‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 28 sur 152 · Espèce de nourriture · texte numérisé non relu

Espèce de nourriture

La base de l'alimentation est végétale. Les Kuku mangent très peu de viande. Ils n'en font usage que dans des circonstances exceptionnelles. Dans le train de vie ordinaire, ils se nourrissent de végétaux. Lorsqu'il leur arrive de tuer une bête, veau, chèvre ou mouton, ils en retirent les excréments. Ceux-ci sont placés dans une sorte de sachet formé d'herbes tressées par les femmes, et affectant la forme allongée des vessies dans lesquelles on conserve la levure en Belgique. Le sachet est pressuré entre les mains, et le jus qui en tombe est bouilli avec la viande. Celle-ci est préparée d'après une recette fort simple : elle est d'abord coupée en petits quartiers, puis très prosaïquement soumise à l'ébullition.

La viande provient le plus souvent d'animaux domestiques tirés des troupeaux de bœufs, de moutons et de chèvres, que l'on élève dans presque tous les villages. Les poules sont aussi l'objet d'un élevage très répandu ; mais elles n'entrent pas dans l'alimentation des natifs. Le gibier est très rarement employé, parce que les Kuku chassent fort peu.

Les végétaux utilisés dans l'alimentation courante sont cultivés. On mange aussi, mais plus rarement, des végétaux naturels. Certains fruits provenant d'arbres sauvages sont également employés.

Le lait est très en honneur. Il est mêlé avec de

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, b, ao.

l'urine de vache avant d'être bu. Nous avons vu que le Kuku recueillait précieusement l'urine de ses bêtes. Le récipient dont il se sert à cet effet n'est autre qu'une moitié de courge sectionnée (fig. I.) Il ne s'agit pas ici de la cucurbitacée employée dans la cuisine. La courge en question n'est pas comestible. Ce sont les hommes à qui incombe la besogne de traire les vaches. Celui que j'ai vu remplir cet office commença par se verser de l'urine de vache sur les mains, puis il frotta celles-ci l'une contre l'autre à plusieurs reprises. Après avoir renouvelé deux ou trois fois ces soins préliminaires, ils s'empara du récipient qui contenait l'urine, et, s'accroupissant près de la vache, il se mit à la traire.

Parfois le lait est recueilli dans une minuscule cucurbitacée conservée dans sa forme .naturelle. Le goulot en est tellement petit que le têton de la vache doit presque y adhérer pour empêcher la dispersion du liquide.

Le mélange obtenu par la réunion du lait et de l'urine est bu tel quel ou répandu sur certains mets.

On l'introduit aussi dans la farine, que l'on pétrit ensuite de façon à en former une pâte.

Les huiles employées dans l'alimentation sont tirées des fruits du sésame, de l'arachide et de l'arbre à beurre.

Le sel est obtenu par l'incinération de la bouse. On se le procure aussi en mettant le feu à certaines herbes.

Voici comment on procède dans le premier cas :

Une certaine quantité de bouse, ou, à défaut de bouse, des excréments de chèvre ou de mouton sont placés, après complète dessication, aux différents étages d'un bûcher, en dessous duquel on met le feu. Les cendres subsistant après l'incendie sont déposées

KUKU

(Poss. : Anglo Egyptiennes).

B. 20 (suite).

dans un pot rempli d'eau. Lorsque la macération est complètement achevée, l'eau est filtrée et recueillie dans un récipient quelconque. Le filtre employé est le sachet dont il a été question au commencement de ce chapitre. C'est le liquide ainsi filtré qui tient lieu de sel.

Pour retirer le sel des herbes, on réunit en tas celles qui conviennent à cette fin et on y met le feu. On procède ensuite comme si la matière incinérée avait été de la bouse.

Le sel est employé de préférence avec les haricots. Les Kuku en sont très friands. Aussi le sel importé a-t-il beaucoup de succès. Il représente la marchandise la plus en faveur pour les échanges entre Européens et indigènes.

Ceux-ci se servent encore de la bouse séchée et réduite en poudre. Voici l'emploi qu'ils en font sous cette forme. La poudre est répandue sur le sol et légèrement mouillée; on y roule des graines d'éleusine qu'on remue de la main en tous sens; puis on les transforme en farine.

Les indigènes rognent volontiers la canne à sucre; mais ce plaisir leur est rarement procuré, le produit dont il s'agit étant fort peu répandu.

Les Kuku font aussi usage de certaines fourmis pour obtenir un plat qui est fort recherché.

Vanden Plas.

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt B, b, 20.

Les arbres à beurre (Bassia Parkii) qui abondent dans la région, leur fournissent une bonne partie de la matière graisseuse nécessaire à leur alimentation.

A. Chaltin, Belgique Colon. VI (1900), 6i7&-

KUKU

(Poss. : Auglo Egyptiennes).

B. — Vie matérielle.

b) Alimentation.

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