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Conservation des aliments

Les greniers sont privés. Le mari a ses greniers et chacune de ses femmes a les siens.

Les greniers affectent la forme d'un cylindre (fig. 6) reposant sur quatre ou six piliers et recouvert d'un toit (fig. 7) mobile de configuration conique avec élargissement à la base. Le cylindre est construit au moyen de bambous sectionnés dans le sens de la longueur et croisés entre eux suivant un plan vertical pour les uns et horizontal pour les autres. Le toit est également constitué par des bambous sectionnés qui s'entrecroisent, sans, toutefois, se juxtaposer comme dans le premier cas. Cette armature supporte une couverture faite de graminées ou de longues herbes ramassées sans art et retenues aux bambous par des liens naturels.

La construction, dont je viens de détailler les éléments constitutifs, est assise sur un tablier (fig. 8-9) semblable à celui que j'ai décrit lorsque j'ai parlé des lits sur lesquels les indigènes se reposent le jour pendant les heures où le soleil est le plus ardent. Ce tablier est, comme dans le cas précédent, pris par ses traverses dans les fourches des piliers qui servent de soubassement. Entre le tablier dont il s'agit, et la base du cylindre, est placé un genre de paillasson circulaire formé aussi de bambous sectionnés et croisés entre eux. Cylindre et paillasson sont, de façon à constituer une

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«eule pièce, collés l'un à l'autre par une couche de terre durcie et mélangée avec de la bouse. Cette précaution a pour but d'empêcher les rats de s'introduire dans le réservoir.

Les greniers sont d'inégales dimensions. Il y en a de grands, de petits et de moyens. Voici les dimensions d'un grand grenier :

i° Circonférence du cylindre : 4 mètres et 3 centimètres ;

2° Hauteur de ce cylindre : i mètre et 37 centimètres ;

3° Pourtour du toit, au rebord : 7 mètres et 90 centimètres ;

4° Hauteur des piliers, du sol à la naissance de la fourche : 4^ centimètres;

5° Distance entre les piliers extrêmes : 1 mètre et 6 centimètres.

La disposition des piliers ne présentait pas un carré, mais un rectangle, et c'est la mesure entre les piliers les plus distancés entre eux que j'ai prise. Dans ce casci, il y avait, de chaque côté du rectangle, un pilier intermédiaire entre les piliers les plus éloignés l'un de l'autre. Il y avait donc six supports, tous constitués par des troncs naturels relativement minces.

Voici maintenant les dimensions d'un petit grenier :

i° Circonférence du cylindre : 1 mètre et 79 centimètres ;

20 Hauteur de ce cylindre : 66 centimètres;

3° Pourtour du toit, au rebord : 3 mètres 54 centimètres ;

4° Hauteur des piliers, du sol à la naissance de la fourche : 90 centimètres;

5° Distance entre les piliers : a) dans le sens de la longueur : 69 centimètres; b) dans le sens de la largeur : 58 centimètres.

Lorsque le grenier est petit, on se borne quelquefois

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à placer, suivant la longueur du parallélogramme, deux traverses dans les fourches des piliers : la première d'un côté et la seconde de l'autre. Le paillasson, dont il a été question tout à l'heure, repose alors seulement sur ces deux traverses, tandis que, dans les autres cas, il est couché sur l'ensemble des troncs juxtaposés qui forment le tablier.

Les greniers ayant les dimensions les plus petites servent à l'emmagasinage du sésame et de l'arachide; les grands sont utilisés pour la conservation de l'éleusine, du sorgho et des haricots.

L'emploi de greniers n'est pas l'unique mode en usage pour la conservation du produit des récoltes. Les Kuku connaissent aussi l'ensilage; cette pratique est toutefois fort peu répandue. Je n'ai rencontré qu'un seul cas de l'espèce. Il s'agissait d'ensiler des graines d'arachide destinées aux semailles. Le trou qui les renfermait se présentait avec la configuration d'un dé à coudre ; il mesurait 70 centimètres de profondeur, et son orifice avait un diamètre de 4° centimètres. L'amas de noix était recouvert de tiges et de feuilles mortes.

Avant d'être mis en grenier, les produits destinés à devenir plus tard des aliments sont soumis à l'action dessiccative du soleil.

