Les lacs de l'Afrique équatoriale; voyage d'exploration exécuté de 1883 à 1885
Préparatifs du départ. — Plana image. — Ki|Ul}*ci*t<*nt, 1 >.i 1 1 ri* Marseille. -- Arrivée !> Zanzibar. — douane cl l« quai, — La ville. — ln$latlatk>n. -- Le cbmImim! Cambîer, — Une audience de Said Bargaeb. — Population de Zanzibar. — Cniiiiiivrçaitt» >'l Rlis^tonnairc».
On prétend Jju'il faul beaucoup d*cnerfîie cl de volonté dans les explorations lointaines, Irop souvent entravées par l'hostilité <l< 's indigènes et les difficultés naturelles. Mais si. pour ma part, j'ai l'ail preuve de ipiehpie énergie dans le courant de mon v:ova<fe, j'ai dû dépenser une somme de volonté plus gmnde riuorr à en préparer l'exécution.
Une fois la lier, le voyait' n'esl (Hi'tiH entra tiiemcul perpétuel ; les munis du jour foui oublier ceux de la veille ri empèchenl de penser à ceux du lendemain; si lr rhemin du retour rsi ^énéralrmcni fermé par la malveillance des habitants, l'inconnu laisse du moins l'espoir de jours meilleurs. Puis y a-l-il vraiment un «nnid mérite à aller ainsi de l'a va ni uuand ou ne peut pas revenir en arrière'?
Mais les préparai ifs du dépari amènent avec eux des souris aulremenl nombreux. Débarqué à Paris, ^ml, <<n léte-à-lclr avec mes projets, j'eus un moment d'étourdissemcnl. 4e savais certes où j'allais, ce nue je voulais, mais les détails praliuues de l'entreprise se pressaient eu désordre dans mon esprit.
Pendant le peu de lemps dont j<- disposais, M lallail classer un à un les conseils et le> renseignements île toutes socles dispersés dan- les ouvrages qae j'avais lus, former mou opinion <ui* les avis discutés, el enfin prendre l'initiative et la responsabilité dr lotit.
2 L'AFRIQUE fioUATORIALE.
Ma famille vint encore, par ses inquiétudes, ajouter à ee trouble profond. Je n'étonnerai personne en disant que, prévenue trop tard, elle poussa «le hauts cris. « A vingt-trois ans, me disait-on, j'étais trop jeune, pas assez préparé, je ne savais pas où j'allais.... » On se consolait seulement à la pensée que je me découragerais bientôt. et reviendrais après quelque temps de séjour à Zanzibar.
D'autre part, plusieurs officiers supérieurs, qui voulaient bien me témoigner de l'intérêt, ne se gênaient pas pour me dire que je compromettais ma carrière.
Ma pauvre tète se perdait dans ce dédale, mais une grande entreprise engendre heureusement de grandes résolutions. Quoique j'aie vraiment souffert de celte opposition, je n'ai pas été ébranlé un seul instant.
Puisque je viens de rappeler les diflicultés qui ont failli arrêter mes projets, qu'on me permette de parler des hommes qui, une fois ma résolution prise, ont bien voulu me seconder.
Je me fais tout «l'abord un devoir d'adresser ici l'expression de ma sincère gratitude aux divers membres de la Société de Géographie de Paris: M. de Lesseps, toujours prêt à favoriser de sa haute influence les expéditions lointaines et patriotiques, MM. Milne Edwards, Charmes, le D'Hamy, Duveyrier, Maunoir, (iauthiol, qui sont tous, à divers titres, la providence des explorateurs.
J'envoie aussi mes chaleureux remerciements aux différentes Sociétés de géographie de France pour les distinctions ilalteuses qu'elles ont bien voulu m'accorder à mon retour.
C'est à dessein que j'ai omis, dans celle énuméralion, le nom de M. (irandidier; la part considérable qu'il a prise à mon voyage, le temps qu'il a consacré à m'aider dans mes préparatifs, me foui un devoir de lui donner une mentiou spéciale. M. (ïrandidier, en dehors de son gros bagage scientifique recueilli à tous les coins du globe, a rapporté de ses long* voyages des idées pratiques, mûrement étudiées et sur l'équipement d'une expédition et sur la façon de traiter les indigènes; aussi sa connaissance est-elle précieuse entre toutes pour "les explorateurs. Il peut, à bon droit, m'en vouloir d'être allé si souvent le troubler au milieu de ses nombreuses occupations; qu'il sache au moins que (tendant toute mon expédition, en route aussi bien qu'à Paris avant mon départ , je ne me suis jamais inspiré (pie de ses conseils éclairés, dont je lui conserve une vive gratitude.
Knfin je ne puis oublier dans ce tribut d'hommages reconnaissants les deux collaborateurs qui m'ont été d'un si grand secours dans la publication