BEAU-FRÈRE
« Monsieur mon très-cher frère,
o Dieu vous donne la sainte paix. Je suis asseuré , sans qu'il « soit besoin que vous le marquiez dans vos lettres , que vous « avez esté souvent en peine pour moy, dans un temps ou le « fléau de la peste se fait bien sentir ou je suis. Croyez aussi de « vostre part que je n'ay pas esté sans une moindre appréhension « qu'il ne fust arrivé quelque accident : je rends grâce à Nostre
Marie de Gisors, Françoise de Borel , Louise de Mauroy , Catherine de Merchcr, Louise Berloul , AnloioeUe Chevalier, Marie Le Faulcon, Marie de Girois, Françoise de La Verge.
Les archives du Calvados possèdent la plus grande partie des chartes et titres du couvent de Villcrs-Canivet : c'est laque nous avons retrouvé et ces noms, et les deux iiclcs sur parchemin, qui constatent la prise d'habit d'Anne et de Suzanne de La Boderie, qui toutes deui reçurent le voile le même jour.
« Seigneur de ce qu'il vous en a préservé avec tous nos amis , « el me rejouis d'apprendre que vous estes tous en parfaite « santé.
« Vous me demandez ce que mon testament contient à l'égard '( de la fondation du couvent, et de l'église que je souhaite qu'on « bastisse pour les révérends pères Capucins ; je vous diray que « mon intention est qu'ils soyent les premiers refusans de ceste « fondation, et qu'on ne reçoive d'autre communauté que la « leur, qu'après leur refus absolu.
« S'il se rencontre donc quelque difficulté sur mon testament « dont vous avez bien voulu estre un des exécuteurs, vous pren- « drez la peine de me le faire scavoir. Il y a du temps à y penser, « parccquenos supérieurs ont différé ma profession, et m'ont « remis à la faire, après que ma chère sœur Elisabeth aura fait « la sienne. J'apprends avec une joye incroyable la ferveur el la « pieté qu'elle fait paroislre dans la saincte religion. Que Dieu « soit loué et remercié éternellement! Je demeure présentement « au couvent de Sotteville , après avoir esté quelques mois à « Rouen , ou une fièvre fort violente m'a beaucoup travaillé ; « mais grâces à Nostre Seigneur , je me porte très bien mainte- « nant, et je suis en estât de vous tesmoigner que je suis
'i Monsieur mon très chère frère , « Vostre très humble et très obéissant serviteur, frère « Elzear, capucin, novice indigne (1). »
Lettre de Nicolas de La Boderie a M. de Longpré. « Monsieur,
« Nostre Seigneur vous donne la paix. J'etois sur le point de « vous escrire et j'en avois déjà obtenu la permission, lorsque j'ay « receu vostre lettre qui m'a donné bien de la joye. Je vous diray
(1) Vie de frcrc Elzear , p. 235,
donc, que l'an de mon noviciat finissant bientost, el espérant obtenir de la bonté infinie de mon Dieu la j^'race après laquelle je soupire, je me sens obligé de vous i)rier de me faire tenir la somme de soixante livres, tant pour Thabit de ma profession, que pour payer d'autres petites choses dont j'ay eu besoin, que j\iy fait prendre chez le marchand; je suis bien fasché que cette somme d'argent soit encore employée pour moy, car je ne la vaux pas. Je priciNostre Seigneur qu'il vous conserve avec tous ceux que vous aimez. Je me recommande à vos prières et je suis,
« Vostre très humble et obéissant serviteur en J. G.
« Fr. Michel de La Boderie, cap. nov. ind. (1). »
(1) Avant d'entrer au noviciat, Nicolas de La Boderie avait fait son testament, devant les tabellions de Falaise, vers le 22 janvier 1622; un des articles portait qu'il donnait 3,000 livres aux Capucins de Falaise pour des constructions. Il avait désigné pour exécuteur testamentaire M. de Loiigpré, père spirituel desdits Capucins. L\>ge\in, Uiiioire de Falaise , p. 219 (dans les notes).