Le sésame est suspendu, à cet effet, à des échalas (fig. 10) dont la construction rentre dans les attributions du mari. Trois perches, de 2 à 3 mètres de haut, sont plantées dans le sol suivant une ligne droite et à peu près à égale distance (im5o à 2 mètres) les unes des

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autres. Des bambous sectionnés sont attachés horizontalement sur ces perches, à partir de 80 centimètres du sol jusqu'au sommet. Ces tiges sont superposées, les unes par rapport aux autres, à des intervalles réguliers de 26 à 3o centimètres. Les liens, qui retiennent entre eux les pieux et les traverses, proviennent de fibres végétales grossièrement arrangées pour la fin à laquelle elles doivent servir. Les tiges de sésame sont coupées sur pied par les hommes et les femmes, puis transportées dans des paniers jusqu'à l'endroit où se dressent les échalas. L'homme se hausse sur la première traverse pour attacher au sommet les grappes qui lui sont remises par sa femme. S'il s'agit de les attacher dans les parties basses, chacun travaille de son côté à cette besogne. Les tiges se superposent et s'amoncèlent de façon à former finalement un amas compact qui, vu à une certaine distance, ressemble assez bien aux abat-son d'un clocher. Lorsque les capsules contenant les graines sont séchées, la femme prépare un emplacement à proximité des échalas. A cet effet, elle recouvre l'endroit choisi de bouse séchée et réduite en miettes; sur ce sable, sui generis, elle étend une peau de vache. Une aide, debout sur la première .traverse, détache les tiges supérieures et les passe à sa compagne qui les secoue et les frappe au moyen d'un bâtonnet au-dessus de la peau. Quant aux grappes inférieures, chaque femme en détache sa part et exécute de son côté le travail décrit en dernier lieu. Par ce procédé, les graines, comme on l'aura déjà deviné, sont projetées violemment hors des capsules et tombent sur la peau, d'où on les enlève ensuite pour les déposer dans un panier. Le contenu de ce dernier est versé dans un petit grenier.

L'éleusine est récoltée, à peu de chose près, de la même façon que le sésame, mais elle est séchée dans

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d'autres conditions que celui-ci. Les grappes sont arrachées à la main par les hommes et les femmes et jetées dans un panier, que l'on transporte au village. Dès leur arrivée, elles sont soumises à l'action dessiccative du soleil. Pour en effectuer la cueillette, les récolteurs s'accroupissent devant la plante et placent le panier à côté d'eux. Lorsque le séchage des graines est terminé, le produit est placé dans un grenier.

La récolte et la préparation du sorgho se font dans des conditions semblables à celles que je viens de décrire pour l'éleusine. L'épi est coupé par l'homme et par la femme et jeté dans le panier posé à coté du récolteur. Pour effectuer cette cueillette, ce dernier, cela va de soi, ne s'accroupit pas au pied de la plante, comme il le fait pour enlever le sésame et l'éleusine. Il reste debout, fait ployer la tige, beaucoup plus haute que lui, et coupe la grappe. La tige, amputée de son fruit, se redresse et reste en place.

Pour être exposées au soleil, les grappes d'éleusine et de sorgho sont répandues à un endroit du sol qui a été préalablement recouvert de bouse séchée et réduite en miettes. Il arrive aussi que les épis de sorgho soient attachés au sommet d'une perche ou aux piliers des greniers, mais cet usage n'est pratiqué que lorsque le produit ne doit pas tarder à être consommé.

Lorsqu'il s'agit de récolter des arachides, l'homme se sert de sa houe (fig. n et 12). Au fur et à mesure qu'apparaissent les gousses déterrées, la femme les ramasse et les dépose dans un panier. Rentrée au

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village, elle les répand sur le sol. Dès que la dessiccation s'est accomplie, les gousses sont rassemblées dans un panier et portées ensuite au grenier.

Les haricots sont enlevés à la main par la femme et déposés dans le panier, dont elle s'est munie pour se rendre aux champs. La série des procédés, une fois la récolte ramenée au village, est identique à celle qui vient d'être décrite. Les graines sont conservées dans leurs gousses et jetées telles quelles au grenier.

Quant au millet, il est récolté avec une partie de sa tige et suspendu ensuite au bout d'une perche ou bien éparpillé sur une table, construite d'après le modèle des lits dont j'ai parlé au numéro y. Ce qui différencie cependant entre eux ces deux genres spéciaux de tréteaux, c'est que ceux qui sont employés pour le séchage sont, d'une part, plus surélevés et. d'autre part, moins larges et moins longs. Lorsque les grains sont suffisamment secs, ils sont détachés de la grappe et placés dans des herbes, ramassées en forme de melon et entourées par de fines lianes, qui font l'office de liens. Ce récipient improvisé est ensuite suspendu au toit, à l'intérieur de la hutte.

Pour emmagasiner un produit quelconque, deux individus, hommes ou femmes, se placent debout, l'un vis-à-vis de l'autre, sur les traverses soutenant le tablier du grenier. Après en avoir enlevé le toit, ils se collent le ventre contre le cylindre et. dans cette attitude reposante, ils vident dans le grenier le contenu des paniers qu'on leur remet. S'il s'agit de retirer des grains, ils se servent de leurs mains ou d'un petit récipient et laissent choir les céréales dans un panier placé sur le sol ou tenu en mains par une femme.

Les Kuku ne sèchent ni ne fument la viande; ils la mangent immédiatement.

Vanden Plas.

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(Poss. : Anglo-Egyptiennes)

B. - Vie matérielle.

C) VÊTEMENTS

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