Corderie
Les cordes proviennent de l'écorce d'une plante que les indigènes cultivent et dont le fruit est comestible. Cette plante atteint plus d'un mètre de hauteur. Elle est formée d'une tige verticale, dont partent des branches obliques dirigées dans le sens de la hauteur. Sa couleur est d'un rouge grenat, et sa fleur est blanche avec le fond du calice jaune. Les Kuku en possèdent des champs entiers établis à proximité de leurs habitations.
Ce sont les hommes qui s'occupent de la corderie. Ils divisent l'écorce du tronc en fibres, qu'ils lient en torsade. Pour allonger la corde, ils ajoutent de nouvelles fibres à la première torsade, en les enchevêtrant dans celle-ci et en les tordant ensuite en spirale. Lorsque la torsade a atteint la longueur voulue, ils la replient sur elle-même et la tordent à nouveau en spirale. Ils refont ce double travail jusqu'à ce qu'ils aient donné à la corde la longueur et la grosseur désirées.
L'individu que j'ai vu se livrant à cette besogne était assis. Il avait noué les fibres à l'orteil du pied gauche et il les tressait. Quand la corde fut devenue trop longue pour être travaillée commodément, il l'enroula autour du pied. De temps en temps, il trempait ses doigts dans de l'eau contenue dans une écuelle placée à côté de lui. Lorsque la corde fut com-
Kaku. Poss. : Anglo Egypt. B, e, 5g.
plètement achevée, il l'aplatit en se servant d'un gros caillou.
On fait aussi de la corde avec la feuille du dattier sauvage. Cette feuille est tordue en spirale à intervalles réguliers et, lorsque la longueur voulue est atteinte, on replie sur elle-même la partie achevée et on fait une nouvelle torsade. La corde obtenue ainsi n'est employée que pour ficeler de petits paquets, tandis que l'autre sert à attacher le gros bétail. C'est aussi au moyen du lien tiré du dattier sauvage que l'on confectionne le filet dont il a été question au n° 17.
Vanden Plas.
B. — Vie matérielle.
e) Moyens d'existence, Métiers, Occupations.