INTRODUCTION
Un sujet présente une tumeur de l’épigastre ou de l'hypochondre accompagnée de troubles fonctionnels variables. On pose un diagnostic, on intervient, on trouve un kyste pancréatique. On extirpe le kyste, ou si on ne le peut, on le marsupialise. L’examen histologique d’une portion de la poche kystique montre sa nature maligne. Telle est en résumé et dans ses grandes lignes l’histoire d’un kyste malin du pancréas. Certes, le traitement ne diffère pas dans son essence de celui des kystes bénins, mais il en diffère dans ses modalités, encourageant le chirurgien dans ses tentatives de traitement radical. Or, pour dépister la nature maligne de ces tumeurs, il est nécessaire de faire un examen histologique post-opératoire systématique.
Mais combien, cédant à la routine chirurgicale, se sont-ils contentés, en présence d’un kyste du pancréas, de marsupialiser la poche, reculant devant les difficultés d’une extirpation pourtant réalisable, en s’abstenant bien entendu de tout examen histologique. La marsupialisation, en effet, dans les kystes bénins, est susceptible de donner de bons résultats et une extirpation difficile fait toujours courir au malade
des risques opératoires non négligeables.
Il est probable que dans nombre de cas, faute de cet examen, le caractère malin du kyste ne fut jamais soupçonné, et très vraisemblablement ces tumeurs sont plus fréquentes qu’on ne le dit dans la littéra- IULCE.
Au surplus, cette éventualité semble avoir peu inquiété les auteurs qui se sont peu souciés jusqu'ici de la rechercher.
Lors de l’étude des différentes observations que nous avons pu trouver, nous avons éliminé systématiquement toutes celles où malgré l'aspect du tableau clinique créant un élément de probabilité, l'absence d'examen histologique concluant n’a pas permis d’affirmer la nature maligne du kyste.
Nous ne rapporterons donc que les observations où lexamen histologique apporte des preuves irréfutables.
Parmi celles-ci, les deux premières sont dues à notre maître le professeur MoNpoRr, à la bienveillance de qui nous devons d’avoir pu écrire cette thèse. Toutes les observations concernant les sarcomes, sauf
une, ont été également colligées par lui.