‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 40 sur 152 · Vêtements · texte numérisé non relu

Vêtements

Les hommes vivent dans la nudité la plus complète ; aucun vêtement ne recouvre leurs membres ; même les parties sexuelles sont à nu. Il n'apparaît pas qu'ils aient la moindre velléité de se couvrir, du moins la remarque qui précède est elle d'une application presque générale. Elle ne souffre d'exception qu'à l'égard de ceux qu'un contact continuel avec la civilisation a plus ou moins éduqués. Encore y a-t-il lieu de noter ici que le désir de se prémunir contre le froid a le plus contribué à les faire changer d'idée sur ce point. Le nombre fort restreint de ceux qui s'habillent emploient à cette fin les étoffes qu'ils se sont procurées au#moyen d'échanges effectués avec l'Européen. Ils ne font usage d'aucune matière indigène pour se couvrir ; les articles d'Europe seuls 'sont utilisés. Ils imitent plus ou moins bien la coupe de nos vêtements et s'en tiennent aussi généralement aux détails principaux de notre habillement; pantalon et veston.

Les femmes recouvrent d'un léger vêtement les parties sexuelles et la fente des fesses. Ce double vêtement est d'une forme spéciale et diffère suivant le cas. Devant les parties sexuelles, il affecte la disposition d'un petit tablier mesurant de 10 à i5 centimètres de longueur et autant de largeur. Il est composé d'une série de cordelettes juxtaposées verticalement et retenues par un bout à une corde indigène enserrant le

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bas- ventre et les reins. Ce lien retient également à la naissance de la fente des fesses un assemblage de cordelettes réunies en touffe et retombant jusqu'à micuisse. Lie mouvement des hanches, que dessine la femme en marchant, imprime à cette sorte d'appendice caudal des évolutions semblables à celles dont la queue du cheval est agitée. De son côté le tablier, grâce à la lâcheté de ses parties qui ne sont pas rattachées entre elles, prend une allure désordonnée sous l'action de la marche ; les cordelettes, dont il est formé, s'entrechoquent et flagellent sans répit l'avant des cuisses de la marcheuse. L'ensemble de ce tableau est d'un effet des plus comiques.

Chaque fois que j'ai demandé pourquoi les femmes cachaient leurs parties sexuelles et pourquoi les hommes s'abstenaient d'en faire autant, on m'a répondu : « Parce que chacun le désire ainsi et que cela s'est toujours fait ainsi. » Cette réponse m'a été faite par des hommes. Ce sont les hommes seuls que j'ai interrogés sur ce point. L'explication ne me paraît pas sincère. Je pense plutôt que les femmes se couvrent cette partie du corps pour se conformer à une règle que j'ai rencontrée ailleurs et qui veut que les parties sexuelles ne soient découvertes que devant le mari. Le vêtement dont je viens de parler est parfois remplacé simplement par une touffe de feuilles ou d'herbes arrachées au hasard dans la plaine. Mais c'est là une excei)tion. Les femmes portent toujours le même vêtement, même dans les circonstances solennelles.

Les enfants des deux sexes s'ébattent dans une complète nudité. Ce n'est que vers l'âge de 8 ou 9 ans que les fillettes adoptent le genre de vêtement dépeint plus haut.

Il n'y a pas de vêtements proprement dits.

Les hommes, ainsi que nous venons de le constater.

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sont complètement nus. Rares sont ceux qui font exception à la règle commune. On ne les rencontre que parmi les individus qui ont été en relations suivies avec l'élément civilisé. Ceux-là se confectionnent des vêtements sur le modèle des habits portés communément par l'Européen. Ils usent à cet effet des étoffes qu'ils se sont procurées au cours de leurs transactions avec lui. Ils s'en tiennent exclusivement, pour ainsi dire, au port du pantalon et du veston. Mais ces détails de l'habillement ne correspondent pas complètement aux objets que nous rangeons sous ces dénominations.

Le pantalon, par exemple, affecte plutôt la forme d'une culotte descendant jusqu'à la moitié du mollet auquel il est boutonné. Il est retenu aux hanches par un cordon et ressemble par ce détail à nos caleçons. La brayette n'est pas boutonnée; au mollet, il y a un, deux ou trois boutons. Certaines culottes, plus courtes que les autres, ne tombent pas au delà du genou.

Le veston est fermé jusqu'au col par une série de boutons. Il est donc plus exact de l'appeler camisole.

Ceux qui sont parvenus à se procurer de quoi se confectionner des vêtements, ont aussi pu, en général, obtenir un fez, qui vient compléter avantageusement l'habillement.

Quelques-uns, moins bien partagés, se contentent de porter une camisole qui ne va pas au delà du nombril.

L'harmonie des couleurs et des nuances ne préoccupe pas le Kuku. Aussi voit-on fréquemment des culottes avec une jambe en « kauiki » et l'autre en « checks

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écossais » , des camisoles mi-partie rouges et mi-partie blanches.

Ceux qui font usage de vêtements, les portent jusqu'à ce que l'usure les oblige à s'en défaire. Personne n'enlève son costume pour se coucher : on repose et l'on dort tout habillé. On ne le lave pas davantage, la lessive étant inconnue. Il se fait donc qu'au bout d'un laps de temps relativement court, les hardes ne sont plus que des loques crasseuses.

Le Kuku ne porte pas de vêtements.

Belgique Colon. VI (1900). — 618 a. A. Chaltin.

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(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

B. — Vie matérielle.

c) VÊTEMENTS.

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