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Causes qui limitent la population

La polygamie est restreinte. D'autre part, le désir d'avoir une nombreuse progéniture est réel. Cette dernière constatation corrobore singulièrement l'affirmation des indigènes sur l'inexistence de l'infanticide, de l'avortement et des pratiques ou mutilations ayant pour but d'amener la stérilité. Malgré ces conditions particulièrement favorables, la population semble rester à l'état stationnaire. A quoi faut-il attribuer ce fait? A une stérilité naturelle trop généralisée? Je ne le pense pas, car s'il y a des femmes naturellement stériles, il y en a, par contre, beaucoup d'autres qui sont fécondes. On m'a cité notamment le cas d'une femme qui eut dix enfants. Je n'ai pas pu contrôler le fait. Celui-ci est d'ailleurs tout à fait exceptionnel et il ne peut servir de base à une appréciation générale. Mais, sur sept femmes que je pris un jour au hasard, j'en trouvai cinq qui avaient eu des enfants. La première, âgée de 16 ans, avait eu deux enfants ; la seconde (18 ans) en avait eu trois; la troisième (19 ans) en avait eu cinq; les deux dernières (20 ans) en avaient eu respectivement cinq et six. Les deux femmes sans progéniture étaient âgées l'une de i3 ans et l'autre de 16 ans. Pour déterminer l'âge de ces personnes, j'ai cherché à savoir depuis combien d'années elles étaient mariées et j'ai rapproché le détail obtenu de l'âge fixé par la loi à la femme pour contracter

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. C, a, 69.

mariage, soit 12 ans. Mais, la chose est certaine, mon calcul n'est pas rigoureusement exact, et l'âge que j'ai donné à chacune de ces femmes devrait être abaissé. L'homme, en effet, prend possession de la femme bien avant que celle-ci soit dans les conditions déterminées par la loi. Ce qui le guide en cette voie, c'est la tendance des seins à se développer. Dès que ceux-ci sont sortis de leur état informe pour montrer quelque velléité d'être de timides mamelles, la fillette subit le commerce intime de celui qui lui a été choisi comme époux. L'homme n'attend pas que le sang menstruel ait fait une première apparition; au contraire, il le devance sciemment avec cette conviction que l'accouplement sexuel en favorisera la venue.

La fillette est donc possédée dès un âge très tendre. Mais, bien avant cette possession, elle s'est essayée en cachette avec ses petits amis à pratiquer les secrets qui ne devraient être connus que des grandes personnes seulement. C'est dans cet état de choses que réside, d'après moi, la cause principale de l'arrêt que je crois avoir constaté dans le développement de la population.

Je pense que l'on peut raisonnablement fixer une moyenne de trois enfants par femme.

Quant au désir d'avoir une nombreuse progéniture, il me paraît avoir sa justification dans les conditions mêmes où se meuvent les clans. Ceux-ci, en effet, exercent entre eux de terribles représailles et sont aussi exposés aux attaques des peuplades voisines. Il importe donc qu'ils soient numériquement forts et puissent combler les vides que le crime fait dans leurs rangs.

Je n'ai jamais constaté de maladies infantiles. Je ne pourrais pas dire si les enfants meurent faute de soins. Je n'ai rien remarqué à cet égard.

Vanden Plas.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

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