‹ Les Kuku (possessions anglo-égyptiennes)Chapitre 77 sur 152 · Le mari · texte numérisé non relu

Le mari

Lorsqu'un homme n'a qu'une femme, il habite avec celle-ci une même case- S'il a plusieurs épouses, chacune d'elles possède sa hutte, et le mari passe la nuit tour à tour dans chacun de ces logis; en réalité, il n'y a pas de lieu où il gîte seul, il est toujours chez l'une ou l'autre de ses femmes. Les enfants des deux sexes habitent avec leur mère jusqu'à l'âge de 5, 6 et même 7 ans. Ils ne quittent pas la demeure lorsque le mari visite sa femme ; ils dorment sur la même couche entre leur père et leur mère. Il n'est pas rare que le lit soit ainsi occupé à la fois par un homme, sa femme, son garçonnet et sa fillette. A partir d'un certain âge, l'enfant est logé dans une hutte séparée; s'il a un ou plusieurs frères, même issus de mères différentes, il partage son logis avec eux. On agit de même pour les filles. Il se présente des cas où des garçons ou des filles gîtent dans une même case avec le petit bétail. Parfois aussi l'habitation n'a qu'un seul occupant, un veuf ou une veuve, un jeune homme ou une jeune fille. Il y a même des demeures sans habitants ; ce sont celles des morts. Mais elles ne tardent pas à tomber en ruines faute d'entretien.

Voici quelques cas relevés au hasard, chez Kegni, à propos de la façon dont les huttes sont occupées :

ire habitation, une femme et sa fillette;

Kuku. Poss. : Anglo-Egypt. C, c, 83.

2e habitation, une femme, ses deux fillettes et son garçonnet ;

3e habitation, une femme, sa fillette, son garçonnet et son mari ;

4e habitation, deux garçons, frères entre eux;

5e habitation, trois filles, sœurs entre elles ;

6e habitation, deux filles avec des chèvres et des moutons ;

7e habitation, deux garçons avec également, comme cooccupants, des chèvres et des moutons.

La fidélité de l'épouse est un fait d'observation générale. Elle se vérifie aussi chez le mari. Les cas d'adultère commis par celui-ci sont, en effet, très rares. L'homme se contente généralement de sa femme ou de ses femmes selon le cas. L'adultère du mari n'est pas puni.

Le Kuku traite bien sa femme. Il aurait, paraît-il, le droit de la corriger corporellement.

La femme apporte en mariage quelques ustensiles qui lui sont donnés par son père et sa belle-mère.

A sa mort, ces objets, sauf quelques-uns qui sont brisés, vont aux j)arents de la défunte. Le mari n'a aucun droit sur ces ustensiles, il n'en a pas davantage sur ceux que sa femme se procure pendant le mariage.

Le beau-fils reste en relations avec les parents de sa femme ; il leur fait visite et, s'il tue une bête, il leur envoie un quartier de viande par l'intermédiaire de son épouse. De même, celle-ci entretient des rapports avec son beau-père et sa belle-mère et leur fait fête à l'occasion.

Vanden Plas.

(Poss. Anglo-Egyptiennes).

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