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THÉ

Protoxide de manganèse.

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(1) « Les chiffres consignés dans ce tableau sont tirés, en ce qui concerne le café, » le cacao et le tlié, de l'excellent ouvrage du D'' J. Konig sur la composition )) des substances alimentaires fZusammansetzung der menschlichen Nahrungs )) und Genussmitlel). Les chiffres exprimant la teneur en amidon, du café et du n thé sont puisés à d'autres sources. Les analyses publiées par Konig, auxquelles » nous sommes reportés, ne donnent pas d'indication h ce sujet.

)) Il n'est pas inutile de rappeler que certains principes entrent dans les pro- » portions très variables dans la composition du cacao; tels sont en particulier » ramidon et la cellulose, dont la teneur dans le cacao brut peut varier de 0,3 à n 'l7,5 et de 3,55 à 30 0/0.

« La teneur en matières azotées n'est pas calculée de la môme manière par tous » les auteurs. C'est ainsi que si l'on calculait la richesse du Kola en matière azotée )) delà même manière que pour le café (par simple soustraction du poids de la )) caféine du poids des matières azotées) on trouverait au lieu de 10, 12 %, 11,5 Vo

(2) Documents sur les travaux du laboratoire municipal de Paris, p. 547.

(3) Même origine, p. r>60.

« 11 résulte des chiffres ci-dessus, que les alcaloïdes (caféiue et )) théobromine), auxquels tous ces produits doivent leur effet )) stimulant (1), se trouvent à peu près en même quantité dans le )) Kola, le thé, le café et le cacao.

» Les matières protéiques qui constituent un des éléments » nutritifs les plus essentiels se trouvent également à peu près en » quantités égales chez toutes ces substances ; le thé seul en contient )) beaucoup plus. Mais il est bon de rappeler à ce sujet que son » mode d'emploi sous forme d'infusion ne permet d'en utiliser » qu'une faible partie. Cette remarque peut, du reste, s'appliquer )) aussi bien au café!

» On sait que les matières grasses sont généralement considé- )) rées comme étant d'une digestion difficile; à cet égard, le Kola, )) qui en contient très peu, jouit d'une réelle supériorité sur le » cacao, même dégraissé, qui contient encore de 10 à 25 pour cent » de matières grasses.

» La cellulose, dont l'assimilation n'est pas non plus très aisée, )) se trouve également dans le Kola en très petite quantité, et qui » plus est sous sa forme la plus digestible, c'est-à-dire sous une » forme non encore lignifiée.

)) Par sa très forte teneur en amidon, le Kola présente aussi des » avantages très réels sur le thé, le café et le cacao, car personne » n'ignore la facilité avec laquelle l'organisme s'approprie ettrans- )) forme les matières amylacées. Comme vérification de ce que nous )) venons de dire, nous avons commencé des expériences qui » démontrent la facilité avec laquelle le Kola est assimilé; nous » avons soumis la substance pulvérisée à l'action des ferments, et » nous avons pu constater une rapide et presque complète disso- » lution du Kola.

)) Au point de vue de la composition des cendres, il est égale- » ment avantageux de pouvoir constater une forte proportion )) d'acide phosphorique, ainsi que de manganèse et de fer, ces corps » étant essentiels pour l'organisme.

» Le Kola ne présente pas seulement des avantages sérieux au

(1) MM. Chodat et Chuil ont complètement passé sous silence l'action neuromusculaire très importante, comme nous le verrons, du rouge de Kola qu'ils n'ont pas su isoler et qu'ils ne connaissaient pas, malgré nos travaux bien antérieurs aux leurs et qui en faisaient mention.

ÉDOUARD HECKKF.

)) point de vue de sa composition. Comme produit alimentaire, il » jouirait encore d'une propriété remarquable; ses caractères chi- » miques et microscopiques sont tellement accusés, tellement nets, » que toute espèce de falsilication devient en quelque sorte )) impossible.

)) En effet, par sa richesse en amidon et sa très faible teneur )) en cellulose, et surtout en cendres et matières grasses, il n'est )) comparable à aucun produit similaire; chimiquement parlant, )) ou aurait donc là des moyens très simples pour constater sa » pureté; d'autre part, l'examen microscopique des cellules qui le » constituent ne décèle pour ainsi dire aucun élément de scléren- » chyme; l'amidon apparaît de môme sous une lorrae particulière, )) de sorte qu'au moyen de ces contrôles il n'y a pas possibilité de » se méprendre. A une époque comme la nôtre, où tous les produits » tendent à être sophistiqués, ce n'est certes pas un avantage de

» petite importance. »

Comme on vient de le voir, cet important travail analytique, dû à deux savants Genevois, ne renferme en fait de donnée nouvelle que l'examen chimique approfondi des cendres et les qualités alimentaires du Kola. Le liouge de Kola, corps si important que nous avions cependant mis à jour bien avant l'étude de MM. Chodat et Chuit, n'y est pas retrouvé; il n'en est plus fait mention. Plus heureux que nous, qui n'avions pu le défmir chimiquement, un savant allemand vient de reprendre l'étude du Kola, et, non seulement il a retrouvé le Rourje de Kola, mais encore il a pu en fixer le rôle chimique et en étudier les principales propriétés. Son étude, que nous allons examiner à fond, parce qu'elle donne le dernier mot de la science sur ce point contesté de l'existence de notre rouge de Kola laisse encore place à quelques recherches chimiques sur les propriétés de ce produit intéressant et nous les avons entreprises, M. Schlagdenhauffen et moi, avec quelque succès, ainsi qu'on va le voir plus loin.

