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Objets suspendus au corps

L'absence complète, ou quasi telle, de vêtements proprement dits n'empêche pas hommes et femmes de s'embarrasser d'un tas d'objets qui occupent parfois beaucoup de place, mais qui ne suppléent jamais aux inconvénients physiques de leur nudité. Boucles d'oreilles, anneaux, colliers, ceintures, bracelets en fer principalement et quelquefois en ivoire sont couramment portés par tous et surtout par les femmes qui en affichent parfois d'extravagants par leurs dimensions et leur poids. Certains individus portent toute la collection; d'autres, c'est le plus grand nombre, se contentent d'afficher une partie de ces ornements. Presque tous ont le lobe et le pourtour des oreilles percés et agrémentés d'une série d'annelets en fer ou en laiton. Des cercles en fer, ayant les dimensions et la forme d'un carcan, sont passés autour du cou. Des personnes en ont même jusqu'à trois ou quatre superposés. Les bras, les poignets et les malléoles sont ornés de bracelets en fer, le mollet et le jarret en sont aussi parfois parés. Quelques hommes portent un énorme bracelet en ivoire aux deux bras ou à l'un d'eux. Cet objet a la forme d'une rondelle de 5 à 6 millimètres d'épaisseur; sa partie pleine s'écarte du bras au point que celui-ci ne saurait plus être collé au torse. Le bracelet en fer, porté au jarret et à la cheville, est

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quelquefois remplacé par une cordelette à laquelle des poils de chèvre sont suspendus.

Des indigènes se ceignent les reins d'un rang de perles, d'une chaînette en fer ou d'une ceinture de coquillages. Parfois la chaînette fait place à une enfilade de minuscules tubes en fer. Les coquillages employés pour la ceinture proviennent de la coquille de l'escargot. Cette coquille est brisée, et ses débris sont transformés en rondelles que l'on enfile ensuite les unes à la suite des autres. Une ou plusieurs de ces ceintures sont fréquemment portées; j'en ai même compté jusqu'à douze sur un même individu. Les femmes usent plus rarement que les hommes de ces trois espèces de parures. Mais tous, indifféremment, s'attachent aux bras des serpentins en fer ou en laiton dont les courbes se succèdent sans vides entre elles.

Indépendamment de ces objets, les gens portent encore au cou un tas de choses hétéroclites, tels qu'œufs d'oiseau, fruits desséchés, tests de tortue, dents de lion, de léopard, de chat ou de chien, griffes de bêtes féroces, douilles de cartouche, etc. Ces fanfreluches, suspendues à une cordelette entourant le cou, sont placées à la naissance de la gorge — c'est le cas pour les dents et les griffes — ou retombent sur la poitrine jusqu'entre les seins.

Le chef de l'Eau Kadjumba, lors dune de mes rencontres avec lui, avait, sur la poitrine, un long chapelet composé de petits fruits desséchés. Ce collier original voisinait avec un morceau de bois placé entre deux miniatures de fer de lance. Cette parure, déjà suffisamment disparate, était complétée par une chaînette en fer à laquelle une carapace était suspendue. Chapelet et carapace tapotaient le nombril de l'élégant personnage. L'enfilade de fruits, prétendument odorants, mais, en réalité, inodores, était portée

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pour plaire au beau sexe. Le morceau de bois devait tendre au même but. Quant aux deux minuscules fers de lance, ils étaient destinés, comme le lui avait dit un sorcier, à le protéger contre les lances de ses ennemis.

J'ai vu, chez un homme, le cou enserré dans un cercle en bois, dont la surface était plaquée d'une couche de cuivre rouge.

Certaines coquettes s'ingénient à rassembler sur elles-mêmes le plus grand nombre d'objets hétéroclites qu'il soit possible de faire supporter au corps. Voici deux échantillons de cette débauche de grotesque vanité. Je procède par gradation, en commençant par la moins déraisonnable de ces femmes.

La première avait, aux chevilles, de pesants anneaux en fer à raison de trois au pied gauche et quatre au pied droit. Elle portait treize bracelets en fer au poignet gauche et cinq du même métal au poignet droit; en outre, le pliant du coude du bras droit en exhibait trois. Le cou était enfermé dans quatre carcans en fer superposés, et les reins étaient ceints de dix rangs de perles. Des bagues en laiton ornaient deux doigts de la main gauche et trois, dont le pouce, de la main droite. Et comme, sans doute, cet accoutrement était insuffisamment baroque, celle qui s'en était affublée s'était en outre couverte de graisse rouge sur toutes les parties du corps.

La seconde rivalisait avec la première et lui damait le pion, comme nous allons le constater. Elle portait, en effet :

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i " A chacune des malléoles. sept gros anneaux en fer superposés;

2° Devant les parties génitales, un tablier étroit et court, formé de cordelettes juxtaposées verticalement, mais sans attaches entre elles; sur ce tablier, vingt chaînettes en fer disposées verticalement et jointes l'une à l'autre par le bas au moyen d'une chaînette en fer; le tout rattaché à une ceinture en cuir ceignant les reins ;

3° Au-dessus de cette ceinture, treize chaînettes composées de minuscules tubes en fer juxtaposés, et. audessus de ces chaînettes, plusieurs rangs de perles;

4° A chacun des bras, un serpentin en laiton de 90 millimètres de hauteur ;

5° Au poignet droit, deux bracelets en laiton et trois en fer;

6° Au poignet gauche, un gros bracelet en laiton et un en fer;

7° A l'index, au majeur et à l'annulaire de la main gauche, ainsi qu'au pouce, a l'index, au majeur et à l'annulaire de la main droite, un serpentin en laiton;

8° Au cou, huit carcans en fer. deux colliers formés chacun d'un cercle en bois plaqué de cauris juxtaposés, et deux colliers composés d'écaillés d'œuf d'oiseau enfilées ; ces deux derniers colliers retombaient jusqu'entre les seins et retenaient un anneau en laiton auquel étaient suspendus quatre tubes en bois de deux centimètres de longueur et une carapace dans laquelle jouait une bille :

90 A chaque oreille un anneau en laiton.

Les quatre tubes en bois étaient en réalité des amulettes destinées, dans la pensée de celle qui les portait, à la préserver de tout empoisonnement, lorsqu'elle boirait de la bière. Q.uant à la carapace, avec la bille qui résonnait à l'intérieur, elle avait pour fonction d'attirer le sexe fort.

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La plupart des objets destinés à la parure sont dépourvus de toute trace d'une préoccupation artistique quelconque. Seuls, quelques carcans, portaient une canelure en spirale embrassant toute l'étendue du cercle.

Sauf les exceptions notées plus haut, tous les ornements étaient montrés par vanité ou désir de plaire au sexe.

Vanden Plas.

Le Kuku s'orue les chevilles, les poignets et le cou d'anneaux en fer, et les biceps d'anneaux en ivoire.

CHALTIN, Belgique Colon. VI (1900), 617a.

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( Poss. : Anglo Egyptiennes)

B. — Vie matérielle.

C) VÊTEMENTS

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