‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 35 sur 152 · Boissons · texte numérisé non relu

Boissons

Pour se désaltérer les Kuku boivent habituellement de l'eau. En mangeant, par exemple, ils n'emploient pas d'autre liquide que celui-là. Ils usent cependant aussi de bière, mais cette boisson n'est pas d'une consommation journalière. Ils fabriquent leur bière en utilisant l'éleusine ou le sorgho, et le produit qu'ils en obtiennent sous ce rapport constitue la seule boisson fermentée de fabrication indigène. Comme je viens de de le dire, elle n'est pas d'un usage journalier; on ne l'absorbe qu'en certaines circonstances que je noterai dans le cours de cette étude. La saison sèche, temps de désœuvrement pour l'indigène, marque l'époque où la consommation de la bière est la plus considérable.

La fabrication de cette boisson incombe aux femmes. Pour y procéder, elles commencent par débarrasser les grains d'éleusine ou de sorgho, suivant le cas, des pellicules qui les recouvrent ; elles se servent dans ce but d'un gros caillou, tenant lieu de molette, au moyen duquel elles les concassent légèrement. Les grains sont ensuite déposés dans un pot contenant de l'eau. Après deux ou trois jours, on les en retire et on les expose, éparpillés sur une cloison de grenier sectionnée, à l'action du soleil, qui les inonde de ses rayons pendant une journée. A l'issue de cette journée, on les concasse à nouveau, puis on les remet dans de l'eau pour deux mois. Au bout de ce laps de temps, on leur

Kuku. Poss. : Anglo Egypt. B, b, 27,

fait subir une nouvelle exposition au soleil, en les plaçant par petites portions sur la cloison dont il vient d'être question. On les laisse en cet état pendant deux jours. On les réduit ensuite en farine par le procédé décrit antérieurement au § 22. Le produit pâteux obtenu par cette dernière opération est bouilli. Cette ébullition épuise la série des travaux préparatoires. A ce moment, la bière est faite, elle n'a plus qu'à refroidir. Elle forme un breuvage légèrement chargé et possédant une saveur nullement désagréable. Elle est capiteuse et conduit rapidement à l'ivresse.

Dès qu'elle est fabriquée, les pots dans lesquels elle a bouilli sont alignés par les femmes à l'intérieur de la hutte, le long de la paroi, et recouverts par elles de larges feuilles, qui tiennent lieu de couvercle. Ces pots ne tardent pas à être vidés. Leur contenu, en effet, n'a été préparé que pour être consommé à bref délai.

Ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, c'est à la saison sèche que l'usage de la bière est fréquent ; les libations à cette époque sont copieuses et régulières. Aussi, pendant cette période de l'année, les femmes passent-elles une bonne partie de leur temps à fabriquer la boisson tant recherchée. Celle-ci se boit en famille, et l'on invite généralement quelques parents du voisinage à ces parties de plaisir. Les gens d'autres clans prennent aussi part à ces « beuveries » , s'ils surviennent pendant qu'elles ont lieu. Ils s'y rendent même dans cette intention et profitent largement de l'accueil sympathique qui leur est fait. Il est à noter que les réunions de l'espèce se composent presque toujours de personnes appartenant à une même tribu. Ces réunions sont parfois agrémentées de chants et de danses, dont l'effet le plus immédiat est de rendre plus aigùe l'excitabilité engendrée par la boisson. La quantité de bière absorbée dans ces circonstances est peu en rapport avec la capa-

KUKU

(Poss. . Anglo -Egyptiennes).

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cité des buveurs. Aussi l'ivresse est-elle le plus souvent la finale obligée de ces bacchanales.

En dehors des cas que je viens de citer, les Kuku boivent encore au cours des funérailles de leurs parents et de leurs amis. La bière que les femmes fabriquent en l'occurrence ne subit pas une préparation aussi longue qu'à l'ordinaire; le temps accordé au travail de fermentation se borne seulement à quelques jours.

Des deux espèces de bière dont font usage les indigènes, c'est la bière de sorgho qui est le plus employée.

Pour boire, les Kuku se servent de l'écuelle que j'ai décrite un peu plus haut. Ils la plongent dans le pot contenant l'eau et en retirent la quantité de liquide nécessaire. Ils employent aussi n'importe quelle feuille qu'ils replient de façon à lui donner la forme d'un vase.

Au passage d'un ruisseau, ils se désaltèrent en se servant de leurs mains. Ils se plient au-dessus de l'eau et, de la main ou des deux mains, ils font sauter le liquide jusque dans la bouche.

Les Kuku ne boivent ni vin, ni liqueur. Du reste, il n'y a dans la contrée aucun palmier donnant du vin.

Vanden Plas.

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, b, 27.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

B. — Vie matérielle.

b) Alimentation.

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