Élevage
Les Kuku ont des vaches, des chèvres et des moutons, Le gros bétail est enfermé dans des enclos pour la nuit. Ces enclos sont de forme circulaire et à ciel ouvert; ils sont constitués par des palis ou par des troncs menus disposés en croix de Saint-André et renforcés par un amoncellement de branches et de broussailles. La palissade est toujours très élevée (3 à 4 mètres), afin d'empêcher lions et léopards de la franchir; une large baie livre passage aux bêtes; une autre, plus petite, est pratiquée à l'usage des personnes. Ces deux ouvertures sont fermées le soir par des bois. Le diamètre de l'enclos varie suivant l'importance numérique du bétail; il a généralement 6 à io mètres de long.
A l'intérieur de la palissade, se dressent les huttes réservées aux gardiens du bétail. Elles sont disposées en cercle le long des palis et forment ainsi une clôture de second plan. Au centre, couchent les bêtes, attachées ou non à des pieux ; les jeunes veaux sont parfois placés pour la nuit sous un petit hangar circulaire, qui les préserve de la pluie.
Il arrive que le petit bétail soit hébergé dans une des huttes avec quelques enfants. Mais, le plus souvent, chèvres et moutons sont enfermés, en dehors des enclos, dans des cases faisant partie des groupes familiaux disséminés par le village ; ils y passent la nuit avec les enfants de ceux à qui ils appartiennent.
Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. B, e, 52.
A l'intérieur et à l'extérieur des palissades, se présentent des tas de fiente.
La garde des bêtes est confiée à des hommes et à de petits garçons, parents presque toujours du propriétaire du bétail. Si les hommes sont mariés, ils vivent dans l'enclos avec leurs femmes et leur progéniture.
Lorsque les gardiens du troupeau sont des gens autres que les fils du propriétaire, celui-ci récompense de temps à autre — tous les deux ans, me disait un indigène — les personnes qui se chargent de garder ses bestiaux. Il abandonne dans ce but une ou deux bêtes à celui qui se trouve placé à la tête du groupe de pasteurs.
Ce sont généralement les enfants qui conduisent les bêtes à la pâture. Le bétail sort vers 8 heures et rentre vers 17 heures; à midi, on le conduit à l'abreuvoir, c'est-à-dire à la rivière.
Le bétail n'est, en somme, l'objet d'aucun soin particulier. On le loge à la belle étoile; on ne s'inquiète pas de lui donner une litière ni une nourriture réconfortante. Et cependant ce quasi abandon ne lui nuit pas, car il est vraiment sain, vigoureux et beau.
Tous les indigènes n'ont pas du bétail. Le gros bétail notamment n'est possédé que par quelques privilégiés, dont la richesse est variable. Les uns sont propriétaires d'une ou deux bêtes seulement, tandis que d'autres en ont dix, quinze, vingt et même plus. Quant au petit bétail, il est plus répandu et mieux partagé; bon nombre d'individus ont des moutons ou des chèvres et même les deux espèces à la fois.
Les Kuku élèvent aussi des poules. Certaines personnes ont, en outre, cas rare cependant, des chiens et des chats. Toutes ces bêtes vivent la nuit avec les gens. J'ai cependant rencontré de-ci de-là quelques poulaillers.
(Poss. : Anglo Egyptienne») .
B, 52 (suite).
Ceux-ci, fort petits, étaient placés sur terre ou sur piliers, mais aucun n'avait de perchoir. Ils étaient en chaume et affectaient volontiers la forme des paillassons employés pour garantir les jeunes plants contre la gelée. Les abris élevés au-dessus du sol reposaient sur une plate-forme en bambou que soutenaient quatre petits pieux fichés en terre. Vanden Plas.
... Ils (les Kuku) élèvent le gros et le petit bétail. Il serait presque aussi aisé de compter les étoiles que de faire le dénombrement de leurs chèvres, moutons et poules.
Ils ont beaucoup de bestiaux, mais leurs vaches du genre zébu sont de petite taille. Ils connaissent tous les usages que l'on peut faire du lait et des produits d'une ferme.
Les villages sont propres et bien tenus.
A. Chaltin, Belgique Colon. VI (1900), 61 7B.
L'affirmation de M. Chaltin touchant la connaissance qu'auraient les Kuku de tous les usages que l'on peut faire du lait et des produits d'une ferme est excessive. Les indigènes n'emploient le lait que dans les conditions que j'ai décrites antérieurement; ils ignorent complètement la façon de fabriquer le fromage et le beurre, dont ils n'ont même pas la notion.
Vanden Plas.