Excitants
Les Kuku font usage de certains excitants. Le tabac, par exemple, existe chez eux, mais la consommation qu'on en fait est très minime. Celui qui désire avoir de quoi fumer cultive quelques plants de tabac contre sa hutte. L'étendue de la culture se borne donc à très peu de chose ; elle est toujours strictement limitée aux besoins de celui qui l'entreprend. L'habitude de fumer n'est d'ailleurs pas très répandue. Cette remarque s'applique du moins à l'emploi du tabac, car il est à noter que l'indigène fume aussi le chanvre, mais il est difficile d'établir dans quelles proportions le mal s'étend, parce que l'usage de cette plante est caché et que la culture en est dissimulée dans des champs cultivés. Les habitants en sont arrivés à prendre ces précautions dans la crainte d'être surpris par l'autorité et de se voir, par conséquent, appliquer l'ordonnance du 22 janvier 1903, laquelle punit très sévèrement la culture, la vente, le transport et la détention du chanvre.
Le tabac est surtout fumé quand il fait froid. Je X>ourrais même affirmer que c'est presque exclusivement dans cette circonstance qu'il est employé. Pour combattre le froid, les Kuku, hommes et femmes, placent aussi une pincée de tabac sur la langue et la rejettent avec la salive, lorsque celle-ci est devenue amère. « Ça active la chaleur du corps », disent ils.
Les femmes usent de la pipe aussi bien que les
Kuku. Poss. : Anglo Egypt. B, b, 26.
hommes, mais je ne les ai jamais vues fumer en groupe. Quant aux hommes, ils se passent le calumet de bouche en bouche. Chacun prend son tour, après que le voisin a terminé. L'attente du fumeur est parfois marquée de signes non équivoques d'impatience. Je n'ai jamais remarqué qu'un homme fumait isolément.
]La pipe (fig. 5) en usage consiste en une cucurbitacée, dont le corps et la tige ont été évidés au moyen d'un bâtonnet solide et pointu. La tige tient lieu de tuyau, le corps remplace la tête de nos pipes. A la partie supérieure de cette tête, un petit trou est pratiqué, et, dans cette ouverture, est introduit un petit récipient en terre cuite et de forme conique. C'est la pointe du cône qui s'emboîte dans l'orifice. Cette pointe aboutit à un morceau de bambou évidé qui plonge verticalement dans une petite quantité d'eau. Une pincée de tabac pilé est placée dans le récipient conique et recouverte ensuite d'un morceau de bois incandescent. Le fumeur, en aspirant la fumée, produit à l'intérieur du calumet un bruit assez semblable à cette sorte de ronflement que font ensemble la salive et la nicotine dans une pipe mal nettoyée. Mais les deux bruits diffèrent par leur intensité : le ronflement est plus puissant dans le premier cas que dans le second.
Lorsqu'il fume, le Kuku aspire puissamment la fumée, jusqu'à ce qu'il en ait la bouche pleine. Il garde cette fumée pendant quelques instants, puis il l'évacué en écartant largement les lèvres. Souvent aussi il la rejette en même temps par les narines, en détournant légèrement la tête. La violence de l'effort provoque presque toujours une toux obstinée et l'apparition de larmes.
Avant d'être utilisées, c'est-à-dire réduites en poudre, les feuilles de tabac sont séchées au soleil. On les dépose dans ce but sur le sol. J'ai vu aussi une femme
KUKU
(Poss. : Anglo Egyptiennes).
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faisant sécher quelques feuilles à la chaleur d'un foyer, complétée par le procédé de la fumigation : elle les tenait au-dessus d'un feu de bois allumé près des piliers d'un grenier. La récolte et le séchage ne se font qu'au fur et à mesure que se manifeste le désir de fumer. Les feuilles ne sont donc détachées et séchées que partiellement et successivement. Aucune récolte ni préparation méthodiques n'ont lieu.
Parmi les excitants dont se servent les indigènes, figure aussi le poivre, connu au Congo sous le nom de pilipili. Ce piment intervient toutefois fort peu dans l'alimentation; il n'est utilisé, en général, qu'en cas de maladie. Autrefois, l'on n'en faisait pas usage; il était redouté, m'a-t-on dit, mais on n'a pu me dire pourquoi il produisait cet effet moral. On ignore de même sous l'influence de quelles idées l'opinion générale s'est modifiée à son égard.
Le kola n'existe pas.
Vanden Plas.
Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, b, 26.
KUKU
(Poss. : Anglo-Egyptiennes). -
B. — Vie matérielle.
b) Alimentation.