‹ Les kolas africainsChapitre 36 sur 49 · H \ CH-^H · texte numérisé non relu

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Acide urique. Gafôine.

Mais quelque séduisantes que paraissent ces interprétations théoriques, il est difTicile de se rendre compte de la manière dont se forment les produits d'oxydation de l'alcaloïde.

Etude chimique du Kola male {Garcinia Kola Heckel).

Noix fraîches.

Elles sont produites par une guttifère {Garcinia Kola Heckel) et les indigènes de certains points de la côte africaine les emploient aux lieu et place du vrai Kola. Le prix de ces graines n'est pas moins élevé que celui des produits du Cola acuminata.

Nous avons déjà étudié au chapitre l«r l'histoire naturelle de cette graine (voir pages 106 et suiv.). il reste à en donner l'analyse chimique telle ([u'elle a paru dans notre première monographie des Kolas africains (1884).

Le poids des graines varie : les plus grosses pèsent 5 gr. 75.

les plus petites pèsent 2 gr. 90.

soumises à la dessiccation, elles perdent des quantités d'eau considérables variant de 25 à 50 p. 100.

Extraction au chloroforme. - Traitées par le chloroforme dans un appareil à déplacement continu à chaud, elles fournissent un liquide jaune qui, évaporé à siccité, se réduit à un extrait brunâtre correspondant à 3.833 p. 100 de matière employée.

Cet extrait bouilli dans l'eau comme celui de la noix de Kola, ne cède rien à ce véhicule. La solution aqueuse évaporée n'abandonne qu'un résidu imperceptible; additionnée d'un peu de chlore, anrès concentration convenable, elle ne donne point de coloration rouge. Le brome en vapeur ou l'eau bromée ajoutée au produit d'évaporation de la solution aqueuse, ne produit pas plus d effet, soit isolément, soit en présence de l'ammoniaque. Gomme 1 opération a été exécutée avec 80 grammes de matière première, nous

pouvons afTirmer, d'après ce résultat négatif, que la noix fraîche ne renferme pas de caféine.

L'extrait chloroformique se dissout parfaitement dans l'éther, l'alcool ordinaire, l'alcool mélhylique, l'acétone et l'acide acétique. Il est peu soluble dans la benzine et presque insoluble dans l'essence de pétrole et le sulfure de carbone. La solution alcoolique colore en violet les sels ferriques, et le liquide ainsi obtenu ne précipite pas au contact de la potasse et de l'ammoniaque. Cette solution d'une belle teinte vineuse ne présente aucune action spéciale sur le spectre.

Extraction à l'éther. — Lorsqu'on emploie l'éther aux lieu et place du chloroforme, on obtient une solution un peu plus colorée. L'extrait éthéré sec est beaucoup plus foncé que l'extrait chloroformique, son poids est aussi plus élevé que le précédent. En laissant fonctionner l'appareil pendant douze heures, comme pour la première opération, nous avons retiré 4 gr. 525 p. 100 d'extrait. Il s'agit ici d'une extraction faite avec des noix non épuisées par le chloroforme. Le résidu éthéré ne contient pas de caféine. L'extrait éthéré renferme deux composés parfaitement distincts qu'il est facile d'isoler à l'aide de la benzine. Ce véhicule, en effet, dissout très bien la résine brune, tandis qu'il laisse presque insoluble une autre résine blanche à raies colorées en jaune. A l'aide de quelques tâtonnements, on finit par obtenir une séparation complète. La résine brune est parfaitement fusible à la température du bainmarie, elle est hygrométrique et se ramollit au contact de l'air, tandis que la résine blanche est dure et ne fond que difficilement.

La résine blanche se dissout parfaitement dans l'alcool, l'acétone et l'acide acétique; elle résiste à l'action du sulfure de carbone, du pétrole et de la benzine. Sa solution alcoolique se colore, au contact des sels ferriques, en violet foncé.

Extraction à l'alcool. — Après avoir épuisé 80 à 100 grammes de matière par de l'éther ou du chloroforme, nous soumettons la poudre, préalablement desséchée à l'étuve, à l'action de l'alcool dans le même appareil : au bout de vingt-quatre heures, l'opération étant terminée, nous retirons du ballon un liquide d'un beau jaune qui, soumis à l'évaporation au bain-marie, fournit un extrait jaune paille. En ajoutant de l'eau à cet extrait, il se dépose une matière

EDOUARD HECKEL

résineuse jaune et il se dissouL uuc {>iaii(le (|Uiiutité de glucose et de tannin.

Le poids de l'extrait alcoolique est de 14,518 p. 100, dont 5gr. 135 sont constitués par une résine analogue à celle que nous avons obtenue par le chloroforme et l'éther. La solution aqueuse, débarrassée d'une grande quantité de matière colorante par le charbon animal, dévie fortement la lumière polarisée à droite et précipite par la gélatine, le tartre stibié, l'acétate plombique et triplombique.

Elle se colore en brun en présence de la potasse et de l'ammoniaque, précipite en brun verdâtre les sels ferrique, en brun les sels d'urane, et renferme par conséquent de la glucose et du tannin.

Le dosage à l'aide de la liqueur de Bareswil fournit 3 gr. 750 de ' glucose.

Il resterait par conséquent 5 gr. 430 de tannin mélangé à la matière amère, dont le goût persistant se révèle quand on essaye de broyer la noix entre les dents.

La résine blanc jaunâtre extraite au moyen de l'alcool, comme nous l'avons dit plus haut, présente les mômes caractères que ceux fournis par l'extraction éthérée ou chloroformique. Elle se colore, comme les précédentes, en violet au contact du chlorure ferrique.

L'extrait alcoolique ne fournit pas de caféine. La solution légèrement acidifiée ne précipite ni par les iodures doubles de mercure et de potassium, ni par le phosphomolybdate de sodium et ne se colore pas en présence du chlore et de l'ammoniaque.

L'examen des autres parties de la plante nous a fourni les résultats suivants :

A. — PÉRISPERME.

L'enveloppe de la graine {arille et spermoderme), traitée par les divers véhicules ci-dessus : le chloroforme, l'éther, l'alcool, ne leur cède qu'une matière colorante brune, qui ne présente pas d'action spéciale au spectroscope. La solution éthérée, par exemple, traitée par l'acide chlorhydrique concentré ne révèle pas trace de chlorophylle, puisque la couche inférieure, celle qui est fournie par l'acide n'a pas la moindre coloration verdàlre.

Les alcalis enlèvent à cette enveloppe les mêmes principes colo-

rants que l'éther, le chloroforme et l'alcool, mais d'une manière plus complète et la solution alcoolique précipite abondamment par les acides. Comme l'étude de cette matière colorante ne semble pas ofirir de grand intérêt, nous n'avons pas poussé plus loin nos opérations.

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