ADONIS
Tabandonne à la vérité la lumière très belle du soleil, ensuite les astres brillants et le visage de la lune, et aussi Us concombres de la saison et les pommes et les poires»
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Chansons "Bachiques
O wo« tfwi, flyawf tf/?/?n5 /^ discours d'Admète, aime les bons : et écarte-toi des hommes vils, ayant connu que la reconnaissance des hommes vils est petite.
PRAXILLA 117
O «oa jw/, méfie-toi du scorpion sous toute pierre.
EPftTlKA.
iTAsOivE tÔlv xe^aX«v, ta ^' cvesOe vujjifpa.
Toèmes d'amour
o toi qui jettes un beau regard à travers les fenêtres, vierge par la tête, femme par en bas...
[l8 LES KITHARÈDES
J'abandonne à la vérité la lumière très belle du soleil, ensuite les astres brillants et le visage delà lune, et aussi les concombres de la saison et les pommes et les poires.
Je quitte en gémissant la lumière très belle Du soleil, et la grotte où Tazur vient pleuvoir, Les prés où la cigale attend la sauterelle, Les pipeaux de Taurore et les flûtes du soir.
J'abandonne le rire attentif de la Lune, L'éloge de la foule et l'accueil des amis.
Les vierges dénouant leur chevelure brune Dans le jardin nocturne aux parfums endormis.
Les fils enchevêtrés des lueurs et des ombres Ne m'enlaceront plus de leurs tissus légers.
L'ardeur des grappes et la fraîcheur des concombres Ne m'attireront plus vers les brillants vergers.
Je ne cueillerai plus les pommes ni les poires. Je ne mirerai plus mes yeux noirs dans le flot Qui me taquine avec des appels illusoires, Je ne m'étendrai plus parmi le mélilot...
PRAXILLA I^iÇ
Mais dites : « Praxilla ne meurt pas tout entière, Car ses chants font s'unir les lèvres et les mains, Et son âme s'attarde en un peu de poussière Sous les beaux oliviers qui bordent les chemins. »
O toi qui jettes un beau regard à travers les fenêtres, vierge par la tête, femme par en bas...
O toi qui savamment jettes un beau regard.
Bleu comme les minuits, à travers les fenêtres. Je te vis sur la route où j'errais au hasard Des parfums et de l'heure et des rires champêtres.
Le soleil blondissait tes cheveux d'un long rai. Tes prunelles sur moi dardaient leur double flamme; Tu m'apparus, ô nymphe! et je considérai Ton visage de vierge et tes hanches de femme.
Je te vis sur la route où j'errais au hasard Des ombres et de l'heure et des rires champêtres, O toi qui longuement jettes un beau regard.
Bleu comme les minuits, à travers les fenêtres.
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oAnyta
ANYTA
T voici une des plus vibrantes Kitharèdes, la mystérieuse Anyta, qui s'avance, les mains pleines de lys. Ses vers la révèlent plus que l'histoire. Elle est irréelle et légendaire.
On ignore jusqu'au lieu de sa naissance. La plupart des anciens auteurs l'appellent Anyté de Tégée. D'autres la nomment Anyta de Mytilène. Antipater lui accorde une place auprès de Psappha, de Praxilla et de Moïro. Il lui donne le titre d'Homère féminin. La plupart de ses épigrammes sont écrites dans le vieux style dorien des chants avec chœurs.
La date de son éclosion poétique est plus qu'incertaine, Tatien raconte que la statue d'Anyta fut taillée dans le marbre par Euthycratis et Céphisodotos (300 av. J.-C).
Mais, le plus souvent, les Statues des poétesses et des héroïnes furent élevées après leur mort, et il n'y a point la plus légère preuve qu'Anyta ait été la contemporaine de ces Artistes. Certains ont voulu voir dans l'épigramme consacrée à Ménédaios une indication relative à la date cherchée. Ils prétendent que Damis était le chef de ce nom, célèbre par sa valeur dans la guerre des Messéniens. Succédant à Aristodème sur le champ de bataille, il régala par sa sagesse et son courage (vers 723 av. J.-C). Mais c'est là une supposition hasardeuse que Ton ne peut guère accepter historiquement.
Dans une telle indécision de distance, toutes les conjectures sont permises. L'hypothèse même de l'existence des deux Kitharèdes, Anyté de Tégée et Anyta de Mytilène, n'est point du tout inadmissible. Le caractère épique de certains vers guerriers contraste brutalement avec la grâce délicate des vers idylliques sur les Nymphes et sur Pan. Comment ne point imaginer, d'ailleurs, que la poétesse de l'épigramme : A la statue de Pan ne se soit point souvenue du verger de Psappha ?
