. Elle demeurera dans la mémoire des hommes, lointaine et pale comme un rayon de cette Artémis, dont elle fut la Prêtresse et la Kitharède.

RES

DAMOPHYLA DE PAMPHYLIE

L'ombre bleuit les monts sacrés D'où Phoibé, lente, émerge.

Ses rayons coulent sur les prés Comme l’eau sur la berge.

Pareil aux Pommes d’Or, le fruit Du clair verger frissonne et luit; Damophyla parle à la nuit:

« Je serai toujours vierge.

« Psappha me brüle de ses yeux.

Je toucherai, comme elle,

De mes bras étendus, les cieux Que l’or des nuits constelle.

Je verrai l’avant des vaisseaux

Sillonner la pourpre des eaux,

Et les Muses aux beaux travaux Me rendront Immortelle. »

Elle dit, le front détourné, Car l'être solitaire

Garde en son cœur prédestiné Le songe et le mystère;

L’herbe a des bleus froids de lapis

Que percent des éclairs d’iris,

Et, triomphante, l’Artémis Ilumine la terre.

LS

MÉLÉSIP P À

TT N nom, qui est un souvenir. Un souvenir, qui | IC, n’est plus qu'un nom musical. Suidas parle LE des « trois compagnes et amies de Sappho, Atthis, Télésippa et Mégara ».

Télésippa fut plus chère à la poétesse des Harmonies que ses autres élèves et disciples, Anagora de Milet, Gongyla de Kolophon et Euneika de Salamis. Une vierge à la voix douce, dit Psappha en parlant d’elle, sans doute. Elle tressa, de ses tendres mains, les tiges de fenouil, sachant que les Déesses se détournent des jeunes filles qui ne sont point couronnées. Elle vit les cheveux blonds d’Atthis, elle frôla au passage Mnasidika et Gurinno.

Elle demanda à l’Aphrodita la belle récompense d’un sourire aimé. Pour l’obtenir, elle répandit sur l’autel le lait d’une chèvre et en offrit une libation. Elle chérit les Piérides, qui firent Psappha glorieuse en lui donnant leurs travaux. Elle contempla l’aube aux sandales d’or, et la lumière du soir, qui ne détruit point la vue et semble une fleur d’hyacinthe. Aux festins, elle invoqua la Déesse de Kupros, qui verse délicatement dans les coupes le nektar mêlé de joies. Elle se joignit aux danses sacrées des femmes de la Crète autour du glorieux autel, foulant de leurs pieds délicats la fine et tendre fleur de l’herbe printanière. Et Psappha la nomma un soir : O belle, 6 gracieuse…

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