‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 135 sur 152 · Recherches des délinquants · texte numérisé non relu

Recherches des délinquants

Voici une coutume intéressante à noter. Lorsqu'un homme a commis un meurtre, il réduit en poudre l'écorce amère d'un arbre appelé Kiré. Pour obtenir cette poudre, il écrase l'écorce sur une pierre en se servant d'un gros caillou. Puis, il en fait un breuvage, qu'il avale. Il se place ensuite au pied de l'arbre et s'y rase complètement la tête. Il accomplit tout cela pour ne pas être puni de mort par « Uletet » (l'ombre de la victime), à cause de son crime.

Lorsqu'il s'agit du vol d'une lance ou d'un autre objet n'ayant pas plus d'importance, on ne s'occupe guère de rechercher le coupable, car on a la conviction qu'on ne le trouvera pas. Mais, s'il s'agit de la capture d'une tête de bétail, on suit les traces de la bête.

Dès que l'on est en possession des preuves que l'on cherchait, on agit d'après les différentes circonstances que j'ai indiquées.

Dans *les cas où le chef de l'Eau est requis, il s'entoure de ses proches, fils, frères, oncles ; il écoute les parties et prête l'oreille aux avis de son conseil familial; puis, il rend son jugement et l'exécute séance tenante.

Il est, de certaine façon, rémunéré pour le service qu'il a rendu. S'il a bien jugé en matière de vol, il est régalé avec de la viande et de la bière. Si l'on est satisfait de lui dans un cas de viol ou d'adultère, on lui

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. F, c, i6§.

donne une vache ou une chèvre. Pour un meurtre^ l'expression de la satisfaction se manifestera par la remise de deux ou trois têtes de gros bétail ou une rémunération équivalente.

En réalité, le juge est toujours rémunéré, et les frais de cette rémunération sont toujours supportés par celui au profit de qui le jugement à été rendu.

Si le chef de l'Eau doit juger un cas grave, son conseil, en arrivant sur les lieux, se trouvera renforcé de tous les gens que la curiosité aura incités au passage du cortège, mais personne autre que les conseillers familiaux ne donnera son avis au moment opportun.

Lorsque l'auteur d'un meurtre reste inconnu ou que l'on a des doutes sur la cause de la mort d'un individu, on a recours au sorcier, qui se met à opérer en cette circonstance dans les conditions dont j'ai déjà donné une description. Si les plaques de cuir qu'il agite, ou l'une d'elles, au lieu de tomber sur la peau ou les fétus, se dirigent vers une personne de l'assemblée, un jugement de culpabilité est prononcé contre elle. Les parents de la victime s'emparent alors du condamné, l'entraînent hors du village et le mettent à mort. C'est le seul cas où un homicide ne soit pas suivi de représailles; les proches du malheureux acceptent l'arrêt de l'esprit.

Vanden Pkas.

F. — Vie sociale.

c) Coutumes juridiques.

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