Voici le fragment d'Anyta :
Étranger, repose tes membres brisés sous ces roches : un souffle nùmjHe résonne pour toi dans les verts feuillages. Et bois au faillissement frais de la source : car ce repos est cher aux voyaiirtnrs dans la chaleur brûlante.
ANYTA 123
Et voici le fragment de la Tisseuse de Violettes :
Alentour (la brise) murmure fraîchement à travers les Branches des pommiers, et des feuillages frissonnants coule le sommeil.
Ces deux fleurs détachées n'exhalent-elles point la même fraîcheur agreste et le même parfum sauvage ? Anyta pleure la vierge Antibia comme Psappha pleure Timas « morte avant l'hymen ». Les vers d'Anyta sur une sauterelle ne sont-ils point aussi un écho, très personnellement modulé d'ailleurs, de la voix lointaine d'Èranna ?
À la sauterelle, rossignol des champs, et à la cigale qui gite dans les chênes, Myrô a élevé cette tombe commune, jeune fille ayant versé une larme virginale, car l'Hadès difficile à persuader s'est hâté d'avoir son double jouet.
Anyta reprend ainsi le chant interrompu de la vierge de Télos :
Harmonieuse sauterelle, le soleil ne te verra plus chanter dans la riche maison d'Alkis. Car déjà tu voles sur les prairies de Klyméné et (sur) les fleurs baignées de rosée de Persephoné d'or.
Parmi tant d'incertitudes surnage un fait certain, c'est qu'Anyté de Tégée n'a pu écrire Tépigramme sur les
vierges de Milet forcées par les Gaulois, attribuée à « Anyta de Mytilène ». Il est donc possible, encore une fois, il est même probable, que deux poétesses, Anyté et Anyta, ont existé. Tune fort avant le zénith de Psappha, l'autre fort après. Nous avons revêtu du nom d'Anyté la poétesse épique des harmonies martiales, et de celui d'Anyta la poétesse lyrique dont les poèmes sont des lys épars, les lys de Méléagre. L'épigramme sur le dauphin porte le nom de la poétesse qui l'écrivit paré du titre de y-O^onuô;, poétesse lyrique, ce qui fait imaginer que l'Aède en question a plus intimement aimé les pt^t^n. Que la familiarité avec laquelle nous traitons l'Histoire, plus impalpable ici que la légende, nous soit pardonnée. Il est parfois utile que la divination occupe le vide laissé par la critique.
Pausanias nous lègue une fable curieuse, et qui n'est point sans grâce, sur Anyté :
« Le temple d'Asklépios était en ruines : il fut reconstruit de fond en comble par un simple particulier, Phalysios. Il était malade des yeux et presque aveugle. Le dieu d'Épidaure lui envoie Anyté la poétesse, tenant des tablettes scellées. L'idée en vint à la femme dans un songe. Mais elle s'éveilla aussitôt et rentra dans la réalité. Et elle trouva dans ses mains des tablettes scellées, et, ayant fait voile pour Naupacte, elle ordonna à Phalysios d'enlever le cachet et de lire ce qui était écrit. D'autre
ANYTA I2f
part, il lui paraissait impossible de lire les caractères, ses yeux étant dans l'état que j'ai dit. Espérant quelque chose de bon d'Asklépios, il enlève le cachet, et regardant la cire, (il voit) qu'il est guéri, et donne à Anyté la somme inscrite sur la tablette, deux mille statères d'or*. »
Il nous faut chérir Anyta sous ses voiles. Louons la Poétesse aux mains pleines de lys d'avoir gracieusement évoqué la mer et les fontaines qui consolent les voyageurs lassés, les Nymphes bienfaisantes et Pan harmonieux. Contemplons, à travers ces quelques lignes dorées, le dauphin rejeté par les vagues et qui expire sur le sable. Contemplons le verger, battu par les vents, qui fleurit près de la plage blonde d'écume. Attardonsnous avec tendresse et avec respect devant cette œuvre féminine si profondément poétique. Et ne nous épuisons pas en de stériles efforts pour dissiper le mystère qui réioigne de nous plus que les siècles différents et le monde changé... 11 est tant de visages et tant de rires qu'il est doux d'aimer sans les connaître...
* iînviron cinquante mille francs de notre monnaie. Le statère équivaut â vingt-cinq francs à peu près.