OBSERVATIONS
OBSERVATION I (inédite) M. MENEGAUX.
Mlle G, Raymonde, 22 ans, entre à l'Hôpital de la Charité le 20 juin 1933, pour douleurs abdominales. Elle sont localisées dans la fosse iliaque droite, et la région lombaire, elles sont intermittentes, et s’exagèrent à la marche. Ces douleurs sont apparues depuis 1 an environ et s’accompagnent depuis les dernières semaines de syncopes.
A l’examen :
L’abdomen est souple et dépressible. Dans la fosse iliaque droite, on découvre une tumeur de la grosseur d’un poing qui donne l’impression d’un rein fortement ptosé. La tumeur est lisse, bien régulière, très mobile,
Examen radiologique au ténébryl : le rein est normal et en place normale.
Examen fonctionnel : le cathétérisme bilatéral des uretères montre que les urines droites sont moins abondantes qu’à gauche miais sans aucune différence de concentration.
Diagnostic pré-opératoire probable : tumeur rétro-péritonéale.
Opération le 26 juillet 1933 (M. MENEGAUX).
Incision sus-iliaque droite, section des muscles obliques et transverse, On rencontre immédiatement la tumeur qui s’énuclée très facilement, presque sans aucune ligature,
Il s’agit d’un kyste à liquide clair.
Suites opératoires, normales, la malade sort guérie le 15° jour.
Examen histologique de la pièce (D' PERRoT).
La paroi du kyste est composée de deux couches.
Une couche interne apparemment épithéliale, formée
d’une nappe cellulaire constituée tantôt d'éléments cubiques aplatis, tantôt de cellules endothéliformes,
Une couche externe formée par un tissu lamellaire très peu riche en cellules.
En dehors du tissu conjonctif baral.
On trouve çà et là sous l’épithélium de petits foyers calcifiés sans qu’on puisse voir ce qui s’est calcifié.
Absence totale d’éléments inflammatoires qui pourraient expliquer le passage à l’état cubique d’un endothélium.
OBSERVATION I (Inédite). D' ROUHIER.
Mme G.., 60 ans.
Opération, 10 septembre 1936 (D' RoOUHIER).
Médiane sus et sous-ombilicale pour une masse kystique nettement latérale droite, haut située, présentant le contact lombaire pour laquelle on hésite entre kyste äe l'ovaire adhérent, hydro-néphrose ou une rareté de kyste para-péritonéal, mésentérique ou pancréatique.
Le ventre étant ouvert, on voit apparaître un kyste transpéritonéal qui n’est certainement pas génital.
Il occupe la place du rein. Le cæcum et le côlon ascendant sont repoussés vers le centre et la tumeur est directement en arrière du péritoine.
Le kyste est dans une large région avasculaire.
On incise le péritoine et sans aucune difficulté on décolle le kyste qui n’a pas de pédicule vasculaire et se laisse énucléer sans difficultés,
On referme la paroi. Suites opératoires normales. Liquide clair.
Examen de la pièce (D' RaAvixa).
Tissu de soutien conjonctif épais.
Superficiellement épithélium avec une seule assise de cellules cubiques à gros noyaux, à protoplasme éosinophile.
Au-dessous, on trouve des cellules allongées qui semblent constituer une basale.
OBSERVATION III (Inédite). D' CALVET.
Mme Q.…. Jeanne, 29 ans, entre d’urgence à l'Hôpital Cochin avec le diagnostic de traumatisme abdominal, La malade a fait une chute le matin.
A son entrée, la malade est pâle, et présente un pouls qui monte en 1 heure d’attente, de 120 à 140.
Du côté abdominal on trouve à gauche une masse mate située derrière la sonorité colique qui donne le contact lombaire, les urines sont claires.
On opère avec le diagnostic de rupture de la rate.
Intervention.
Laparotomie sous-costale gauche.
On découvre une masse rétro-péritonéale gauche; cette masse qui est en, avant du rein, est distincte de lui, elle présente la consistance d’une tumeur liquide et descend dans la fosse iliaque gauche.
I n’y a pas de sang abdominal ni pelvien.
Devant l’état de schock où était la malade avant l’intervention on referme sans extirper la tumeur.
La malade sort 15 jours après, malgré sa promesse de revenir se faire opérer, on ne l’a pas revue, et il fut impossible de la retrouver.