‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 32 sur 152 · Repas · texte numérisé non relu

Repas

Chaque femme cuisine pour son compte et prend ses repas avec ses enfants. Le mari se restaure tantôt chez l'une, tantôt chez l'autre. Quant aux esclaves, ils mangent généralement à part.

La règle en vertu de laquelle chaque épouse cuisine en particulier et se restaure en compagnie de ses enfants n'est pas d'une application rigoureuse. J'ai vu à cet égard des femmes appartenant à un même mari faire table commune avec l'époux et les enfants issus des différents lits.

Deux repas ont habituellement lieu chaque jour : le premier vers midi, le second vers le soir.

Le repas a lieu sans qu'il requiert, de la part de ceux qui y sont conviés, l'observance d'aucune règle de convenance sociale. La farine est conservée dans le pot où elle a été cuite; il en est de même pour la viande. L'huile est déposée sur une feuille ou dans le récipient tiré de la courge sectionnée et dont l'occasion de parler m'a déjà été donnée.

Les repas sont pris en plein air, à proximité de l'endroit où la ménagère a cuisiné. Les récipients contenant la nourriture sont posés par terre. Les personnes qui prennent part au repas se placent en cercle autour de ces récipients; les unes sont accroupies, les autres, assises sur une pierre ou un rondin ou tout bonnement par terre, les jambes allongées ou croisées

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, b, 2$.

à la mode « boudha ». Chacun saisit de la main un morceau de pâte ou de viande, qu'il trempe dans l'écuelle (cucurbitacée sectionnée) contenant l'huile. Le convive renouvelle ce manège jusqu'à ce qu'il soit rassasié. Le repas terminé, il s'essuie les doigts sur sa cuisse ou sur le premier objet qui se trouve à sa portée. Fourchette, cuiller, couteau, assiettes sont absents de ces réunions gastronomiques. Pour couper les gros quartiers de viande, on se sert d'un petit fer de lance, lequel tient lieu de couteau et est employé comme tel dans toutes les circonstances où il devient indispensable. L'eau bue au cours du repas est contenue dans une écuelle semblable à celle qui est utilisée pour conserver l'huile.

Il n'est pas défendu de regarder manger les indigènes, et ceux-ci se soucient fort peu de l'attention qu'un étranger, blanc ou noir, leur porte en cette circonstance.

Il n'y a aucune différence entre les repas des notables et ceux du vulgaire. Seulement les esclaves, je l'ai déjà dit, mangent à part.

Vanden Plas.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

B. — Vie matérielle.

b) Alimentation.

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