‹ Les lacs de l'Afrique équatoriale; voyage d'exploration exécuté de 1883 à 1885Chapitre 25 sur 119 · L'A F HI OLE K*J LI ATUIU AL E · texte numérisé non relu

L'A F HI OLE K*J LI ATUIU AL E

pour qu'on ne put entendre le coup de feu. J'avais envoyé chercher la viande pendant la nuit, afin de ne pas exciter la voracité des indigènes; mais au matin le premier qui entra dans le camp poussa un cri de guerre à la vue de la viande, et un instant on parut vouloir se ruer sur nous avec lances et boucliers.

J'admirai le sang-froid relatif avec lequel mes Zanzibariles accueillirent ces démonstrations guerrières et ce vacarme, (le n'était certes point par bravoure, mais ils avaient tant vu de scènes semblables dans leur existence!

« C'est comme ITgogo, disaient-ils: beaucoup de bruit jiour rien. »

Pour amadouer les plus braillards, j'offris aux msagiras une cui>se de l'animal ; j'y joignis le cou, et, après deux heures de pourparlers, j'en* enfin la satisfaction de voir mes présents acceptés el la rage des habitants se calmer.

L'après-midi de ce jour-là apporta aussi quelques adoucissements à notre situation. Une femme s'étant laissé tenter par l'étoffe de mes hommes, toutes les autres vinrent mettre leur farine en vente. Quand les indigènes commencent à vendre, c'est qu'ils ont perdu l'espoir de s'emparer de vive force des étoffes; on peut alors considérer la paix comme à moitié faite.

Enfin Marawano ne demandait plus que dix pièces «l'étoffe, au lieu de vingt-cinq; j'avais réussi, à force de petits cadeaux, à corrompre l'un des msagiras.

Charmant pays, l'L'héhé! au moins n'a-t-onpas le temps de s'y ennuyer.

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