Dans notre mémoire sur les Kolas africains, publie en 1883, uous nous étions contentés d'isoler sous le nom de rouge de Kola, un principe que le Knébel a appelé Kolanine (1), mais nous avions fait remarquer dès cette époque que l'action de la chaleur avait

(1) Apotheker Zeilung, Berlin, mars 1892, p. 112.

pour effet de mettre en liberté une certaine quantité de caféine.

Nous avions indiqué en outre que la graine soumise à la /»flsi«ca^«ow présente d'abord une certaine amertume qui est remplacée plus tard par une saveur douceâtre; et plus loin (p. 19) que (( en faisant tremper dans l'eau pure pendant deux jours seulement )) les graines desséchées et devenues moins ambres, on le voit reprendre » à peu près leur amertume primitive. » Quoiqu'il en soit, c'est à M. Knébel que revient l'honneur d'avoir reconnu la nature complexe et glucosidique du produit incomplètement étudié jusqu'alors et c'est un grand point éclairci désormais.

Ce savant a pu révéler, par ses recherches faites au laboratoire pharmaceutique de l'Université d'Erlangen, l'existence dans les graines de Kola d'un ferment qu'il a isolé, dont il a reconnu le pouvoir saccharifîant sur l'amidon et auquel il attribue la cause du dédoublement de notre rouge de Kola qui est saKokmine. Cedernier glycoside se transforme sous l'influence de ce ferment en caféine, en glucose et en un autre produit, auquel il conserve le nom de 7^ouge de Kola, mais qui naturellement diffère entièrement par sa composition et ses propriétés de celui que nous avions désigné sous ce nom.

Le dédoublement de la Kolanine s'effectue en présence de l'eau seule : c'est à cette transformation moléculaire qu'il faut rapporter le changement de saveur signalé par les nègres africains qui ont l'habitude de mâcher les graines de Kola, ainsi que par les savants qui rendent compte de leurs impressions gustatives.

La /fo/anme éprouve les mômes modifications en présence des acides minéraux faibles et même plus rapidement, dans l'espace de quelques minutes, au contact du chlorure d'acétyle. Quand on ajoute de l'eau, au produit de cette dernière réaction, la caféine se dissout en même temps que la glycose et le dérivé acélylique du rouge de Kola se dépose sous forme de précipité jaune.

L'analyse élémentaire du composé désigné par Knébel sous le nom de rouge de Kola répond à la formule Cl* H13 (0H)5 . En opérant sur des noix de Kola, d'origine diverse, le dédoublement du glucoside a fourni les résultats suivants :

ÉDOUARD HECKEL

II It 1 1 1> 1*. Ul\0 U n A 1 1> 1 j3

rAFPINV 0/,.

GLUCOSE °/o

MATIÈRE COLORANTE "/o

renferniaul de la Kolanine

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fia l'ion . .

j Centre de l'Afrique. .

Mais l'auteur n'indique pas d'une manière explicite si, avant d'opérer le traitement des graines en présence des acides chlorhydrique ou sulfurique. il avait eu soin d'enlever préalablement la caféine libre par l'action d'un véhicule approprié, le chloroforme par exemple. Dans le but d'élucider cette question qui présente pour nous un doul)le intérêt d'abord comme contrôle de nos précédentes opérations et ensuite comme vérification des travaux du Knébel, nous avons débarrassé la poudre impalpable de graine de Kola (de Sierra-Leone, originaire du Rio-Pongo) de la totalité de la caféine qu'elle contient à l'état libre. Nous ferons remarquer en passant (pour ceux qui voudraient la reprendre) que cette opération est très longue : pour obtenir avec 20 gr. de matière le résultat désiré, nous avons dû faire fonctiomier un appareil a déplacement continu pendant 12 jours consécutifs, fonctionnant du matin à 6 heures jusqu'au soir à 9 heures, d'une façon ininterrompue.Le ballon de l'appareil renfermait constamment de minimes quantités d'aiguilles soyeuses. Nous avons cessé l'épuisement lorsque le chloroforme n'entraînait plus, le dernier jour, qu'une trace d'alcaloïde, évaluée par comparaison avec une liqueur titrée (contenant 0 gr. 05 à 0 gr. 000025 de caféine. La poudre a été ensuite desséchée à l'étuve à 100°.

On a prélevé trois lots de 5 gr. chacun, destinés à être traités par 1° l'eau à froid, 2° l'eau à la température du bain-marie bouillant 3° l'acide chlorhydrique étendu bouillant. Le traitement a duré 6 heures pour les trois opérations. On a filtré les liquides. 1000° environ, et l'on a épuisé par du chloroforme dans les entonnoirs à robinet. La solution chloroformique évaporée a abandonné des cristaux aiguillés de caféine, entièrement blancs. Le poids

des résidus provenant de 5 grammes de poudre sont indiqués cidessous :

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