Matière
Jamais aucune matière indigène n'est employée pour réaliser le vêtement masculin. Mais certaines matières du pays entrent dans la confection du sommaire vêtement féminin.
Il n'y a pas d'indigènes qui fassent de la confection du vêtement un métier. Les tailleurs attitrés sont inconnus dans le pays. Celui qui possède quelques étoffes se confectionne lui-même ses effets. C'est au contact des soldats et des domestiques de blancs qu'il s'est instruit de la méthode à suivre et des moyens à employer. Tous les vêtements sont cousus à la main.
Aucune femme n'est vêtue d'étoffe, mais toutes, à l'inverse des hommes,, ont les parties sexuelles et la fente des fesses couvertes. J'ai déjà décrit leur costume bizarre; mais je n'ai pas donné d'indication sur l'origine des matières employées pour sa confection, ni sur la façon de se servir de ces matières.
Les cordelettes qui entrent dans la composition de ce vêtement sont tirées de l'écorce d'un arbre dont le nom et l'espèce me sont inconnus. L'écorce est arrachée de la branche et mâchée, puis exposée au soleil en un tas informe. Lorsque cette matière est séchée, la femme qui veut s'en servir démêle les fibres et les tresse pour en former le nombre de cordelettes indispensable. Les différentes opérations, arrachage, mas-
Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, c, 35.
tication, etc., incombent à celle qui entend se confectionner un costume.
Toutes les femmes ne se donnent pas la peine de se livrer à ces opérations. Il en est, en effet, qui se contentent d'arborer par devant et par derrière une touffe de feuilles arrachées au premier arbre rencontré sur la route. Par contre, il en est d'autres qui apportent quelque élégance dans leur original vêtement. C'est ainsi que j'ai vu chez une jeune fille un tablier formé de huit lanières en cuir d'antilope, recouvertes d'une série de chaînettes en fer. La première couverture faisait un seul tout avec une ceinture en cuir ceignant les reins. Quant aux chaînettes, chacune était rattachée par un annelet à cette ceinture.
Le double vêtement porté par la femme est abondamment enduit de graisse rouge. La ceinture et le tablier de la jeune fille dont il vient d'être question étaient graissés de la même façon. Inutile, je pense, d'ajouter que ces objets étaient de fabrication masculine.
Vanden Plas.
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KUKU
(Poss. : Anglo-Egyptiennes).
c) VÊTEMENTS.