‹ Les lacs de l'Afrique équatoriale; voyage d'exploration exécuté de 1883 à 1885Chapitre 104 sur 119 · D'APRÈS LES RENSEIGNEMENTS ET LES ÉCHANTILLONS DE ROCHES · texte numérisé non relu

D'APRÈS LES RENSEIGNEMENTS ET LES ÉCHANTILLONS DE ROCHES

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par M. VICTOR GIRAUD

Tous les fragments de roches que M. Giraud a bien voulu me confier, et dont le lieu d'origine a été noté avec le plus grand soin, proviennent de la partie sudouest du bassin du Tanganika, depuis Mpala jusqu'à Pambété, et de la région comprise entre le Tanganika et le Nyassa.

Il suffit d'un simple énoncé de ces roches, qui sont des granits, des gneiss et des micaschistes divers, leplynite, pétrosilex ou eurite, greisen, diorite et petits cailloux de porphyres variés recueillis sur la plage du Tanganika ou dans des cours d'eau, pour nous montrer les éléments divers du terrain primitif et primaire, qui affleurent sur une aire d'une grande étendue, dette aire semble comprendre aussi, d'après les renseignements qui nous ont été donnés, la chaîne du Livingslonc Range et l'ensemble très complexe de hautes montagnes, de plus de 3000 mètres d'altitude, dont la traversée a coûté tant de difficultés à l'explorateur, et qui séparent les bassins du Ruliji des divers tributaires du Nyassa, du Tanganika et enfin du Chamhézi. Celle dernière rivière prend en outre une importance géographique considérable, puisqu'on peut la regarder désormais comme le cours supérieur et terminal du Congo.

Partout dans cette vaste région, l'élément cristallin et les roches primitives semblent dominer exclusivement, el les seuls échantillons do terrains sédimeutaires qui m'aient été remis proviennent dTendué, au sud du Tanganika, puis de Mpala, route des missionnaires anglais, à deux ou trois journées de marche de la pointe nord du Nyassa.

De ces derniers, l'un est un grès argilo-magnésien, verdàtre, assez tendre, ne

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présentant aucune effervescence aux acides, si ce n'est dans de petites fentes capillaires, qui semblent résulter d'un clivage naturel de la roche, et où les eaux extérieures ont pu déposer un peu de carbonate de chaux. D'autres sont des schistes argileux verdàtres ou rougeàtres par altération, également sans aucune effervescence. Si j'insiste sur ce point, c'est que ces fragments ont été pris sur des roches exploitées, parait -il, dans ces localités comme pierre à chaux. S'il n'y a pas erreur dans le choix des échantillons, ce fait semblerait indiquer la rareté de vrais calcaires dans cette région.

A quelle époque appartiennent ces grès et ces schistes? Il semble impossible de se prononcer avec ces seuls éléments. Mais ce qui pourrait nous apporter quelque lumière, c'est l'étude d'autres schistes fossilifères, dont M. Giraud est allé recueillir des échantillons à quelque distance de Mpala. J'ai envoyé une partie de ces schistes à M. Carez en le priant, s'il est possible, de vouloir bien les faire déterminer.

M. M. Bertrand ayant bien voulu soumettre ces échantillons à l'École des Mines et à la Snrbonne, nous ne pouvons que reproduire ce que notre éminent géologue nous a transmis à ce sujet :

« Tout ce qu'on peut dire de certain, c'est que ces schistes renferment dos cyrènes et un poisson (lépidosté).

« Les analogies, mais cela sous toutes réserves, seraient plutôt avec le tertiaire (nummulitique) ou avec le crétacé supérieur; mais, comme toutes les analogies à grande distance, elles ne sont pas bien probantes. Rien ne peut prouver que, dans les régions africaines, il n'y ait pas eu des cyrènes et des poissons de ces groupes, avant l'époque où ils ont apparu en Europe.

« Il est pourtant à remarquer que, si ces terrains sont horizontaux, l'indice vague que fournirait la paléontologie serait d'accord avec ce qu'on sait, ou ce qu'on croit savoir sur le continent africain, où, sauf de rares exceptions voisines de la côte (jurassique de Natal et d'Abyssinie), les transgressions cénomanienne et nummulitique auraient seules laissé des traces à peu près horizontales sur un vaste plateau dénudé. »

Voici du reste, en suivant la route de retour de l'explorateur, la nomenclature et le lieu d'origine des autres roches, ainsi que la détermination que nous avons pu en faire :

N* 1 . Mpala, fragment de la roche la plus commune composant les gros blocs qui bordent le Tangauika. — Celte roche est un granit, dont les éléments affectent plutôt la structure d'un gneiss, et passe sur certains points à la leplynite. Mica bronzé; pyrite pultérulente.

N° 2. Mpala, dans la montagne, échantillon recueilli à 2 m. 50 de profondeur. — Gneiss chloritotalqucux, indiquant ainsi dans celle région l'existence de l'étage, supérieur des roches du terrain primitif.

N" 5. Mpala, dans la montagn-. — Échantillon de granit ou gneiss totalement désagrégé dont 1rs grains de quai U sont converti» en arène grosMère, el formant une terre végétale d'un rouge très intense. Le phénomène de la rubéfaction ou suroxydation de l'élément fet-

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