MAUVAISE VOLONTÉ DU SULTAN
Arabes venaient de construire plusieurs forts le long des Stanley-Falls, dans le but de l'arrêter.
Tipoura avait-il pris sur lui de construire ces forts ou <mi avait-il reçu l'ordre de son chef direct? Peu importait, les loris existaient. Le fait me fut confirmé par M. Wissmann,qui revenait à ce moment de ^«m ('mouvant voyage à travers le noir continent. Mans 1rs trop courts instants que j'eus te plaisir
M. Ledoulx, sacten cornai de h.ituv ii Zaanbar,
de passer avec lui, M. Wissmann nu- mil également en garde contre les mauvaises dispositions naissantes d» s Arabes à l'égard des Européens, qui, dans l'intérieur, à quelque nationalité qu'ils appartiennent, sont tous frères ci solidaires. Aussi, sur ses avis, me promis-jc de 1rs éviter autant qu'il serait en mon pouvoir.
Un ineident vint bientôt mettre en relief la part qu'avait prise le sultan à toutes les mesures tramées contre Stanley. Au commencement de décembre, le capitaine Cambier reçu! de Bruxelles l'ordre d'engager
3G L'AFRIQUE ÉQIATORIALE.
cinq cenls hommes pour le compte du comité tl élude du Haut-Congo. Deux expéditions étaient déjà parties dans les mêmes conditions; menés à l'embouchure du Congo, sur un vapeur, les hommes y passent trois ans, puis reviennent à Zanzibar.
Avec de pareils précédents le capitaine Cambier se croyait permis d'engager ses hommes; aussi fut-il fort étonné de rencontrer une opposition ouverte de la part du sultan.
Un jou. on arrête son grand Niampani (chef), le lendemain vingt autres des hommes déjà engagés, bientôt enfin tout ce qui franchissait le seuil de sa porte prit le chemin de la prison : l'empressement de la polie*» était tel qu'on arrêta même huit de mes boys.
Cependant un vapeur, venu exprès de Bombay, attendait dans le port ; il fallait prendre une décision ; un échange île dépêches s'établit entre Bruxelles et Zanzibar, et enfin, à force d'instances, Saïd Bargaeh accorda deux cents hommes.
On conçoit mes perplexités pendant tout le temps des pourparlers : si l'on refusait des hommes au capitaine Cambier, on était moralement obligé de m'en refuser aussi, et la perspective d'aller former une nouvelle caravane à Mozambique ne me souriait guère. M. Ledoulx sut heureusement me tirer de ce mauvais pas, et ce n'est pas le moindre des titres qu'il a acquis à ma reconnaissance. Sa Ilaulesse ne céda pas sans difficulté», mais enfin elle céda : je la remercierais volontiers, si plus tard elle ne m'avait pas fait payer si cher cette faveur d'un moment.
Avant de quitter l'île, il ne serait pas hors de propos de jeter un rapide coup d'œil sur la situation commerciale de Zanzibar.
Comme je l'ai dit plus haut, le sultan de Zanzibar afferme les revenus de la douane, pour une période de cinq ans. à de riches Indiens, ij uî perçoivent les droits en son nom et s'engagent à lui verser annuellement une somme déterminée et longtemps débattue. Ils ne sont pas tenus à fournir des détails statistiques, et la crainte de se voir évincer par un concurrent à l'expiration de leur bail, aussi bien que le désir de cacher au public le montant des bénéfices de leurs fermages, les engagent à décliner toute demande d'information. Aussi n 'est-il possible que de donner approximativement le chiffre des entrées et des sorties du port de Zanzibar et des points de la cote d'Afrique qui en dépendent. Je crois toutefois pouvoir assurer que les valeurs suivantes, basées sur les transactions des trois dernières années, peuvent représenter le mouvement commercial annuel de Zanzibar.
COMMKHCE DK ZANZIBAR.