Habitation-type
Le corps de la hutte est circulaire. Le toit est conique dans certains cas ; dans d'autres, il affecte plutôt la forme d'une demi-sphère. Il m'a même semblé que ce second cas était plus fréquent que le premier.
Voici les dimensions d'une habitation-type :
i° Hauteur, prise à l'intérieur, du sol à la pointe du toit : 2 mètres et 35 centimètres ;
2° Diamètre mesuré sur le sol : 2 mètres et 75 centimètres ;
3° Hauteur de la cloison (jusqu'à sa jonction avec le bord du toit) : 96 centimètres ;
4° Hauteur de l'entrée pratiquée dans la cloison : 70 centimètres ;
5° Largeur de cette entrée : 5i centimètres ;
6° Distance (prise sur le sol) entre cette entrée et l'entrée extérieure de la cloison extérieure : 5i centim.;
70 Hauteur de cette entrée extérieure (du sol au milieu de la courbe décrite dans le toit) : 65 centim. ;
8° Largeur de cette entrée : 61 centimètres.
Le corps de la case est donc formé d'une double cloi son circulaire. La cloison intérieure est plus élevée que la cloison extérieure. Le toit descend en surplomb sur la première cloison, passe sur la seconde et va rejoindre le sol. Entre les deux cloisons, se trouve établi un couloir circulaire, large de 5i centimètres et recouvert par une partie de la toiture.
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La cloison est construite au moyen de bambous, fendus préalablement dans le sens de leur longueur. Trois bambous, juxtaposés et placés verticalement, sont enserrés par deux séries de trois tiges flexibles, qui se croisent avant d'enserrer trois autres bambous disposés de la même façon que les premiers. Au point d'intersection des trois bambous avec les six tiges, des liens tirés de l'écorce d'un arbuste rattachent le tout. Deux séries de tiges courent à la partie supérieure de la cloison, et deux autres se développent à sa partie inférieure. Pour rendre cette première cloison plus solide, beaucoup d'indigènes y collent une deuxième cloison faite de la même façon.
La série de bambous juxtaposés et placés verticalement est parfois de quatre au lieu de trois. La seconde cloison, collée à la première pour obtenir plus de solidité est, dans ce cas, composée aussi de groupes successifs de quatre bambous verticaux. Ces groupes, pour chaque cloison, sont espacés de dix en dix centimètres et réunis entre eux par deux bambous plus finement fendus que les premiers et courant le long de la double circonférence, l'un à l'extérieur et l'autre à l'intérieur. Ces deux bambous s'entrecroisent entre chaque groupe de bambous verticaux, de façon à passer l'un et l'autre une fois à l'extérieur et une fois à l'intérieur. Indépendamment de ces traverses solides, dont la première série est placée vers le sommet et l'autre série vers la base de la cloison, des bambous finement sectionnés dans le sens de leur longueur et placés successivement du haut en bas de chaque circonférence entourent celle qui leur est propre en enserrant les groupes de bambous verticaux après s'être croisés dans l'espace séparant ces groupes. Aux points d'intersection des bambous verticaux et horizontaux, des liens semblables à ceux dont il a été question ci-dessus rattachent l'ensemble.
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(Poss. : Anglo-Egyptiennes).
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Pour obtenir ces liens on arrache, de haut en bas, l'écorce de l'arbuste, auquel j'ai fait précédemment allusion, et on la fend plusieurs fois dans le sens de la longueur.
La construction, dont je viens de faire la description, exige le concours de plusieurs travailleurs.
Dès que le corps de la case est définitivement achevé, on s'occupe d'édifier le toit. Un pieu atteignant la longueur voulue, est dressé la pointe en l'air. De cette pointe, partent en biais, dans la direction du sol, une série de bambous qui finissent par toucher la terre. Sur cette première armature, passent, à intervalles réguliers, des bambous qui s'allongent extérieurement sur tout le pourtour du cône. A l'intérieur de celui-ci, des bambous, faisant face aux premiers, s'alignent également dans toute l'étendue de la construction. Bambou extérieur et bambou intérieur sont, à leur point d'intersection avec le bambou oblique, qu'ils enserrent, attachés à celui-ci par trois liens semblables à ceux qui sont employés dans la construction des cloisons. Un premier individu place un premier lien, un second, qui suit immédiatement, noue un deuxième lien, et un troisième achève le travail de ses prédécesseurs. Tous les bambous employés ont été préalablement sectionnés dans le sens de leur longueur.
Au début de la construction, les travailleurs attelés à celle-ci attachent deux ou trois cerceaux à l'armature du toit, à l'intérieur de celui-ci et à sa partie supérieure. Ces cerceaux, formés de grosses lianes entrelacées, sont distants de quelques centimètres les uns
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des autres ; ils sont placés avant que le toit soit flanqué de son support, le pieu dont il a été question tantôt.
