‹ Les kolas africainsChapitre 16 sur 49 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

Eau 12.700

Cendres solubles ^•^''^

„ insolubles ^ -'^^

Matière sucrée inactive au; polarimètre, '-mais réduisant la liqueur

cupro-polassique o.ij—

Amidon, dextrme onn

Matières colorantes et résineuses »-300

Autres matières pectiques

r, .. O.OOO

Gomme

Matières albumiiioïdes ■

Matières grasses r *sf\

Matières indéterminées ^

. 0. /bi

Ligneux

EnfiD, j'apprends au dernier moment par mon zélé correspondant de Libreville (Gabon), M. Autran, qu'il existe au Gabon,

LES KOLAS AimiGAlNS

outre les variétés que j'ai déjà signalées, un Kola ([u'on nomme médicinal. M. Autran m'ayant adressé des fruits et des graines de ce Kola dout je n'avais jamais entendu parler jusqu'ici, je n'ai pas tardé à reconnaître que c'est un faux Kola, constitué par la graine du Napolcom imperialis Beauv. Cette graine réniforme, rouge et amère comme le Kola vrai, est bien connue : je ne crois pas devoir la décrire de nouveau. Un dessin excellent en est donné, du reste, dans le Traité général de botanique de Le Maoût et Decaisne, page 300, 2^ édition, 1876. Nous le reproduisons ici. Sèche ou

Fi^. '1:3. — A. Coupe longitudinale du [ruil de Napoleona imperialis Beauv.

B. Coupe transversale du même.

fraîche, cette graine se distingue facilement par sa forme (gros haricot rouge) de tous les Kolas]connus. Nous avons fait quelques recherches avec M. Schlagdenhaulïen sur cette graine,et, après avoir constaté que son extrait aqueux pouvait, à faible dose, déterminer la mort des grenouilles et des cobayes (l),:ia recherche du principe toxique a établi qu'il s'agit icide laSaponine : elle y existe en assez forte proportion. Cette graine doit donc être surveillée et soigneusement éliminée du Kola du Gabon, si elle s'y mêlait, ce qui serait très facile à reconnaître à cause de la forme spéciale et caractéristique que revêt la semence du Napoleona imperialis. Nous nous proposons, M. Schlagdenhaulïen et moi, de revenir ailleurs sur cette graine intéressante.

(l) Il sullit de 0 gr. 03 d"e.\trait alcoolique injectés sous la peau pour faire mourir en 5 heures une grenouille ; un cobaye de 3oO gr., injecté de 0 gr. OS du môme extrait, succombe du jour au lendemain.

ICDOUAIUJ IIIÏCKEL

Je reçois, au moment du tirage de cette feuille, sur le Kola du Congo, le document suivant qui présente un réel intérêt et que je dois à M. A. Goujon, explorateur de la Haute-Sangha :

(i Bania, 7 Dclobre 1892.

» f)n U-ouvc le Kola dans loule la i-égion qui va de Urazzaville à Condé >, (AwAMAOïiA), .nais ce sont surloul les forêts qui bordent les ruisseaux de la H contrée entre Kadou et Manihéré qui semblent être son pays d'élection. Dans )i le Congo et la Sangha, les indigènes le màclient pour se teindre les dents .) en rouge : ils ne ravalent pas et le crachent après l'avoir mastiqué plus ou H moins longtemps. .Ton ai trouvé dans tous les villages oii à peu près et » lorsque j'en demandais, on allait clicrclier quelques amandes enterrées dans „ un endroit humide pour les conserver, mais ce n'est que dans les pays en « relations avec I'Ahamaoiia qu'il fait l'objet d'un grand commerce. Là, il est „ classé |.ar crus, comme les grands vins, porte le nom de son lieu de prove- ., nance et se vend à' un cours qui résulte de la qualité et des quantités existantes „ sur le marché, .l'ai vu à Gaza le prix de l'amande varier de 15 a 60 cauris. ,1 Le Rola le plus estimé est celui du pays des Bayanda dit : Kola Bafio.

11 doit celle préférence à la durée de sa conservation à l'état frais qui )i dépasse trois mois et à l'absence d'ôpreté.

V A parti" du Bein-Nasoimj, le Kola n'est plus exporté- vers le Nord parce „ qu'il ne se conserve pas. Celui de Condé est même à peine consommé dans le „ pays à cause de son âcrelé qui tient, je suppose, à ce que, à l'aUilude de ce 11 point, il ne mûrit qu'imparfaitement.

„ Je n'ai rencontré ici (à Bania), que la grosse variété de Libreville qui, „ lorsqu'elle est parfaitement mîire, est d'un rose assez vif (1). Je nai pas vu „ de Kola blanc. Ce quon désigne ici sous ce nom. c'est le Kola rose non dépouille „ de sa pellicule qui, vous le savez, est d'un blanc presque laiteux. C est 1 amande, „ ainsi revêtue de sa tunique, qu'on donne aux gens que l'on veut assurer de „ ses sentiments pacifiques et avec lesquels on désire demeurer en paix. Cesl „ du moins ainsi qu'à deux ou trois reprises, elle m'a été oRerte par des gens „ qui paraissaient fort redouter de se mettre mal avec moi. »

(1) Je pense que M. A. Goujon fait ici allusion au Cola digitala Mast ( Om[;eW mvolo Ivovo des Pahouins), dont la graine, nous l'avons ^u. veiM)nd bien au signalement ci-dessus et n'a du reste aucune valeur voir P^Sf ^, f '^^^^ au Kola du Congo et de la Sangua, c'est évidemment le Cola Ballayt

qui le fournit.

Page 1