Soins de propreté
Les Kuku ne se lavent point habituellement. A la saison sèche, par exemple, les lavages sont tout à fait nuls. A la saison des pluies, m'ont dit les indigènes, on se lave en revenant du travail des champs; le décrassement se ferait isolément au ruisseau. En dehors de ces cas, on se laverait, paraît-il, tous les deux jours à midi. En réalité, je n'ai jamais vu les gens se laver par habitude, mais j'ai toujours remarqué qu'hommes et femmes rentraient chez eux après leurs travaux agricoles sans se donner la peine de se décrasser. Une seule fois, j'ai assisté à une baignade de mes porteurs. Ceux-ci avaient fait une longue marche et étaient couverts de sueur. Arrivés devant une rivière, ils s'y plongèrent, burent et se lavèrent en ramassant l'eau dans le creux des mains et en se la jetant sur la poitrine et le dos.
Les ablutions, même les plus nécessaires, sont méconnues. De ce fait, les hommes donnent une explication en ce qui concerne les femmes : « Si elles se lavaient les parties sexuelles » , disent-ils « elles compromettraient leur fécondité et nous aurions moins d'enfants. »
J'ai vu un jour une femme laver son enfant debout devant elle en lui envoyant de la bouche des jets d'eau sur tout le corps.
Tous, hommes, femmes, enfants, sont sales et répugnants. Ils s'asseoient et se couchent par terre, partout
Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, a, 10.
où ils peuvent le faire assez commodément, et ils ne prennent pas soin, après cela, de se débarrasser de la terre, sable ou boue, qui adhère à leur peau.
Les hommes et les femmes répandent autour d'eux une odeur désagréable due au fait qu'ils se lavent le corps avec de l'urine de vache. Car, s'ils ne procèdent pas aux lavages et ablutions tels que nous les comprenons, ils recherchent beaucoup l'urine de vache comme l'équivalent de l'eau parfumée. Dès qu'un gardien du bétail s'aperçoit qu'une bête se dispose à uriner, il se présente avec un récipient et reçoit précieusement le liquide. Celui-ci est conservé plusieurs jours : dix, quinze, même davantage. Plus il est vieux, plus aussi il est prisé. Pendant tout le temps qu'il met à rancir, il est utilisé non seulement pour les ablutions extérieures du corps, mais encore pour le lavage des dents. Il en résulte que les gens puent autant de la bouche que du reste. Interrogés sur le motif qui pouvait bien les inciter à se servir de ce liquide nauséabond, les indigènes m'ont répondu qu'ils agissaient ainsi pour exhaler une bonne odeur « une odeur forte. »
Ils s'enduisent aussi le corps d'huiles et de graisses diverses. Les huiles employées proviennent du sésame, de l'arbre à beurre et d'un fruit que les riverains du Nil procurent aux Kuku en échange d'une quantité déterminée de leurs produits alimentaires. L'huile d'arachide est également utilisée à l'état naturel pour l'entretien du corps. Toutefois, sous ce rapport, son usage le plus commun se présente sous la forme d'une graisse fabriquée par un procédé particulier. Les femmes disposent sur une pierre large et plus ou moins plate des morceaux de terre rouge durcie et préalablement cuite, qu'elles écrasent ensuite au moyen d'un gros caillou. Elles obtiennent ainsi une sorte de poudre
(Poss. : Anglo-Egyptiennes).
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qu'elles mélangent avec de l'huile d'arachide. Le produit de l'opération est représenté par une graisse dont elles s'enduisent le corps. Elles se servent aussi parfois de la poudre sans adjonction d'huile; elles apparaissent alors comme enveloppées des pieds à la tête de poussière de brique. Les hommes emploient rarement la graisse dont il vient d'être question ; il arrive souvent que certains, tranchant sur la masse, se fardent à l'instar des femmes.
L'huile entrant dans la composition de la graisse provient aussi très souvent du sésame et du fruit de l'arbre à beurre. Ces deux huiles sont même beaucoup plus employées à cet effet que celle de l'arachide.
Les morceaux de terre durcie, m'a-t-on dit, sont apportés aux femmes par des Madi qui les cèdent en échange de produits alimentaires. Les Madi les retirent des tas de terre rouge auxquels ils ont mis préalablement le feu. J'ai vu cependant des Kuku faire eux-mêmes l'extraction de la terre destinée à l'usage décrit précédemment.
Vaxdex Plas.
Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, a, 10.
KUKU
(Poss. : Auglo-Egyptiennes).
a) Soins donnés au corps,