INTRODUCTION
L'enclave du Lado est peu connue. En étudiant une peuplade type de ce pays, M. Vanden Plas a rendu un service signalé.
Les renseignements que nous possédions jusqu'ici sur les Kuku étaient sommaires. Un simple coup d'oeil sur la bibliographie et les extraits en petit texte suffit pour convaincre.
Leur pays était assez difficile d'accès du côté du Nil et les voyageurs ne se souciaient pas d'affronter le jeu perpétuel de montagnes russes pour atteindre les bords du Kibo ou de la Niawa. « Les premiers jours notamment entre Dufilé et Kadjo-Kadfi, à travers les plaines des Kuku, lisons-nous dans la Mission scientifique du Bourg de Bozas, il fallut à plusieurs reprises gravir des raidillons âpres et caillouteux, qui laissaient aux bêtes à peine assez de force pour redescendre en bronchant et trébuchant vers de véritables fondrières. »
Les Kuku habitent une savane, d'un aspect parti-
culier, différente de celle du Centre africain. En règle générale, les herbes sont tenues, sauf dans les bas-fonds. De-ci de-la, quelques arbustes, des tamariniers et surtout des arbres à beurre. Peu de forêts; la haute futaie ne dépasse pas 6 mètres, sauf exception. Presque pas de fleurs. Pour un admirateur de la flore équatoriale, l'aspect de la savane kuku est un désenchantement.
Là, sur un espace d'un millier de kilomètres et dans une atmosphère salubre, habite, de temps immémorial, une peuplade apparentée avec les peuplades voisines et dont le groupe ethnique parait s'étendre au loin- Les Kuku sont bien proportionnés, l'œil bridé, de taille élancée, la peau très noire, plus noire que les nègres du Congo belge, en général. Le caractère est rude et la langue est dure. Pas de costume, quelques ornements. Et au-dessus de mœurs simples adaptées a la nature de ce territoire, le respect d'une tradition séculaire.
La vie est sédentaire, malgré les soucis d'un élevage assez important. C'est que l'agriculture est, malgré tout, l'industrie dominante : hommes, femmes et enfants s'y adonnent. Une division du travail s'est établie entre les sexes; aux hommes le gros œuvre, le défrichement et les semailles, la construction et la réfection des habitations et des greniers; aux femmes la culture proprement dite, le sarclage et la préparation des aliments et le soin du ménage.
L'assolement domine la culture. On sème les haricots. Au bout de trois mois, on les remplace par de l'éleusine, dont la récolte coïncide avec l'arrivée de la saison sèche. Celle-ci terminée, on sème le sorgho ; au bout de quatre mois, c'est le tour des haricots. Ainsi continue le cycle.
Les arachides, cependant, sont plantées d'un autre côté et le sésame leur succède.
Sur cette base économique s'élève la superstructure de la société Kuku.
A tous les points de vue, elle se laisse comparer avec les peuplades des monographies précédentes. Les ressemblances et les différences éclatent avec un relief saisissant. Et les raisons sociologiques des unes et des autres s'ébauchent d'elles-mêmes.
L'auteur de cette intéressante monographie est M. le directeur Vanden Plas, dont l'esprit d'observation n'a pas besoin d'être souligné; chacune des pages qui suivent en porte la marque distinctive. Sa carrière africaine fut longue et belle. Parti le 6 septembre i8g3, en qualité de sous-intendant de 3e classe, il conquit successivement les grades de sous-intendant de 2e classe (ier juillet i8g5), de sous- intendant de ire classe (ier mars i8gy), d'intendant (3o octobre i8gg), de directeur de l'administration locale (18 février igo2).
Son activité s'exerça successivement dans le district de Stanley Pool, dans le Mayombe, à Matadi, dans les districts du lac Léopold II et du Kwango, à Borna, dans le district de l'Uele, à la zone de l'enclave du Lado, à celle du Haut-Ituri.
Suivez cette carrière sur une carte et songez aux fonctions exercées : secrétaire de district, substitut du procureur d'Etat, agent d'administration, chef de zone, juge au conseil de guerre, juge au tribunal territorial, commissaire de district, directeur intérimaire de l'agriculture et de l'industrie, directeur de l'intendance, chargé
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de diverses missions de contrôle administratif, chargé de la direction du service administratif (à Borna), etc.
Pensez qu'une seule de ces missions de contrôle administratif le conduisit dans les principaux postes suivants : Ibembo, Djamba, Buta, Likati, Djabbir, Angu, Bima, Api, Bambili, Amadi, Surango, Niangara, Dungu, Faradje, Aba, Yei, Loka, Redjaf, Lado, Kero, Mont- Wati, Kadjo-Kadji, Vankerckhovenville, Gombari, Irumu, Kilo, Mahagi, Mawambi, Avakubi, Nepoko, Medje, Bomili, Panga, Banalia, Bengamisa, etc.
Un tel homme est bien placé pour rédiger une monographie, le jour où il se décide à étudier une peuplade déterminée.
Le travail de M. Vanden Plas sur les Kuku est rédigé avec une clarté que personne ne pourra méconnaître. Et la clarté reste toujours, quoi qu'on dise, la première des qualités du style scientifique.
Cyr. Van Overbergh.
KUKU
(Poss. : Auglo-Egyptienues).
Bibliographie.
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Eliot (C.-N.-E.), Geographical Journal, XX (1902), 611-619 :
Notes of Journey through Uganda down tlie Nile to Gon-
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Jenssen Tusch, Skandinaver I Congo. Copenhague, Gylden-
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Speke (John H.), Les sources du Nil. Journal de voyage du
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Bibliographie.
KUKU
Iconographie.
A. — Renseignements généraux.