‹ Les Kystes Aériens PulmonairesChapitre 8 sur 16 · OBSERVATION MILLER · texte numérisé non relu

OBSERVATION MILLER

(Résumée).

Il s'agissait d’un enfant âgé de cinq semaines, porteur d’un large kyste ancien qui s’est révélé par des attaques de dyspnée de durée de quinze à vingt secondes. Tout d’abord on à Cru à un pneumothorax droit avec déplacement du médiastin et du cœur à gauche. Plusieurs thoracentèses ont été pratiquées et à chaque fois de l’air sous pression s’échappait amenant un soulagement respiratoire temporaire. Plus tard, une valve à soupape a été introduite dans la cavité kystique; deux semaines plus tard, le kyste retrouvait son volume primitif. La mort est survenue à

l'âge de cinq mois dans l’asphyxie.

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Symptomatologie du kyste aérien pulmonaire chez l'adulte.

Nous avons vu au chapitre précédent la symptomatologie des kystes de l’enfant. On pourrait s'étonner que nous n’ayons étudié que la maladie polykystique el les kystes géants. Les kystes moyens peuvent en effet se voir chez l'enfant mais ils sont infiniment moins fréquents que les deux formes précitées. Le kyste moyen se rencontre surtout chez l’adulte et se complique assez souvent d’hémoptysies, d’infection et même d’abcès. Chez l’enfant ces complications sont

très rares.

Kyste latent.

Cette forme, fréquente, passe inaperçue. Il n’y a aucun signe fonctionnel, ni signes généraux. Les signes stéthacoustiques sont réduits. Ces sujets viennent en consultation pour un tout autre motif (dépistage, examen d’aptitude, etc). Ces kystes souvent peu volumineux ne diminuent que légèrement la capacité pulmonaire et ne compriment nullement les organes thoraciques.

La radioscopie les montre sous forme d’une image

claire, annulaire ou ovalaire, finement cerclée, parfaitement visible sans lipiodol. Souvent ces images sont multiples et groupées dans un territoire bronchique. On peut faire d’ailleurs une injection de lipiodol pour confirmer le diagnostic. Ces formations kystiques n’ayant pas suppuré, les lumières bronchiques sont demeurées béantes et l’imprégnation des cavités par l’huile est possible.

De plus il faut noter l’absence de réaction du voisinage et si les kystes sont nombreux l’absence du dessin normal du poumon.

OBSERVATION COLETSOS.

D. R..., âgé de 24 ans, consulte pour être renseigné sur

son état pulmonaire. Pas d’antécédents, il se plaint, de

temps en temps de douleur thoracique vague avec expec-

toration et toux.

L'examen ne révèle aucun signe de lésions en foyer, ni de condensation, ni de cavité. On entend seulement quelques sibilances diffuses. Rien ne permet de retenir l’idée de tuberculose ; l’état général est bon. Pas de bacilles de Koch dans les crachats.

A la radio, les hémithorax sont transparents normalement. Dans la région juxta-hilaire droite, on aperçoit des images annulaires très nettes, très régulières, bien limitées, dispersées en grappe de raisin. Elles se distinguent très bien, même sans lipiodol, du parenchyme pulmonaire

avoisinant. Le lipiodol les injecte facilement.

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Kyste dyspnéique.

Ce kyste ne se traduit que par un seul symptôme fonctionnel : la dypsnée qui se révèle le plus souvent à l’occasion d’un effort, car la capacité pulmonaire suffisante pour une vie calme, en quelque sorte végétative, ne l’est plus pour les exercices violents qui augmentent les échanges gazeux. Dans quelques cas la dypsnée fait brusquement son apparition. Ce début brutal a été expliqué par certains auteurs par une distension brutale de la poche gazeuse due ellemême à l’établissement spontané d’un système à soupape ou à clapet ; pour d’autres ce serait la rupture d’un septum séparant plusieurs kystes juxtaposés. Cela permettrait également d’expliquer la douleur thoracique violente qui marque fréquemment le dé-

but de l'affection.

OBSERVATION R. DEBRÉ ET E. GILBRIN.

Jeune homme, cuisinier, entre dans notre Service, le 9 mars 1933, avec le diagnostic de pneumothorax spontané partiel de la base droite, l’état général est bon. Pas de température.

Tympanisme, silence respiratoire à la base droite.

L'examen radioscopique semble confirmer ce diagnostic de pneumothorax partiel. Aucun signe de tuberculose pulmonaire, l’expectoration très peu abondante n’est pas

bacillifère.

