EXAMEN HISTOLOGIQUE
Il a été pratiqué six fois sur huit (obs. 1, IE, HE, V, VIT et VII. Mais dans un de ces cas nous n'avons guère de renseignements, puisque le seul résultat publié est : kyste ova- Pique (opS MT
Nous ne ferons donc état que des cinq examens microscopiques suivants :
Observation L : Une seule rangée de cellules hautes;
Observation II : Une rangée de cellules cylindriques basses;
Observation HI : Une rangée d’épithélium cubique;
Observation VII : Une rangée d'’épithélium cylin-
drique; Observation VIII : Une rangée d’épithélium cylindrique.
Nous voyons donc que, quoique présenté sous des termes différents, l’épithélium rencontré est toujours le même.
Notons d’ailleurs que, le plus souvent, la majeure partie de ce revêtement est en dégénérescence où même qu'il n'existe que sur une petite portion de la surface du kyste.
Si nous prenons en considération l'opinion de Lapointe, qui pense que son second cas était de même nature que le premier, si nous considérons que le kyste proligère de l'ovaire donne la même figure microscopique que celle que nous avons décrite (c’est sans doute cette ressemblance qui fit résumer par « kyste ovarique » le cas de Bassini), nous pouvons dire que, toutes les fois où l’examen histologique fut pratiqué, c’est le même épithélium que l’on a rencontré.
Nous allons voir maintenant que cette configuration microscopique est un point essentiel pour juger de la nature des kystes juxta-coliques.
PATHOGENIE
Les examens histologiques que nous avons reproduits vont nous permettre de fixer avec certitude Forigine des kystes juxta-coliques.
La présence constante de paroi propre épithéliale élimine l'hypothèse de faux kystes sanguins, principalement dans les cas où du liquide brun, visqueux, se trouvait à l'intérieur. Dans l'observation VI, où il n’y eut pas d'examen histologique, nous pouvons aussi rejeter cette hypothèse, car il n'y avait eu aucun traumatisme antérieur et le kyste s'était développé progressivement.
Les kystes n'avaient aucunement les caractères de productions hydatiques ou dermoïdes, d’ailleurs excessivement rares en cette région.
Quels sont donc les épithéliums ou les endothéliums qui peuvent à ce niveau donner naissance à des kystes ?
Le corps de Wolff est, en date, le premier organe qui puisse être en cause.
Il constitue tout d’abord le pronéphros : il est représenté alors par quelques canalicules ciliés, au nombre de 14 à 5, qui s'ouvrent dans la cavité cœlomique d’une part, et d'autre part dans le canal longitudinal allant du cœur en avant au cloaque en arrière, canal de Wolff. La disparition des canalicules est complète, et le pronéphros laisse rarement des débris embryonnaires. Pendant qu'il s’atrophie, une autre formation, qui va se substituer à lui, se forme en arrière : le mésonéphros; de la future cavité péritonéale partent des tubes allant en série d'avant en arrière et s’implantant sur le canal de Wolff, comme les dents d’un peigne; peu à peu,
ho
l'ouverture vers le cœlome s’oblitère; en même temps, chaque tube émet un diverticule creux allant à la rencontre d’une artériole venue de l'aorte; arrivés en contact, ils forment les glomérules du corps de Wolff. Cette formation n'a également qu'une existence temporaire et va être remplacée par le rein définitif : de la cinquième à la huitième semaine, chez l’homme, se détache de la partie postérieure cloacale du canal de Wolff un bourgeon creux qui remonte le long de la colonne vertébrale vers la future région rénale; arrivé là, il se divise, et, par le même procédé que dans le mésonéphros, donne naissance à des glomérules. Pour Félix, au contraire, les parties sécrétantes (corpuscules, tubes contournés et intermédiaires) se dilférencieraient entièrement dans le blastème rénal.
Quoi qu'il en soit, quand le rein est constitué, le corps de Wolff disparaît; mais il en persiste des restes qui représentent le vas aberrans de Haller et l’organe de Giraldès chez l’homme, chez la femme le paroophore.
De même, la partie génitale du corps de Wolff, appliquée sur le côté interne du rein secondaire évolue et le canal de Wolff, qui, chez l’homme, se transforme en canal déférent, disparaît chez la femme, sauf dans la portion qui donne le canal longitudinal de l’organe de Rosenmüller.
On voit donc que, contrairement au pronéphros, toutes ces formations laissent persister de nombreux restes embryonnaires.
Une autre formation, le canal de Müller, se développe dans la région. Son extrémité antérieure s'ouvre dans la cavité péritonéale, son extrémité postérieure dans le cloaque; il est situé sur la partie antéro-externe du canal de Wolff. Il disparaît chez l’homme, ne laissant que l’hydatide sessile de Morgagni, chez la femme il forme la trompe.
Tels sont les éléments épithéliaux qui sont susceptibtés d’être à l’origine de kystes.
Quant aux éléments endothéliaux, ils pourraient provenir soit des lymphatiques, soit du revêtement endothélial du péritoine.
RUE "Ron
Bien qu'il y ait des exemples de kystes dus à l’oblitération et à la dilatation en amont d’un canal lymphatique (expérience de Schlomann sur l’uretère de lapin) et malgré l'hypothèse soutenue dans la thèse de Rambaud au sujet de l'origine péritonéale, ces théories pathogéniques ne s appliquent pas à nos kystes puisqu'ils ont un revêtement. épithélial à cellules hautes.
L'origine müllerienne ne semble pas non plus être en cause dans nos observations, concernant toutes des femmes chez lesquelles le canal de Müller est employé à la formation de la trompe.
D'ailleurs, la théorie le plus en faveur au sujet de l’origine des kystes rétropéritonéaux est la théorie wolifienne. Elle fut émise pour la première fois, à propos des tumeurs solides, par Przewoski et s’est: actuellement étendue aux formations kystiques.
On demande comme preuve de l’origine wolffñienne d’un
kyste :
1° Que son épithélium soit constitué par une seule rangée de cellules hautes, cette hauteur pouvant être réduite par la pression du liquide;
-2° Qu'il se développe dans la région où évolue le corps de Wolff;
3° Que son liquide renferme des traces d’urée, de chlo-° rures, de phosphates, etc., à des taux non identiques à ceux de l'urine.
I nous semble donc bien pouvoir affirmer que les kystes dont nous avons relevé les observations sont d’origine wolffienne. Mais nous croyons qu'une autre origine serait également possible, hydatique, endothéliale, par exemple; mais nous n'avons pas trouvé de faits semblables.
D'ailleurs, bien que nous puissions affirmer que ce sont des débris embryonnaires qui ont donné naissance à nos productions kystiques, les influences qui ont permis à ces éléments de reprendre une certaine activité restent toujours mystérieuses.