LONGUEUR D'ADAPTATION DE LA COULEUR DU TÉGUMENT GREFFÉ
La couleur du tissu prélevé ne s’harmonise pas toujours avec celle des téguments au milieu desquels il est transporté, à moins que le greffon soit pris dans le voisinage immédiat de la surface réceptrice. Le lambeau arrive petit à petit à se fusionner avec son entourage, mais dans certains cas cette phase d'adaptation très longue n'arrive jamais semble-t-il à un résultat parfait, et l’on peut chercher à l'améliorer par Îe tatouage. Ce caractère d’ailleurs commun à toutes les greffes est beaucoup moins marqué pour les lambeaux cylindriques que pour les greffes libres qui conservent pendant longtemps une coloration foncée.
En somme, les inconvénients des cylindres paraissent minimes devant leurs avantages incontestables et ne peuvent pas entrer en ligne de compte quand il sagit de savoir si le lambeau est utile ou même indispensable. Mais le succès définitif de la greffe dépend avant tout d’une bonne indication opératoire.
Il semblerait a priori que l'emploi du Dermatome diminue les indications des cylindres. Ce n’est vrai qu'en partie parce que si le dermatome permet d'apporter une grande surface tégumentaire, il ne donne pas une peau « totale » et encore moins du tissu de remplissage. Ceci est très important lorsqu'on se propose de faire une greffe osseuse ou même cartilagineuse au-dessous du revêtement cutané restauré. C’est ainsi, par exemple, que pour reconstituer les parties molles au niveau d'une pseudarthrose du maxillaire inférieur, il vaut beaucoup mieux faire appel aux cylindres qu'aux lambeaux dermo-épidermiques du dermatome parce que ceux-ci ne donnent pas un recouvrement suffisant pour la greffe osseuse ultérieure.
Indications des lambeaux cylindriques
Les lambeaux cylindriques peuvent être utilisés pour réparer les brèches de la face mais aussi de toutes les parties du tronc et des membres, spécialement du genou, du talon et du coude où le tissu de remplacement doit être très riche, très souple et résistant.
L'indication se pose
Lorsque la perté de substance est trop étendue pour être comblée par une greffe libre ou un lambeau pris dans le voisinage.
Lorsqu'il faut un «« matelassage » en profondeur et que les tissus voisins cicatriciels ne peuvent pas être utilisés.
Lorsqu'il faut en même temps créer une doublure; celle-ci peut être fournie par le tégument de voisinage ou par le cylindre lui-même.
Lorsqu'on a besoin d'un lambeau de forme arrondie ou cylindrique.