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Des radiographies examinées plus attentivement montrent :

Le sinus médiastino-diaphragmatique est comblé. La zone d'hyperclarté n’est pas limitée par le diaphragme. elle le déborde. La limite inférieure est irrégulière. La limite supérieure peu nette ; dans la zone d’hyperclarté, on note quelques travées opaques discrètes. Tous ces caractères sont ceux du kyste gazeux du poumon d'origine congénitale ayant produit, comme on l’a déjà vu, des accidents assez brusques à une époque variable de

la vie.

Kystes infectés non suppurés.

Dans cette forme nous trouvons des malades qui ne .présentent fonctionnellement que très peu de signes. Souvent une légère expectoration, parfois muco-purulente, coïncide avec un simple rhume ou un changement de saison. Dans ces crachats on ne trouve jamais de bacilles de Koch et l’existence d’une cuti-réaction négative, bien que cela soit plus rare que chez l’enfant, confirmera le diagnostic de lésion non bacillaire.

L'état général du malade est bon, subfébrile et même apyrétique. On ne constate ni anorexie, ni amaigrissement, et tout cela contraste étrangement avec les signes d’auscultation assez bruyants. On découvre l'existence d’un foyer de bruits humides, très localisé et très net, immuable, siégeant toujours au même endroit.

La radio nous mettra sur la voie du diagnostic. Elle

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montrera des images annulaires, nettement cerclées, groupées, ressemblant à une grappe, à un rayon de miel (Lenk) ou à un amas de bulles de savon si l’on a affaire à plusieurs kystes infectés. Il est plus rare de trouver un kyste unique infecté. On ne constate pas encore de niveau liquidien mais très fréquemment une imperméabilité plus ou moins complète à l'égard du lipiodol : l'infection étant responsable de l'obstruction des voies de communication bronchokystiques. Certains kystes ont un contour moins fin, un peu épaissi, surtout à la base où ces modifications légères précèdent l’apparition des images hydro-aériques fréquentes en cette zone.

Kystes suppurés ou abcédés.

Cette forme est assez mal individualisée. C’est en effet la précédente mais beaucoup plus avancée. On n’a plus affaire à de l’infection mais à de la suppuration et même, dans les cas extrêmes, à des abcès pulmonaires. Le symptôme fonctionnel le plus intéressant semble être l’expectoration. Il semble que le kyste se vide dans une bronche voisine. On a une vomique, c’est une substance épaisse et surtout fétide. La toux est fréquente et accompagne ces expectorations qui sont souvent précédées d’hémoptysies isolées. L'état général est variable. Il n’est pas rare de voir ces malades ne présenter qu’une légère température n’atteignant pas 38°. On note fréquemment de

l’anorexie et un degré marqué d’amaigrissement.

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Les signes physiques du kyste aérien pulmonaire suppuré sont ceux de toutes les suppurations pulmonaires. Nous ne ferons que les signaler en quelques mots ; seuls ils ne permettent pas de faire un diagnostic exact. Suivant ses dimensions et son siège, on aura une matité diffuse avec cbscurité respiratoire ou une zone de condensation limitée, avec des sous-crépitants.

. C’est surtout la radiographie qui nous mettra sur la voie du diagnostic. On voit une image hydro-aérique régulièrement limitée, simulant un abcès s’il est petit, une pleurésie enkystée s’il est plus important, ou même un pyo-pneumothorax.

L’injection de lipiodol donne des résultats très variables, dans les kystes moyens la substance opaque n’injecte pas la poche lorsqu'elle est déjà remplie par les produits de la suppuration. Dans les grands kystes elle pénêtre facilement et se mélant au pus dessine les contours de la poche. Pour cela il faut que la bronche soit perméable, il faut bien avouer que ce n’est pas la règle lorsque l’on a une suppuration bronchique. On aura le plus souvent une image négative comme celles dont nous avons déjà parlé.

Radiologiquement, ce qu’il faut rechercher avec la plus grande attention pour établir le diagnostic de kyste aérien pulmonaire suppuré se résume à deux points : d’abord la régularité extrême du contour, le signe distinctif doit être recherché dans la limite supérieure de l’image au-dessus du niveau : elle est dis-

tincte de la paroi costale et culmine en dôme, le signe

montre que la collection -est intra-pulmonaire ; le deuxième signe radiologique capital c’est la persistance de l’image sur le film. Malgré cela il arrive fréquemment qu’on les prenne pour un pyo-pneumothorax et l’on ouvrira la paroi thoracique. On tombera sur une poche à paroi lisse ou plissée, brillante, restant immuablement béante. La poche se draïinera par

cette ouverture qui n’aura nulle tendance à se fermer.

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