Lorsque la carcasse du toit est terminée, ceux qui s'y sont employés enlèvent le pieu primitif et le remplacent par un autre, mieux approprié aux exigences de la dernière phase de la construction. Cette carcasse est ensuite placée sur la cloison préalablement édifiée, et l'on s'occupe à ce moment de la recouvrir du chaume indispensable. Commençant par le haut, les constructeurs lient des gerbes de hautes herbes à l'armature, en attachant chaque botte au point où elle rentre en contact avec les bambous horizontaux, c'est-à-dire au sommet, au quart et à la moitié de la carcasse. Sur cette première couverture, ils placent une nouvelle série de gerbes, qui sont seulement attachées par le sommet et dont les herbes plus longues, plus larges et plus drues se déploient en queue de comète jusqu'à fleur de terre.
Le chaume, atteignant le sol ou presque, cache naturellement la baie de la cloison extérieure. Pour rendre cette entrée praticable, on coupe congrûment les herbes en largeur et en hauteur et de façon à donner à l'ouverture la forme d'Un cintre, tandis que la baie intérieure se présente toujours suivant un plan rectangulaire. Il est à remarquer que, lorsque la hutte n'est composée que d'une seule cloison, le chaume n'en est pas moins coupé, le plus souvent, de la même façon que dans le premier cas.
Le toit n'est pas invariablement mis en place, c'est-àdire sur la cloison, avant de recevoir les herbes. Il arrive parfois qu'on le surélève, pour le recouvrir de chaume, sur une série de piquets, de 60 à 80 centimètres de haut disposés suivant un plan horizontal de cercle.
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(Poss. : Anglo-Egyptiennes),
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Tous les détails de la construction des huttes (réunion des matériaux, préparation, agencement, de ceuxci, etc.) incombent aux hommes. C'est le mari, aidé de ses fils, de ses frères ou d'autres parents, qui s'en occupe. Les femmes n'interviennent que sur un point qui touche plutôt à l'entretien de la maison.
Le sol sur lequel repose la hutte est recouvert d'une épaisse couche de terre durcie. Cette terre a été préalablement malaxée et mélangée avec de la bouse. C'est ici qu'apparaissent les femmes, car ce sont elles qui se chargent de préparer ce vernis extravagant.
J'ai surx)ris un jour trois femmes qui étaient livrées à cette besogne. L'une d'elles, au fond d'un trou qu'au moyen d'une houe elle creusait d'une mesure à chaque répit que lui laissait sa compagne, exceptionnellement verbeuse, remplissait de terre une claie extraite d'une partie de cloison brisée. Ce récipient, une fois plein, était passé à la compagne qui stationnait sur le bord du trou. Celle-ci en vidait le contenu sur une seconde claie qu'elle transportait ensuite, à bras tendus audessus de sa tête, à un endroit où se trouvait un amas de terre malaxée. Devant ce tas, une femme agenouillée, s'employait à fabriquer de petites boules pétries de terre et de bouse. Chaque fois qu'elle voulait confectionner une boule, elle prenait une portion de terre, y mêlait une certaine quantité de bouse, qu'elle enlevait d'un morceau gisant à côté d'elle, répandait un peu d'eau sur ce mélange et pétrissait celui-ci dans ses deux mains. La boule, ainsi formée, allait ensuite
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prendre sa place au milieu des autres blocs déssiminés sur le sol.
Lorsque la provision a acquis l'importance que requiert l'objet auquel elle est destinée, elle est émiettée et piétinée par les femmes à l'intérieur de la case.
Les diverses opérations qu'exige l'appropriation définitive du sol de l'habitation et que je viens de décrire dans tous leurs détails incombent à l'épouse du propriétaire de la hutte et à ses filles.
Interrogées sur le motif qui les portait à mélanger de la bouse avec de la terre pour obtenir la matière destinée à remplir l'office de tapis dans leur case, les femmes que j'avais vues travailler dans les circonstances narrées il y a un instant me répondirent que ces déjections étaient employées pour empêcher le sol de se lézarder.
La construction d'une maison n'est pas, pour un Kuku, une chose compliquée, ainsi que nous venons de le constater. L'habitation est sans fondations; on la pose tout simplement sur le sol. Sa disposition est aussi très simple ; elle comprend une seule place sans fenêtre. Une claie, tenant lieu de porte, est glissée pour la nuit devant la baie intérieure ; cette claie est parfois remplacée par une pierre plate atteignant les dimensions requises pour boucher hermétiquement l'entrée.
Je n'ai pas remarqué qu'une conception nouvelle, même de minime importance, guidât quelque indigène dans la construction de son habitation. Toutes les cases sont érigées sur un plan uniforme, dont la simplicité est la règle communément admise.
Certains individus, cependant, sortant de l'ornière, entendent donner quelque apparat à leur demeure. Pour réaliser ce dessein, ils placent, de chaque côté de
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l'entrée extérieure, une ou deux pierres longues et effilées. D'autres ajoutent encore à cette innovation en piquetant le toit, du sommet jusqu'à mi-pente, de plusieurs séries de baguettes de 20 à 25 centimètres de longueur. Chaque fois que j'ai demandé de me faire connaître le motif qui déterminait l'emploi de ces objets superflus, on m'a répondu, avec autant de naïveté que d'unanimité, que c'était pour rendre la maison plus jolie. Mais si le Kuku se préoccupe fort peu de compliquer la construction de son habitation, il lui donne par contre une solidité que les coups de vent les plus violents ne parviennent pas à ébranler.
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B. — Vie matérielle.
d) Habitation.